12 monkeys syfy

Diffusé aux États-Unis vendredi dernier, 12 Monkeys débarque ce soir sur Syfy de CanalSat, avec la diffusion du pilote. L’occasion de vous faire part de mon ressenti.

Premier point : la série a un handicap de taille… Elle arrive après le chef d’oeuvre de Terry Giliam L’armée des douze singes, monument 90’s du cinéma SF. La qualité de la réalisation, le jeu des acteurs… tout y est supérieur. Les fans du film devront donc faire un effort pour faire abstraction de celui-ci et se concentrer sur ce que cette adaptation télévisée a à offrir.

C’est là qu’il faut préciser que oui, l’intrigue de la série se veut sensiblement différente, malgré le duo central Cole-Cassy qui reprend le duo interprété par Bruce Willis et Madeleine Stowe chez Gilliam. Petit changement de ce côté-là : le Dr. Railly se nomme désormais Cassandra (oui, comme dans le syndrome de Cassandre, le mal dont souffrirait Cole dans le film) et elle est virologue et non psychiatre. Quant au temps, celui-ci est désormais flexible : une action dans le passé a des conséquences sur le futur, de sorte que les actions de Cole ont un véritable impact. Son but sera donc de pouvoir enrayer le virus avant qu’il ne se propage en tuant l’homme qui en serait responsable. Ce qui promet de nombreux allers-retours dans le temps et des rebondissements en pagaille qui, espérons-le, seront savamment distillés.

Ce pilote s’avère au final plaisant à suivre, mais, passé la très bonne introduction dans le futur avec la voix-off de Cole qui nous présente ce monde chaotique,  il manque un petit quelque chose pour vraiment faire décoller le tout. Le jeu d’Amanda Schull (Cassandra Railly) par exemple, manque de profondeur et l’actrice n’a pas le charisme d’une Madeleine Stowe, de sorte que la crédibilité de l’histoire s’en ressens, ce qui est dommage. Espérons que la suite de la saison nous permettra d’apprécier une palette plus étendue dans son jeu. Aaron Stanford (Cole) lui, est plus convaincant et inspire aussi bien l’inquiétude lors de son apparition dans le passé que l’empathie par la suite. La série reposant en grande partie sur le duo formé par ces deux-là, il ne nous reste plus qu’à espérer que leur relation sera traitée avec finesse et subtilité, sans forcer le pathos (ce que la série a évité jusque-là).

L’épisode se termine par un twist intéressant, avec l’apparition d’un personnage féminin plus barré que la sage et lisse Cassy et laisse entendre que l’on en apprendra plus, lors du deuxième épisode, sur l’armée des douze singes, dont on aperçoit le logo dans le dernier plan. Peut-être la série plongera-t-elle alors davantage dans la SF, qui semble ici être davantage utilisée comme un prétexte dans une série qui s’avère grand public et semble ne pas vouloir trop dérouter son spectateur.

12 Monkeys, diffusion à partir de ce soir mardi 20 janvier 2015 sur Syfy (CanalSat) à 22h10. 

Cécile Desbrun

Cécile Desbrun est une journaliste culturelle spécialisée dans le cinéma, la musique et l'image de la femme dans la culture. Elle créée Culturellement Vôtre en 2009 et écrit parallèlement pour plusieurs publications en ligne. Elle achève actuellement l'écriture d'un livre sur la femme fatale dans l'oeuvre de David Lynch et est la créatrice du site Tori's Maze, dédié à l'artiste américaine Tori Amos, sur laquelle elle mène un travail de recherche approfondi.