image interview la fille du patron

Culturellement Vôtre était convié pour une rencontre avec Olivier Loustau, le réalisateur et acteur de La Fille Du Patron, et Christa Théret, actrice du film. Nous avons pu nous entretenir avant tout sur l’atmosphère du tournage, la situation, afin de mieux comprendre ce qui a pu accoucher de l’œuvre.

Culturellement Vôtre : On peut lire d’Olivier que vous avez été reporter. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette expérience, car cette expérience du réel se retrouve inévitablement dans La Fille Du Patron ?

Olivier Loustau : J’ai rêvé d’être reporter, ce n’est pas pareil. Je ne l’ai jamais été pour quelconque journal que ce soit. Je suis parti en journaliste freelance à Sarajevo, en 1992. La volonté de me documenter, d’être au plus près du réel, que ce soit en tant qu’acteur ou que scénariste, ça m’a toujours motivé. J’ai toujours eu envie de savoir de quoi je parle, avant d’en parler. Peut-être qu’en allant à Sarajevo j’ai compris que l’actualité n’est pas mon truc, et que mon langage est la fiction. Mais il y a un point commun sur la documentation, sur le fait d’avoir envie d’aller sur le terrain pour comprendre comment les choses se passent réellement

C.V. : Christa, vous avez débuté au cinéma dans Le Couperet de Costa-Gavras, aujourd’hui vous revenez vers un film dont le sujet est le milieu de l’entreprise. Comment avez-vous vécu ces retrouvailles, qu’est-ce qui vous a plu dans le scénario en première lecture ?

Christa Théret : Le Couperet j’étais un peu jeune pour m’en souvenir, du coup La Fille Du Patron est le premier film sur le sujet où je suis consciente de ça. Ce qui m’a touché dans la première lecture, c’est le côté social, et cet amour impossible mais qui, finalement, triomphe. Et tout l’univers de l’usine, du milieu ouvrier. Le côté positif aussi, lumineux, de l’écriture. Et la rencontre avec Olivier, tout ça m’a donné envie de faire le film.

C.V. : Vous avez tourné dans une entreprise en déroute, qui a malheureusement connu la fermeture depuis. Avez-vous parlé avec les travailleurs, comment s’est déroulé l’expérience sur place ?

Olivier Loustau : La volonté de coller au réel n’a pas été jusqu’à choisir de tourner dans une entreprise en situation délicate. J’avais choisi cette entreprise lors des repérages, en amont, avant même les financements. Et, le temps que ces financements se concrétisent, ce qui met un peu de temps, il se trouve que l’entreprise s’est retrouvée en situation délicate. Donc, ce n’était pas un souhait initial, au contraire j’aurais préféré que l’entreprise perdure. Un certain nombre des salariés sont acteurs dans le film, donc c’était très particulier, ça nous a conduit à une forme de devoir de justesse, pour relater au mieux la situation. On échangeait avec eux constamment, ne serait-ce que pour les gestes, comment on se sert de telle machine, comment on se tient. Il y a eu un échange permanent avec les opérateurs, et j’ai l’impression que ça nous a nourri dans les deux sens.

image christa theret la fille du patron

C.V. : Comment s’est déroulé le casting pour les figurants issus de l’entreprise, non professionnels ?

Olivier Loustau : J’aime pas tellement ce mot « figurant », parce que ça voudrait dire qu’ils étaient presque de la chair à canon. Pour moi, il n’y a que des acteurs, d’ailleurs à la fin du film, dans l’équipe de rugby, j’étais sincèrement incapable de reconnaître qui étaient les acteurs pros, les distinguer des autres. Le casting, on l’a fait à partir de ceux qui voulaient bien, et ensuite on a choisi selon deux critères : ceux qui avaient des physiques de rugbyman, et ceux qui avaient le permis moto (rires).

C.V. : D’ailleurs, Christa, avez-vous donné des conseils à ces acteurs non professionnels ?

Christa Théret : Non, pas vraiment. Je n’avais pas beaucoup de scènes avec eux, pas de dialogues dans le film. Mais du coup ça apporte un réalisme aux situations, aux décors, ça imprégnait le tournage, tout le plateau. Si je leur avait parlé, ça aurait enlevé quelque chose de vivant

C.V. : Le film a failli s’appeler « Sur La Touche », ce qui aurait mis en avant le côté sportif de l’intrigue. Olivier, avez-vous eu le dernier mot sur le choix du titre ?

Olivier Loustau : On a eu de longs débats, houleux, au sujet de ce titre. Le titre initial, c’était La Fille Du Patron, alors que « Sur La Touche », ça a duré trois semaines. C’est drôle qu’il ressorte alors qu’il a été très bref. « Sur La Touche »… Avec un titre pareil, j’ai eu peur qu’on y reste, sur la touche. La Fille Du Patron est un titre que j’aime bien, on peut lui reprocher d’être un peu désuet, mais il donne l’impression d’un pitch, que le problème est dans le titre.

 

Tous nos remerciements à Olivier Loustau et Christa Théret pour leur gentillesse et leur disponibilité. La Fille Du Patron sort en salles le Mercredi 6 Janvier 2016, et vous pouvez cliquer ici pour retrouvez notre critique du film.

  

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato