image blu ray serie noire pour une nuit blancheCaractéristiques

  • Réalisateur : John Landis
  • Avec : Jeff Goldblum, Michelle Pfeiffer, Dan Aykroyd, David Bowie
  • Éditeur : Elephant Films
  • Date de sortie : 27 Avril 2016
  • Durée : 114 minutes

Image : 5/5

Elephant Films nous propose un master HD de toute beauté, d’une très belle qualité dans l’ensemble des éléments. Le grain très présent est un vrai plaisir pour les yeux, témoignage d’une époque où l’argentique donnait un caractère si particulier, loin de l’aspect lisse qui domine aujourd’hui. Signalons le plan d’ouverture, l’atterrissage en avion, imparfait, un peu flou. Mais vous conviendrez que c’est là quelque chose de bien minime. Surtout que, bande de petits veinards, le monde entier envie cette édition, qui s’avère être la plus belle sur le marché, et de loin.

Son : 4/5

Série noire pour une nuit blanche est proposé en version française et originale sous-titrée dans la langue de Molière, et pour les deux cas on a droit à du DTS-HD Master 2.0. On aurait évidemment aimé du 5.1, mais ce qui est proposé est d’une propreté à toute épreuve. Film des années 1980 oblige, la version française est tout à fait conseillée…

Bonus : 3/5

On a droit à un hommage à David Bowie par l’excellent Jean-Pierre Dionnet, malheureusement assez courte (2 minutes), ainsi que la deuxième partie de « Sound [and Vision] » (la première est dans l’édition de La Féline), où l’on retrouve Christophe Conte, journaliste aux Inrocks depuis 1990. Un programme long d’une dizaine de minutes, où l’on revient plus précisément sur la carrière de Bowie au cinéma, et surtout le rapport à l’image qu’entretenait l’artiste. On aurait aimé du contenu revenant sur le film en lui-même, mais soyons justes : il n’existe rien sur l’œuvre, il suffit d’aller observer les édition Z1 pour s’en rendre compte…

Synopsis

Ed Okin ne contrôle plus sa vie. Il est insomniaque, sa femme le trompe et son travail est sans intérêt. Une nuit qu’il erre au hasard en voiture, il se retrouve au parking de l’aéroport de Los Angeles. Peu de temps après Diane, une magnifique jeune femme, saute dans sa voiture et la somme de démarrer car ils sont poursuivis par quatre Iraniens. Une folle course poursuite s’ensuit dans les rues de la ville…

image jeff goldblum serie noire pour une nuit blanche

Le film

Prix Spécial du Jury au Festival du film policier de Cognac en 1985, Série noire pour une nuit blanche est ce genre de petite pépite étrangement tombée dans l’oubli. Signé par un John Landis à l’époque encore auréolé du succès populaire gigantesque de ses trois précédents films (The Blues Brothers, Le Loup-Garou de Londres et Un Fauteuil Pour Deux), voici un film étrangement boudé lors de sa sortie. Pas vraiment soutenu par Universal, il suffit même d’aller voir la tronche des éditions DVD sorties depuis pour s’en assurer, on redécouvre aujourd’hui une œuvre pourtant blindée de qualités.

Série noire pour une nuit blanche est un film difficile à cerner, mais qui n’a pourtant pas le cul entre deux chaises. Visiblement, John Landis n’a pas envie de se plier aux codes du film noir, ni de la comédie, et livre un effort pour le moins singulier, accumulant de l’aventure typique des « films d’errance », une violence très BD, un humour noir caractéristique du réalisateur et une ambiance nocturne à se damner. La nuit est d’ailleurs un personnage à part entière, une sorte de compagnon à Ed Okin, incarné par un Jeff Goldblum parfait dans son rôle. L’acteur de Série noire pour une nuit blanche apporte sa prestance bien connue, entre assurance charmante et attitude parfois fragile, voire gauche. Insomniaque, mal à l’aise dans son travail, trompé par sa femme, Ed nous apparaît aussi fatigué par ses nuits interminables que par sa vie qui lui échappe dramatiquement. Sa première apparition à l’écran est d’ailleurs significative : il se plie au cadre, donne une impression de malaise. Il est mal, Ed.

image michelle pfeiffer serie noire pour une nuit blanche

Série noire pour une nuit blanche introduit alors Diana (Michelle Pfeiffer… bon sang…), sur le même modèle que Lulu dans l’excellent Dangereuse Sous Tous Rapports. Elle est ce qui va révéler Ed, lui donner la dose de péripétie dont sa vie manquait terriblement. Le duo va traverser Los Angeles, passer par Hollywood notamment pour une séquence hilarante, affronter un groupe d’iraniens très « cartoonesque » dans leur maladresse très poussée, le tout pour une histoire de joyaux volés. Bref, le spectateur doit s’apprêter à vivre un récit dense et diablement bien rythmé. On ne s’ennuie jamais dans ce film, il s’y passe toujours quelque chose : nouveau personnage, séquence d’action tonitruante, ou de suspens palpitant. Seul petit bémol, la fin n’a étrangement pas le courage d’aller au bout de sa logique, et fait intervenir un happy end un peu forcé (imposé par le studio ?). Reste que Série noire pour une nuit blanche nous fait passer par tant d’état, de séquences fortes, que l’on en ressort avec un sentiment de plénitude, celui que seul les films intelligemment ambitieux peuvent provoquer.

Côté casting, Série noire pour une nuit blanche est là aussi un film ambitieux. Outre Jeff Goldblum et Michelle Pfeiffer, on retrouve des guests du genre prestigieux : Dan Aykroyd, David Bowie, David Cronenberg, Jonathan Demme, Don Siegel, tous ont répondu présent pour assurer un caméo,  ce qui provoque nombre de « tiens, mais il me dit quelque chose celui-là« . Autre réussite, la bande originale composée par Ira Newborn, qui a travaillé sur quelques OST des ZAZ, est de très bonne qualité, habille avec une classe typiquement 1980 les fabuleuses images nocturnes. Série noire pour une nuit blanche est une pépite que vous devez découvrir, ou redécouvrir, à l’occasion de cette bien belle édition signée Elephant Films. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato