image affiche blair witchCaractéristiques

  • Réalisateur : Adam Wingard
  • Avec : Corbin Reid, Wes Robinson, Valorie Curry
  • Durée : 90 minutes
  • Année de production : 2016
  • Genre : Horreur, Found footage

Synopsis

James et un groupe d’amis décident de s’aventurer dans la forêt de Black Hills dans le Maryland, afin d’élucider les mystères autour de la disparition en 1994 de sa sœur, que beaucoup croient liée à la légende de Blair Witch. Au départ, les jeunes étudiants s’estiment chanceux en tombant sur deux personnes de la région qui leur proposent de les guider à travers les bois sombres et sinueux. Mais tandis qu’ils s’enfoncent dans la nuit, le groupe est assailli par une présence menaçante. Peu à peu, ils commencent à comprendre que la légende est bien réelle et bien plus terrifiante que ce qu’ils pouvaient imaginer…

La critique

Le spectacle Blair Witch se devait de commencer en-dehors des salles obscures, histoire de surfer sur l’image « buzz » qui reste très associée au premier (et excellent) film de 1999. L’idée du film dévoilée par le biais d’un autre, un certain The Woods cachait bien son jeu, était bien vue, même si étrangement cette petite sucrerie ne fut pas aussi bien reçue qu’espérée. Twitter s’embrase (comme d’habitude), Adam Wingard serait un horrible plaisantin. La belle affaire. Après cette révélation en demie-teinte, il reste que Blair Witch est bel et bien de retour, avec un réalisateur prometteur (You’re Next, c’était lui) à ses commandes et une envie de réussir ce que Blair Witch 2 avait échoué : donner encore plus corps à l’univers imaginé par Eduardo Sanchez et Daniel Myrick en le développant légèrement. Voire en donnant quelques réponses à des questions en suspens…

L’histoire de Blair Witch se déroule près de vingt ans après les événements éprouvants du premier. Écrivons de suite : l’exposition ne fonctionne pas très bien et peine à créer l’emballement. Le prétexte pour repartir dans l’épouvantable forêt n’est pas spécialement en cause, même si le coup de la recherche de la sœur perdue est une solution de facilité. Cela aurait pu tout de même fonctionner, otamment en écrivant mieux les personnages. Car c’est là que ce premier acte devient vite quelconque, et même un peu agaçant : on voit des stéréotypes se mettre en place, et l’on peut déjà deviner les événements à suivre (véridique, on avait à peu près tout deviner avant même le début du deuxième acte). Du coup, quand la petite bande passe sa première nuit dans la forêt, soit le top départ du grand huit, on ne ressent pas la pression qu’on était en droit d’espérer. Cela manque clairement de charisme, de tripes.

image blair witch

Le deuxième acte de Blair Witch, celui qui fait gambader tout ce pas très joyeux monde dans les fougères, est lui plus que quelconque : il est partiellement raté. Outre que cela manque de puissance, de tension, voir même de situations nouvelles, c’est un autre élément qui nous a particulièrement déçu. On l’écrivait plus haut, Adam Wisgard est pour nous un réalisateur talentueux, largement capable de nous tenir en haleine tout au long d’un long métrage. Seulement, ici, il opère ds partis pris désagréablement surprenants. Le plus catastrophique est cette envie de nous foutre du jump scare de partout, tout le temps, jusqu’à la nausée et sans même les justifier. Blair Witch est donc un de ces films qui doivent remercier James Wan et ses sursauts débiles : ils ont réussi contaminé une partie du cinéma de genre, et c’est regrettable. C’est crétin au possible : un personnage apparaît d’un côté, un bon gros effet sonore extradiégétique pour bien faire hurler les ados, et ce au risque d’envoyer paître la logique codifiée par le found footage. Ajoutons qu’Adam Wisgard opte pour un montage assez cut, et surtout pour des plans trop mouvementés pour certains, à tel point que le film perd en lisibilité. Évidemment, certains éléments de Blair Witch fonctionnent, comme le destin de l’une des filles du groupe, qui apporte d’ailleurs une touche un peu sanglante efficace, ou encore la montée en tension à la fin de l’acte…

Alors que la partie « promenons-nous dans les bois » provoquait au mieux une sorte de déception parfois entrecoupée de montées en tension, il en est autrement pour la troisième partie. Celle qui emmène les survivants à trouver la fameuse maison sensée être celle de la sorcière. Là, Blair Witch sort l’artillerie lourde. Ce point culminant débute cependant par une figure bien connue des amateurs d’horreur, l’éternel « séparons-nous ». Un peu maquillé, certes, mais l’effet est exactement le même. L’un va se lancer la bâtisse menaçante de son plein gré, l’autre y sera forcée quand elle apercevra… quelque chose. Évidemment, hors de question de vous spoiler quoi que ce soit, sachez juste qu’on a adoré le travail sur le décors, mais aussi sur les sources lumineuses. Aussi, prévenons les claustrophobes : ils ne seront pas ménagés… Il se dégage une terrible ambiance, et tout se terminera dans une sorte d’apothéose pleine de sens, même si le dernier plan n’est pas aussi fort que celui du film de 1999. Écrivons, encore une fois sans spoiler, que Blair Witch donne une réponse plutôt bien sentie à un élément de celui dont il constitue la suite. Une séquelle loin d’être parfaite, un peu plombée par des choix de mise en scène pas très finauds, mais assez flippante pour être conseillée. Sur un grand écran, impérativement. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato