image jaquette mount and blade warbandCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : Stratégie, RPG
  • Éditeur : Koch Media
  • Développeur : Taleworlds Entertainment
  • Sortie France : 16 septembre 2016

Le test

Voilà une sortie que l’on peut sans mal qualifier de courageuse ! Mount & Blade : Warband sur consoles Playstation 4 et XBox One, en 2016, cela a de quoi étonner quand on sait que le soft est sorti sur PC… en 2010. Six ans espacent, donc, ces deux parutions du même jeu, ce qui pourrait paraître étrange si nous n’abordions pas là l’un des softs les mieux suivis par une fanbase très pointue. En effet, cette simulation médiévale, véritable bac à sable qui, nous allons le voir, offre une liberté étonnante, a su conquérir le public PC qui, très vite, en a fait l’un des softs les plus « modés » qui soient. Un jeu indépendant, ici soutenu par l’indispensable Koch Media, qui arrive donc tout auréolé d’une belle réputation.

Histoire : 4/5

Mount & Blade : Warband ne livre pas de scénario comme on l’entend, linéaire et scripté. Cette simulation médiévale vous propose de façonner, lors de la création du personnage, son background, puis vous balance au sein d’une map gigantesque. Évidemment, avant cela il est préférable de passer par le tutoriel, qui vous apprendra sans pression à manier une arme, un arc ou chevaucher un canasson. Après cette entrée en matière, il est indéniable que le joueur est un peu perdu : le soft ne prend aucune pincette, et l’histoire sera la vôtre… mais pas que.

Alors que Mount & Blade : Warband laisse au joueur le soin d’opter pour une vie de bâtisseur, de voleur, ou encore de marchand, c’est l’univers au sein duquel on prend plus ou moins nos aises qui nous sidère. Le monde dans lequel on évolue se nomme Calradia, et les Royaumes sont représentés par cinq races, très différentes en termes de caractères et d’apparences physiques : Rhodoks, Nords, Khergits, Swadians et Vaegirs. Il va falloir très vite comprendre les liens, d’amitié ou d’aversion, qui les unit toutes, afin de mieux les dominer. Notre avatar est un leader, voué au commandement de troupes, donc à s’intéresser à la politique, aux rumeurs, mais aussi aux alliances possibles ou impossibles. Taleworlds Entertainment rend un travail incroyablement riche, et le studio le sait : du coup il met à disposition des joueurs une véritable bible du soft, consultable à partir du menu. N’hésitez pas à la consulter, elle vous sauvera la mise plus d’une fois…

Attention cependant, car Mount & Blade : Warband n’est pas du genre à s’aborder de manière simple. Écrivons que le but ultime est d’unifier les Royaumes, mais si vous le désirez vous pourrez très bien être un pilleur de villages (attention à votre réputation, le système du jeu est très précis et ne vous fera pas de cadeaux), vous marier avec une noble et vous révéler voleur romantique. Il n’y a pas de cheminement imposé, seul celui que vous décidez compte. Unique bémol, et nous allons voir que c’est un reproche qui reviendra, Mount & Blade : Warbands aurait mérité un journal de bord plus user friendly

Gameplay : 4/5

image test mount and blade warband

Image issue du Playstation Share.

Si les premiers instants passés dans Mount & Blade : Warband ont de quoi inquiéter, s’accrocher est l’assurance de maîtriser un jeu aux qualités ludiques indiscutables. La maniabilité à la manette est fonctionnelle, les commandes des combats sont facilement maîtrisables… du moins pour ce qui est du concept. Car, très vite, vous allez vous rendre compte que les mouvement de votre personnage ont une certaine inertie, qui demande au joueur de véritablement penser chacune de ses décisions. Cette décision donne à Mount & Blade : Warband une saveur particulière, on peut réellement parler de simulation médiévale : ne pensez pas rentrer dans le lard de trois ou quatre ennemis à la fois, vous le regretterez assez vite.

