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Jake et Lainey se sont rencontrés à la fac et, lors d’une soirée arrosée, ont perdu leur virginité ensemble. Ils se retrouvent 12 ans plus tard par le plus grand des hasards et réalisent que leur vie sentimentale est chaotique. Tandis que Jake multiplie les infidélités, Lainey est accro à son amant, un amour de jeunesse avec lequel elle entretient une relation compliquée. Ils décident d’entretenir une amitié platonique et sans tabous afin de surmonter leurs difficultés. Mais les sentiments ne vont pas tarder à s’en mêler…

Le nouveau Quand Harry rencontre Sally ?

Après un Bachelorette très décrié, la réalisatrice Leslye Headland est de retour avec Jamais entre amis, comédie romantique indé vendue comme le nouveau Quand Harry rencontre Sally. Le pitch est assez similaire : un homme et une femme deviennent amis, se parlent sans tabous, les sentiments s’en mêlent et le tout se déroule à New York. Mieux : LA scène centrale du film est l’équivalent de la célèbre scène de simulation d’orgasme du film de Nora Ephron. Dans cette séquence largement vantée dans la bande-annonce, Jake apprend à Lainey comment avoir un orgasme en se masturbant en lui faisant une démonstration au moyen d’une bouteille vide de thé glacé. Très drôle, ce passage vaut en effet le détour et on peut dire sans détours qu’il s’agit du moment le plus réussi du film.

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Pour le reste, Jamais entre amis ne se hisse jamais au même niveau que ce film de référence, malgré des acteurs justes et touchants à l’alchimie troublante et de jolis moments. Mais le tout est bien trop conventionnel pour une comédie romantique « décalée » et aucun poncif du cinéma indépendant ne nous est épargné : les seconds rôles, tous très caractéristiques, sont en grande partie des caricatures, notamment le petit-ami officiel de Lainey qui la quitte au début du film. On sent la volonté de faire un feel good movie, mais tout cela a un air de déjà vu. L’ensemble est bien exécuté et agréable à regarder; mais ne brille pas par son originalité malgré une exécution honnête. Quant à l’aspect un peu plus décalé du film, il n’a rien de bien révolutionnaire. Par exemple, alors qu’ils sont dans un magasin, Jake demande à Lainey quelle est sa position sexuelle préférée et elle avoue aimer le faire « par derrière » comme si c’était quelque chose de particulièrement provocant ! Alors certes, il s’agit d’un film américain et cette réplique sera peut-être perçue comme « osée » là-bas, mais on a connu plus original…

Cependant, malgré ces reproches, le film dans son ensemble reste agréable à suivre grâce à l’alchimie entre les deux acteurs principaux, Jason Sudeikis et Alison Brie. Après une introduction un peu trop typique du cinéma indé, dès lors que le film se resserre sur la relation des deux personnages et son développement, le charme opère… jusqu’au dernier tiers, que l’on voir venir de très loin et qui pourra même sembler un peu cucul. On aurait aimé être davantage surpris, davantage émus, mais les rebondissements de la fin sont très conventionnels. Dommage car sans cette série de poncifs, Jamais entre amis aurait pu échapper au moule somme toute assez formaté à partir duquel il a été marketé et être bien plus mémorable. Reste un moment sympathique en compagnie de héros foutraques et attachants. Ce n’est déjà pas si mal. 

Cécile Desbrun

Cécile Desbrun est une journaliste culturelle spécialisée dans le cinéma, la musique et l'image de la femme dans la culture. Elle créée Culturellement Vôtre en 2009 et écrit parallèlement pour plusieurs publications en ligne. Elle achève actuellement l'écriture d'un livre sur la femme fatale dans l'oeuvre de David Lynch et est la créatrice du site Tori's Maze, dédié à l'artiste américaine Tori Amos, sur laquelle elle mène un travail de recherche approfondi.