image couverture rêves et séries américaines sarah hatchuel rouge profondDéjà auteur d’un essai sur Lost aux Presses Universitaires Françaises (Lost : Fiction vitale, 2013), Sarah Hatchuel a signé un nouvel essai sur quelques unes des plus grandes fictions télévisées américaines de ces 25 dernières années, Rêves et séries américaines : La fabrique d’autres mondes, qui paraîtra ce vendredi 5 février aux éditions Rouge Profond dirigées par Guy Astic. Comme son titre le suggère, l’ouvrage s’intéresse à une thématique particulière, celle du motif du rêve dans des séries telles que Buffy, Les Sopranos, Six Feet Under ou Twin Peaks.

Il s’agit ici « d’explorer le rêve comme ressort narratif par lequel la fiction se déploie, se ressource et se remet en question » (quart de couverture). En s’appuyant sur de nombreux exemples, Sarah Hatchuel analyse la manière dont le rêve au sein des séries interroge notre rapport à la fiction.

Nous sommes actuellement en train de lire le livre, dont nous vous proposerons très vite une chronique détaillée dans notre rubrique « Essais ». Pour vous faire patienter, nous vous laissons avec la présentation du quart de couverture.

Les séries ont-elles remplacé le cinéma comme usine à rêves ? Des Soprano à Battlestar Galactica, de Buffy contre les vampires à Twin Peaks, Awake et Hannibal, sans oublierLOST et Six Feet Under, cet ouvrage, abondamment illustré, se propose d’explorer le rêve comme ressort narratif par lequel la fiction se déploie, se ressource et se remet en question. Film dans le film, au carrefour du réel et de l’irréel, de l’objectivité et de la subjectivité, du monde de veille et du monde imaginaire, le rêve met en tension notre croyance en la fiction que nous regardons, tout en ouvrant une fenêtre vers d’autres possibles et en ménageant du « jeu » dans la représentation. Sarah Hatchuel nous rappelle que les séries oniriques ne nous invitent pas à devenir des spectateurs sceptiques qui regarderaient les séquences de manière détachée voire cynique parce que celles-ci pourraient ne pas être vraies. Elles nous exhortent, au contraire, à devenir des amoureux de la fiction, à chérir les histoires même lorsque celles-ci s’avèrent appartenir à une dimension virtuelle ou mentale. Au fond, la réalité des événements importe peu. Buffy pourrait évoluer dans une dimension qu’elle s’est elle-même inventée ; les rescapés du vol 815 se retrouver dans un rêve qu’ils ont fabriqué ; Laura Palmer raconter son histoire depuis une Chambre rouge à cheval sur deux mondes. Loin de penser le rêve comme récit subalterne, ces séries le posent comme expérience de vie, nous faisant réfléchir à la portée de nos actes et aux conséquences de chacune de nos décisions.

Rêves et séries américaines : La fabrique d’autres mondes de Sarah Hatchuel, Editions Rouge Profond, 2016, 304 pages. 25€. 

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