Mount & Blade : Warband est difficilement classable : simulation médiévale pour ce qui est des combats, le soft est aussi stratégique, la gestion tient aussi une bonne place et on ne peut oublier l’aspect RPG dû à l’évolution du personnage (et de ses sbires). Vous vous rendrez vite compte que le nombre fait la force, donc qu’il vous faut recruter une véritable armée privée, qui accompagne l’avatar dans ses objectifs. Les déplacements à grande échelle se font sur une carte imposante, et attention car des voleurs et autres brigands de grands chemins n’attendent que de pouvoir vous pourfendre. On ne peut que vous conseiller d’aller jeter un coup d’œil dans les options, où vous pourrez gérer la difficulté comme bon vous semble, véritablement à la carte. Mount & Blade : Warband est dur, et pas qu’un peu, qu’on se le dise.

Le jeu de Taleworlds Entertainment est donc un pot-pourri de plusieurs genres, dont il faut signaler l’aridité de l’enveloppe. Attention, la richesse de Mount & Blade : Warband se mérite, il va falloir passer outre un rendu peu sexy et une absence quasi totale d’indications à l’écran mis à part votre énergie. Il va falloir accepter, dans les premiers instants, d’être un peu perdu, voire même de devoir sacrifier la première partie à une sorte de brouillon des prochains exploits. Exemple typique de cet emballage rude : les dialogues, dont le déroulé est clairement daté. Le soft est donc doublement exigeant : le joueur se doit de bien comprendre qu’il fait face à une véritable simulation, et il doit aussi pardonner certains éléments qui nous ramènent effectivement en 2010, voire encore un peu loin. Mais, une fois tout cela digéré, nul doute que vous tomberez sous le charme, notamment de ces joutes à grande échelle, ces envahissements de châteaux qui rendent très bien la fureur de tels agissements…

Technique et ambiance sonore : 2/5

image gameplay mount and blade warband

Image issue du Playstation Share.

On ne va pas se leurrer : Mount & Blade : Warband est visuellement terriblement daté. C’est propre et la direction artistique est exemplaire, mais pour tout ce qui est textures et animations, on a eu parfois quelques sueurs froides. Aussi, les PNJ sont de temps en temps atteints de bugs de collisions assez inquiétants (voir un habitant traverser une motte de foin, cela fait son petit effet), et les menus sont dénués de charme. Aussi, on regrette de ne pas ressentir plus de vie autour de nous, cela fait un peu vide. Heureusement, la gestion de la lumière n’est pas horrible, et certains éléments sont carrément charmants, comme le ciel étoilé. Quand on joue à Mount & Blade : Warband, on ne cesse de se rappeler que l’habit ne fait décidément pas le moine…

Dommage que les compositions de Jesse Hopkins ne soient pas en nombre plus imposant. Ce compositeur, déjà à l’œuvre sur pas mal de petits jeux indépendants (The Adventures Of Shuggy, Ghost Bash, Spice Road, Dead Frontier, Democracy 2…), a indéniablement une patte, un style, et ses quelques travaux sont de qualité. Seulement, cela tourne en rond et finit, malheureusement, par lasser. Quant aux bruitages, ils sont étonnamment précis, bien utilisés, surtout lors des combats.

Durée de vie : 5/5

image ps4 mount and blade warband

Image issue du Playstation Share.

La durée de vie de Mount & Blade : Warband dépend en premier lieu du joueur. En effet, s’il accroche, il pourra facilement passer une poignée de centaine d’heures dans le monde de Calradia, certains cas dépassent largement les 500 heures sur la version PC, par exemple. La carte est gigantesque, et avant d’atteindre vos objectifs ultimes il va falloir cravacher. Beaucoup cravacher. Et, pour ne rien gâcher, le mode multijoueurs est une réussite, voire même un passage obligé, opposant des dizaines et des dizaines de joueurs pour, par exemple, prendre d’assaut une forteresse. La stabilité des serveurs est plutôt au rendez-vous, alors un conseil : foncez sur le online.

Note finale : 15/20

On ne cache pas que nos premiers instants passés en compagnie de Mount & Blade : Warband furent rudes. Mais, en s’accrochant un peu, en ne laissant pas ces premières minutes abruptes nous dicter leur loi, on a découvert un jeu qui, effectivement, est d’une profondeur inouïe. Gameplay précis, univers poussé, durée de vie sidérale, cette simulation médiévale a les qualités nécessaires pour nous faire oublier une technique d’un autre âge. On insiste aussi sur un point : le online est une grande réussite, fun et qu’il ne faut surtout pas louper. Pour finir, sachez que Mount & Blade : Warband est vendu pour la modique somme de 19.99 euros. Le rapport qualité-prix est assez vertigineux… 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato