image assassin's creed last descendantsLe Crédo côté ados

Si la licence d’Ubisoft semble être mise au repos côté jeu vidéo, Assassin’s Creed est clairement très loin d’être inactive dans son univers transmédia. Alors que le film est désormais sorti au cinéma, avec des résultats financiers en-dessous des espérances, la série est toujours aussi dynamique sur papier. Alors que l’on abordait tout récemment Les chroniques d’Ezio Auditore, voici que Bayard lance le premier tome d’une trilogie destinée à un public adolescent. Son titre, Assassin’s Creed : Last Descendants.

L’histoire d’Assassin’s Creed : Last Descendants s’intéresse au destin d’Owen, un adolescent qui va au plus mal suite au décès de son père. Ce dernier était prisonnier, purgeait une longue peine pour un crime qu’il n’a pas commis. Complètement à bout, le tout jeune homme trouve refuge au lycée, où il fait la connaissance de Monroe, un professeur et informaticien surdoué qui lui annonce qu’il a peut-être une solution pour régler ses malheurs. Cette réponse à ses maux s’appelle Animus, une étrange machine qui permet d’analyser l’ADN, d’en extirper la mémoire… et donc de se retrouver propulsé dans le passé de ses ancêtres. C’est ainsi qu’Owen remonte le temps jusqu’à l’époque des conquistadors, plus précisément au Mexique. Déjà un peu dépassé par les événements, l’adolescent va entendre parler de la fameuse dague d’Hernan Cortès, qui se trouve être l’un des fameux fragments d’Eden si recherchés par l’Ordre des Templiers et leurs ennemis de toujours : la Confrérie des Assassins. Owen se retrouve alors entre deux feux, et Monroe a alors l’idée de rassembler un véritable groupe, ainsi cinq autres adolescents rejoignent l’aventure et se plongent dans l’Animus. Cette fois-ci, direction, l’année 1863, à New-York plus précisément, alors que la ville est en proie à des problèmes bien sombres…

Assassin’s Creed : Last Descendants se révèle être une bonne première partie de trilogie, parfaitement calibrée à la fois pour son public, mais aussi pour les joueurs de la licence. Dès les premières pages, Mathew J. Kirby démontre une certaine maîtrise de son art, sa plume se fait à la fois simple et touchante, elle réussit à nous faire rentrer dans un univers certes déjà bien installé mais tout de même assez bien maîtrisé pour ne pas se perdre dans une simple répétition des codes de la licence. On pouvait avoir un peu peur de cette volonté de s’attacher à un public adolescent, surtout en terme d’écriture des personnages, mais l’auteur nous rassure assez vite : son Owen est crédible, et les dialogues évitent la plupart du temps le piège de la cool attitude.

Un roman original et bien rythmé

Le récit de Assassin’s Creed : Last Descendants est une réussite qui atteint un niveau que l’on n’attendait pas forcément. Mathew J. Kirby va même produire ce que les gamers demandent parfois ardemment à Ubisoft : revoir la recette. En effet, l’histoire va rapidement multiplier les personnages qui devront aller se frotter avec l’Animus et si, au fil des écrits, deux protagonistes se dégagent et forment les principaux sujets de l’histoire, ce sont bien six adolescents que l’on suit dans cette aventure. Autre belle satisfaction : Assassin’s Creed : Last Descendants est l’occasion de visiter un lieu et une époque encore jamais abordés dans la licence, et l’auteur demeure très à l’aise avec ces sauts dans le temps. Le New-York du début des années 1960 est bien rendu, et les émeutes raciales qui ont bouleversé la ville forment, dans l’ensemble, une situation absorbante.

C’est donc avec une certaine surprise que l’on arrive au bout de cet Assassin’s Creed : Last Descendants, tant l’ouvrage ne nous est pas tombé des mains tout du long. Le tout début est peut-être un peu en-dessous côté rythme, même s’il se rattrape avec une introduction efficace des différentes problématiques. Il faut aussi préciser, ici, qu’Assassin’s Creed : Last Descendants ne demande pas au lecteur d’être au point sur tous les jeux vidéo de la licence. Si l’on pense que connaître un minimum l’univers peut faciliter l’approche, notamment dans le vocabulaire typique de la licence, on peut très bien venir à bout ce cet ouvrage sans avoir touché à une seule manette. Au final, Assassin’s Creed : Last Descendants nous immerge dans la licence avec une facilité déconcertante, et le style de l’auteur est pour nous une bonne découverte. On recommande vivement.

Assassin’s Creed : Last Descendants, un roman écrit par Mathew J. Kirby. Aux éditions Bayard, 356 pages, 16.90 euros. Dès 12 ans. Sortie le 23 novembre 2016. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato