Une expérience bourrine

Alors que les jeux pris en charge par Sony, pour ce qui est de son casque Playstation VR, offrent un niveau de qualité plus que satisfaisant, on attendait un peu au tournant notre première expérience avec un soft signé d’un éditeur tiers. Cette entrée en matière est aussi l’occasion de se frotter à ce qui sera certainement une date de cette année vidéoludique : Final Fantasy 15, ici en mode VR. Si le jeu, désormais attendu le 29 novembre sur Playstation 4 et XBox One, continue d’attiser une sorte de curiosité un brin morbide (ça sent pas super bon, aller on va se l’avouer), il ne faut pas oublier qu’une expérience en réalité virtuelle est aussi prévue, exclusivement sur Playstation VR. Et l’on ne peut pas dire que c’est, pour le moment, très bien engagé.

Le principe de l’expérience Final Fantasy 15 VR est simple : le joueur incarne le blondinet Prompto, en vue subjective. Alors que lui et le boys band qui l’accompagne se balade gentiment, un énorme Behemot s’invite à la fête, et il n’est pas content le bougre. Casque bien vissé sur la tête, il va falloir l’envoyer paître à grands coups de gun, tout en pouvant se téléporter d’un point à l’autre de l’endroit via des portails bleus. Le but est simple comme bonjour : liquider le monstre avant qu’il ne vienne à bout de notre équipe, laquelle attaque indépendamment de nos actes. Puis, après, on pourra tracer la route avec la très sexy Cindy…

Avant d’aller plus loin, il faut tout de même préciser, le plus fortement possible, que cet essai de Final Fantasy 15 VR s’est effectué sur une version encore loin d’être définitive. Il reste encore du temps aux équipes de Square Enix pour trouver des solutions à certains problèmes que nous allons soulever, mais aussi pour corriger des bugs, notamment de collision, que l’on a croisé ici ou là. Débutons par ce qui sera sûrement l’un des seuls points positifs : le casque Playstation VR. Car si l’expérience proposée par le soft nous a paru au mieux anecdotique, c’était toujours un plaisir que de s’y frotter avec ce matériel décidément de grande qualité. Ergonomique, léger, proposant d’assez loin les meilleures sensations que l’on a pu éprouver jusqu’ici, on n’en peut plus de compter les jours qui nous séparent de l’achat (22 jours à partir de la sortie de cette preview !).

image cindy final fantasy 15 vr

Un Behemot, une garagiste sexy, mais peu d’intérêt

Abordons maintenant plus précisément Final Fantasy 15 VR. Le concept est donc simple ou, plutôt, assez gonflant : on tire sur un monstre en essayant de viser ses parties faibles. Le problème est que le Béhémoth est très résistant, on se retrouve donc à bourriner le pauvre Playstation Move qui, heureusement, répond parfaitement. Le choix de se déplacer est libre, mais la façon de se mouver d’un point à l’autre ne l’est pas : on appuie sur un bouton, la téléportation se réalise, et on continue à maltraiter la gâchette. Pour faire clair : on joue à Final Fantasy 15 VR quasiment en mode automatique. Pas de trace du moindre skill, pas d’effort pour donner à la partie une quelconque dramaturgie. Alors certes, le combat réserve une ou deux spécificités, comme un ralenti permettant d’esquiver la charge du monstre, et l’animation du Behemoth est assez impressionnante à regarder, mais cela reste insuffisant pour créer de l’intérêt.

On l’aura compris, cet essai de Final Fantasy 15 VR ne nous a pas emballé pour des raisons purement ludiques, et Square Enix va devoir réaliser qu’un bon jeu en réalité virtuelle se doit d’être travaillé, poncé dans son concept, et pas balancé comme ça un peu n’importe comment. Blood Rush, par exemple, est lui aussi comme une expérience qui complète un jeu (Until Dawn, en l’occurrence), et qui trouve le moyen de se justifier totalement de par l’apport sensationnel du Playstation VR. Et même si l’on est du genre a bien apprécier (au second degré) ce que la démo nous a réservé à la toue fin, une balade motorisée en compagnie de la très sexy Cindy, en mode pervers louchant, il faut bien écrire qu’on a du mal à comprendre la direction prise par l’éditeur. Ce dernier a encore quelques semaines pour peut-être gratifier l’expérience de plus d’intérêt, ce qui ne serait pas un luxe. Décidément, ce Final Fantasy 15 nous inquiète, vivement que l’on puisse se frotter à sa version complète… 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato