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Après L’Arme Fatale, TF1 lance une deuxième première saison cette année avec Frequency. Point commun entre les deux : elles sont tirées chacune d’un film, et pour le show dont on parle ici c’est Fréquence Interdite, très bon film fantastique sorti en 2000 qui sert de base à Jeremy Carver, que l’on connaît pour Supernatural. Autre point de connexion entre ces deux séries : on ne peut pas dire qu’on en attendait grand chose, et pourtant…

Le pilote de Frequency est peut-être l’une des plus belles surprises de cette rentrée 2016 côté séries. L’adaptation du grand au petit écran a fait l’objet d’un soin tout particulier : les personnages sont bien écrits et mis en valeur, l’histoire met exactement ce qu’il faut de temps pour s’installer. On le rappelle à celles et ceux qui n’ont pas vu le film Fréquence Interdite : le récit prend place autour d’une radio qui permet à un inspecteur de police de pouvoir communiquer avec son père… mort vingt ans auparavant. Ce miracle va permettre au duo de s’aider, même si les modifications vont aller un peu plus loin que prévu en provoquant des « effets papillon »redoutables.

Dans ce pilote de Frequency, tout se joue autour de la mise en place des éléments, et cela fonctionne à merveille. Les deux époques ne se gênent jamais, et le montage est assez clair pour ne pas perdre le spectateur. On insiste sur ce point, car aujourd’hui les réalisateurs ont tendance à vouloir trop se mettre en avant et opter pour des solutions visuelles qui ne flattent que leur égo (coucou Detour de Christopher Smith). Ici, ce n’est jamais le cas et l’effet est direct : on est happé par l’histoire, par un scénario très efficace, et non par le seul concept. Ainsi, la place laissée au développement de la relation entre Raimy Sullivan et son flic infiltré de père peut faire l’objet d’un véritable soin, et trouver son importance naturelle au sein de l’histoire. Bien joué.

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Ce premier épisode de Frequency nous fait écrire, par ailleurs, que la série va être à surveiller de près : sa problématique ne demande qu’à exploser dans une science-fiction jouissive, même si un peu juste côté « crédibilité ». On regrette, par exemple, que la policière Raimy Sullivan (incarnée par la très à l’aise Peyton List) engrange les modifications spatio-temporelles avec autant de facilité. Aller, si on chipote un peu on peut aussi regretter ces moments musicaux un peu lourdingues, même s’ils sont devenus une sorte de code dans l’univers des séries. Mais la problématique en elle-même est assez puissante pour faire oublier ce genre de petit accroc : on est emporté jusque dans un point culminant bourré de suspens.

Alors que l’épisode se termine, on ne peut s’empêcher de vouloir enchaîner avec la suite. S’il va falloir attendre de voir où va aller le showrunner, s’il va tirer la quintessence de ce potentiel ou pas, on peut déjà affirmer que les premières pierres posées par ce pilote de Frequency sont de très belle qualité. La série va-t-elle développer la question du rapport entre le père et sa fille ? Les rebondissements seront-ils toujours aussi bien gérés ? Il va falloir confirmer tout ça, et si c’est le cas alors… Banco !

La Saison 1 de Frequency débute le 6 octobre 2016 sur MYTF1VOD

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
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