image paul cuisset moto racer 4À l’occasion de la sortie prochaine de Moto Racer 4, nous avons pu recueillir quelques mots d’un grand personnage du jeu vidéo : Paul Cuisset. Si vous êtes un gamer avec des heures au compteur, vous avez sûrement entendu parler de « Les voyageurs du temps« , « Croisière pour un cadavre« , « Flashback« , ou encore de « Darkstone« , des jeux qui auront bercé bien des enfances. Mais, le 3 novembre 2016 (sur Playstation 4, XBox One, PC et Mac), c’est un autre classique créé par Paul Cuisset qui revient avec ce jeu de moto totalement décomplexé. On a pu s’essayer un peu au soft, et surtout rencontrer cet homme d’une gentillesse bien agréable…

Culturellement Vôtre : Moto Racer est une licence assez culte chez beaucoup. Pouvez-vous nous la resituer ?

Paul Cuisset :  Moto Racer est sorti en 1997, donc ça fait… quelques années. C’est un jeu de moto, mais qui a la particularité de proposer deux types de courses : de vitesse et de cross. C’était ça l’originalité du concept, et le jeu a rencontré un vif succès. C’était un jeu résolument tourné vers l’action, basé sur le fun. Ensuite, on a fait le 2, puis le 3, qui étaient un peu plus simulation, un peu plus complexes. Il s’est passé pas mal de temps entre Moto Racer 3 et Moto Racer 4, et l’idée était de revenir aux sources. La simulation, c’était bien, mais on voulait quelque chose de plus fun, de plus relax. On voulait quelque chose de plus naturel, de plus fluide. Bien sûr, les graphismes ont évolué, mais on a voulu conservé cet esprit… du motard, voilà, cet esprit « on s’éclate, on va à fond« .

Culturellement Vôtre : Oui, on a remarqué clairement une approche « arcade » et fun assumée, justement pourquoi un tel revirement ?

Paul Cuisset : Le premier Moto Racer avait emmené la vitesse, ce sentiment d’aller très, très vite, et je pense que ça manquait vraiment dans la tournure simulation. On avait envie… vous savez, notre monde est devenu un peu triste, on a besoin, je pense, de moyens de s’évader, d’aller plus vite. D’avoir des personnages plus charismatiques aussi, qui donnent envie aux joueurs de s’identifier. On voulait des sensations, un gameplay qui soit directement accessible.

Culturellement Vôtre : Ce fun avant tout, va-t-on le retrouver dans les circuits, leur design ?

Paul Cuisset : Il y a, en tout cas, des circuits originaux, parce qu’on a essayé de ne pas trop se calquer sur la réalité. On s’est plutôt dit : « sur quel circuit on aurait envie d’aller, des endroits de rêve ?« . C’est pour ça qu’on aura différents univers, différents environnements. Puis il y a une chose qu’on a gardé, et qui est fun, ce sont les courses dans le trafic, on peut arriver à sur des portions où il y aura des voitures, et il faudra les esquiver du mieux possible.

Culturellement Vôtre : Venons-en à la réalité virtuelle, puis que le jeu est compatible Playstation VR. Le jeu a-t-il été pensé pour ça, ou il s’agit d’une option rajoutée pour surfer sur le phénomène ?

Paul Cuisset : Disons que… quand on fait un jeu de moto, et qu’on voit ce genre de chose arriver, les casques, on se dit « mais oui, y’a quand même quelque chose là » (ndlr : rires). Même si, au départ, ce n’était pas dans le projet d’utiliser la VR, il s’est trouvé qu’il était difficile de résister à cette envie d’en faire quelque chose. Je crois qu’en tant que joueur, on a tous envie de se retrouver non plus face au jeu, mais dans le jeu, et la réalité virtuelle permet de passer cette barrière. Et d’autant plus sur un jeu de course, on a ces sensations qui peuvent être décuplées, parce qu’on a enfin le relief, le rapport aux distances. Donc quand on a eu la possibilité, on a de suite dit « oui, allons-y« .

Culturellement Vôtre : Vous étiez aussi sur l’aspect réalité virtuelle en tant que consultant ?

Paul Cuisset : Oui, comme pour le reste. J’étais vraiment dans un rôle de consultant, je n’ai pas fait le développement ça c’est vraiment Artefact. Moi, j’ai eu la chance de bosser avec eux, et de pouvoir leur dire « un peu plus comme ci, un peu moins comme ça« , donc un peu le meilleur des postes (ndlr : rires). Je donnais mon avis sur le gameplay, sur ce qu’on peut faire. Des fois je donnais de petites astuces, je leur disais « de mon temps c’était comme ça« , je passais un peu pour un papi face à tous ces jeunes, en leur rappelant qu’à mon époque on n’avait pas tous les outils en mains (ndlr : rires)…

La sortie de Moto Racer 4 est prévue pour le 3 novembre, sur Playstation 4, XBox One, PC et Mac.

Nous remercions cordialement Paul Cuisset, ainsi que les équipes de Microïds, pour leur disponibilité et leur courtoisie. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato