image blu ray basket case 2Caractéristiques

  • Réalisateur : Frank Henenlotter
  • Avec : Kevin Van Hentenryck, Judy Grafe, Annie Ross, Heather Rattray, Chad Brown
  • Éditeur : Carlotta
  • Date de sortie Blu-Ray : 7 septembre 2016
  • Durée : 90 minutes

Image : 5/5

Fini le 16 millimètre de son grand frère, Basket Case 2 passe au 35 et cela se ressent dès les premières secondes du film. On perd évidemment en tonalité brute, mais le master gagne grandement en netteté naturelle. La restauration est en tous points satisfaisante : piqué, contrastes bien marqués, colorimétrie digne du délire imaginé par son auteur. De l’excellent travail, auquel on pardonnera la qualité plus brouillonne des images tirées du premier.

Son : 4/5

Cette édition de Basket case 2 propose le film en français et version originale sous-titrée. La VF en DTS-HD Master Audio 2.0 plutôt acceptable de par sa netteté et son doublage d’époque farfelu. Mais pour vivre l’expérience la mieux équilibrée possible, c’est encore une fois vers la VOSTFR, elle aussi affublée d’un DTS-HD Master Audio, qu’il faudra se tourner.

Bonus : /

La bande annonce de Basket Case 2 est le seul bonus de cette édition.

Synopsis

Suite à leur accident, les frères Bradley sont reconnus coupables de leurs crimes. Malgré la surveillance accrue de la police, ils parviennent à s’échapper de l’hôpital avec l’aide de « mamie Ruth » et de sa petite-fille Susan. Ces dernières tiennent une maison de repos bien particulière puisque leurs habitants sont tous des créatures difformes comme Belial…

image basket case 2

Le film

Après une première vague très axée sur l’auto-défense, le système américain défaillant et l’action débridée (retrouvez nos test de Maniac Cop, Exterminator, Blue Jean Cop et Le Scorpion Rouge), Carlotta remet le couvert avec sa très sympathique Midnight Collection. Le principe de celle-ci plaira beaucoup aux fans d’un cinéma éclectique : nous replonger dans l’époque des VHS les plus prisées de la fameuse « époque vidéoclub » grâce à des films évidemment bis et, pour certains, totalement cultes. Au menu de cette deuxième salve, nous allons voir que le fil conducteur est en fait un metteur en scène qui sera à l’honneur de l’Étrange Festival 2016 : Frank Henenlotter, dont nous allons retrouver 4 de ses meilleurs films. On pourra donc compter sur Frankenhooker, Basket Case, sa suite que nous traitons dans cet article et le troisième opus.

Basket Case 2, les mêmes et on recommence ? Pas vraiment, non. Tout d’abord, le spectateur ne peut que remarquer l’évolution technique de l’image, qui passe d’une pellicule 16 millimètres « gonflée » à une vraie 35. Le changement est radical : adieu l’aspect imparfait qui travaillait le côté malsain, sale, de son prédécesseur. Bonjour une matière plus lisse, et surtout plus mainstream, attirante pour le spectateur lambda. Il faut dire qu’il n’est plus question, avec Basket Case 2, de faire dans le fauché iconoclaste, mais plutôt de démarrer une véritable franchise. Rentable, si possible. Cette volonté, dictée par la société Shapiro Glickenhaus Entertainment, est à la base clairement mercantile, et quelque part ce n’est pas un mal. Seulement voilà, aux commandes on retrouve toujours Frank Henenlotter, et l’on sait qu’avec un tel auteur les apparences, aussi inoffensive soient-elles, sont fatalement trompeuses.

Basket Case 2 débute en reniant le final pourtant bouclé de son prédécesseur, ce qui prouve que Frank Henenlotter n’avait jamais pensé à une suite avant qu’un producteur ne la lui commande. Qu’à cela ne tienne, une occasion de tourner, avec un budget pas trop inconfortable qui plus est, voilà qui est du goût de n’importe quel réalisateur. Ainsi, l’auteur se met au travail, ressort de ses cartons un vieux script plus ou moins inachevé et l’adapte en conséquence. Cette suite abandonne le New-York putride du précédent film, son hôtel insalubre et ses rues crasseuses, pour s’installer dans une banlieue chic de Big Apple. Là, les frères Bradley trouvent refuge après une fuite rocambolesque qui provoque l’attirance des journalistes en recherche d’articles à sensations fortes.

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Recueillis par une amie de leur défunte tante, Duane et Belial vont faire connaissance d’une véritable galerie de monstres. Basket Case 2, c’est en fait Freaks qui rencontre l’esprit tordu (et ici un peu bridé) de Frank Henenlotter. La vieille femme s’est en fait donné comme objectif de proposer à ces monstruosités de la nature un foyer que certaines personnes des années 2010 pourraient considérées comme une « safe zone ». D’ailleurs, cette tante si « gentille », si « humaine », se mue en véritable gourou et s’avère finalement un frein à l’intégration, sociale et sociétale, de ces pauvres corps difformes. Un véritable taquet à un certain courant de pensée, on pense fortement aux « social justice warriors » sur les réseaux sociaux, qui trouvent en la séparation une forme de paix. Intelligemment, Basket Case 2 démontre que la marginalisation provoque exactement le contraire.

Henenlotter en profite également pour envoyer un petit crachat à la tronche des journalistes à sensation, des vautours pour lesquels il n’offre aucun salut. Mais attention, il ne faut pas non plus oublier que Basket Case 2 est un pur film de genre, qui se doit d’offrir au public de quoi se divertir. De ce côté, c’est sans doute moins réussi que ce que l’on espérait, on n’est plus dans le domaine du culte même si l’ensemble reste très satisfaisant. La galerie de monstres donne dans l’absurde, le grotesque, le comique gras (on n’a rien contre), et les frères Bradley provoquent un récit sans temps mort, et même avec une dose de suspens sur quelques séquences. On ne peut évidemment pas abordé en détails le final, sachez juste que le point culminant est un excellent moment, et l’image finale reste bien en mémoire : se rassembler est une nécessité. Le spectateur n’a pas le temps de s’ennuyer, tout juste pourra-t’il remarquer que le gore craspec manque malheureusement à l’appel. Basket Case 2 s’en tire donc avec les honneurs, mais il lui manque peut-être ce petit supplément d’âme pour atteindre les cimes de son grand frère. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato