image larme fatale

On ne le cache pas : l’annonce d’une série L’Arme Fatale (ou Lethal Weapon, pour les intégristes de l’anglais) ne nous a pas spécialement emballée. Pas que l’idée soit bonne ou mauvaise, mais c’est surtout qu’on ne voyait pas comment deux acteurs allaient remplacer le duo culte formé par Mel Gibson et Danny Glover. Aller, lâchons-nous : les comédiens de ce début de 21ème siècle ne déméritent pas, pour les meilleurs, mais côté charisme on repassera. C’est, donc, surtout sur l’aspect de l’interprétation que l’on était focalisé, et finalement on a été surpris…

Car ce pilote de L’Arme Fatale, dont les épisodes sont longs de 42 minutes, n’est pas aussi décevant que ce à quoi on s’attendait. Certes, il reste quelques retenues, mais on s’attendait à bien pire. C’est côté scénario que l’on a été un peu titillé : on sent que le showrunner Matt Miller ne veut surtout pas froisser les fans des films en opérant de ci, de là, certains clins d’œil un peu lourdingues. Car écrivons le tout net : ce qui fonctionne le mieux, dans ce pilote de L’Arme Fatale, c’est tout ce qui prend un peu de distance avec les excellentes œuvres sorties au cinéma (du moins, pour les deux premiers, hein). La tonalité, plus nerveuse, se marrie mieux avec le nouveau duo d’acteurs, beaucoup plus porté sur la vanne mais aussi capable de porter à eux seuls des séquences d’action plutôt bien senties.

Ce qui pourrait ressembler à un constat d’échec est en fait une force pour L’Arme Fatale. Car qu’on se le dise, le format série va pousser le concept de buddy-movie (ou, ici, buddy-show) dans des retranchements qui demanderont obligatoirement du neuf. Du coup, voir par exemple une course poursuite plutôt sympa et traitée d’une manière typiquement moderne, c’est clairement pas ce qu’attendaient les fans mais c’est tant mieux. Une conclusion que l’on peut aussi tenir pour les acteurs qui, s’ils ne dégagent pas autant de charisme qu’on aurait aimé (c’était mission impossible, en fait), réussit tout de même à provoquer certaines émotions. Si toute la partie sombre de Martin Riggs souffre d’un traitement pas franchement finaud, Clayne Crawford rend plutôt bien le côté hard boiled du personnage, suicidaire donc jusqu’au-boutiste sur le terrain. On rentre de suite dans le proposition faite par le traitement du personnage, et on ne peut s’empêcher de vouloir continuer à suivre son développement.

imag série l'arme fatale

Quand au personnage qui fut incarné par Martin Glover, Roger Murtaugh, il devient carrément une sorte de rebond humoristique à lui tout seul. Sans être une erreur de casting, Damon Wayans porte le rôle d’une manière qui nous fait penser que cette série L’Arme Fatale est plus inspirée par les films 3 et 4 que par les deux premiers : plus de punchlines, un ajout comique certain. Seulement, là où la déception sur les deux dernières suites était de mise, ce sentiment ne plane pas sur le pilote, notamment grâce à la prestation de l’acteur qui réussit, lui aussi, à s’en sortir tant bien que mal. Son numéro de flic quasiment à la retraite fonctionne moins bien que celui de Glover c’est incontestable, mais il dégage, comme Crawford, une énergie qui contamine l’écran… et le spectateur.

Au final, ce pilote de L’Arme Fatale s’en sort bien mieux que ce que l’on voyait venir avec de grands, de gros sabots. S’il faudra que le showrunner prenne des risques pour essayer de donner à l’ensemble de la saison une personnalité qui lui est propre, développer les personnages secondaires (comme celui surnommé Scorsese), et se trouver un véritable fil rouge au risque de vite devenir redondant, écrivons que cette entrée en matière a de quoi pousser à regarder la suite. Pas la catastrophe annoncée, pas la série de l’année non plus, mais du potentiel. Et c’est déjà pas si mal…

La Saison 1 de L’Arme Fatale débute le 22 septembre 2016 sur MYTF1VOD

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
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