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Pensé comme une archéologie des sphères d’influences entre la culture populaire et les pratiques artistiques du 20e siècle, le cycle « Metacartoons », du vendredi 9 mai au dimanche 15 mai au Centre Pompidou, fait la part belle à la créativité sans limites du « cartoon », à ce cinéma d’animation dans son expression la plus jouissive, adoré par le public, mais rarement considéré un art à part entière.

Terrain d’expérimentation particulièrement fécond dépourvu, à priori, d’ambition spéculative, ces dessins animés questionnent des notions fondamentales qui ont nourri l’art moderne, les intuitions formelles et les réalisations de cinéastes et plasticiens de la modernité. En jouant notamment sur les niveaux de la représentation, les cartoons permettent d’explorer de manière inédite les propriétés du film, tout en présentant de façon plus ou moins inconscientes, et avec beaucoup d’humour, cette idée clé du modernisme en art qui considère l’œuvre comme autonome et « autoréflexive ».

« Metacartoons » retrace une histoire potentielle des rencontres entre l’art et le cartoon, le sérieux et l’irrévérencieux. Sujet d’élection pour un certain nombre d’artistes du pop art américain des années 1960 ou bien modèle d’une scène underground iconoclaste, le cartoon anticipe et nourri de manière directe, ou non, le film expérimental et d’artiste, à l’instar de Bruce Conner et George Landow entre autres.

Se jouant de la confusion des genres et des formats, du film expérimental aux long-métrages de fiction, en passant par une sélection des cartoons iconiques présentés sur leurs supports originaux, « Metacartoons » invite également les artistes contemporains Martin Arnold, Zoe Beloff, Isabelle Cornaro ou Maïder Fortuné à faire dialoguer leurs œuvres avec les créations originales signées de la main de Walt Disney, Chuck Jones ou encore Tex Avery. Un renversement de perspective s’opère : le cartoon devient à son tour sujet d’investigation et de relectures savantes.

Programme : Duck Amuck (Chuck Jones, 1953), Hellzapoppin’ (H.C. Potter, 1941), The infernal Dream of Mutt and Jeff (Zoé Beloff, 2011), Mutt and Jeff, in Hell (Bud Fisher, 1926), Ha ha ha (Dave Fleischer, 1934), Porky’s Preview (Tex Avery, 1941), The Enchanted Drawing (Jack Stuart Blackton, 1900), Celebrations (Isabelle Cornaro, 2013), Artists and Models (Franck Tashlin, 1955), Merrie Melodies, Daffy Duck and Egghead (Fred Avery, 1938), Rabbit’s Rampage (Chuck Jones, 1955), The Mask (Chuck Russel, 1994), Plane Crazy (Ub Iwerks, 1928), Alice Spooky Adventure (Walt Disney, 1924), Mousse Heaven (Kenneth Anger, 2004), Black Holes (Martin Arnold, 2015), The Reluctant Dragon (Hamilton Luske & Alfred L. Werker, 1941), The Three Caballeros (Norman Ferguson, 1944), Dots (Norman McLaren, 1940), Looney Tunes Back in Action (Joe Dante, 2003)… Et bien d’autres encore!