image triple pack dead risingCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4 (en téléchargement)
  • Genre : Beat’em All, Sandbox
  • Éditeur : Capcom
  • Développeur : Capcom
  • Sortie France : 13 septembre 2016

Test

Alors que nous sommes à quelques jours de fêter Halloween, il nous paraît bon de produire un focus sur une compilation très importante de cette fin d’année : Dead Rising Triple Pack. Importante pour plusieurs raisons. tout d’abord on ne cache pas, chez Culturellement Vôtre, que cette licence tient une place importante dans le jeu vidéo récent. Licence née pendant la précédente génération de consoles, chez l’éditeur historique Capcom et plus précisément sous la direction d’un certain Keiji Inafune (Mighty No. 9), Dead Rising est aujourd’hui disponible dans une version remasterisée comprenant Dead Rising, Dead Rising 2 et Dead Rising 2 : Off The Record. Pour ce test, nous abordons le premier cité, le jeu fondateur donc qui a, en son temps, contribué énormément au décollage de la XBox 360. Mais, cette fois-ci, c’est sur Playstation 4 qu’on y joue, et on va voir que le plaisir est toujours au rendez-vous.

Histoire : 5/5

Il est clair qu’en jouant à Dead Rising on ne peut que penser à Zombie, le grand classique de George A. Romero. Le joueur incarne Franck West, un journaliste téméraire en recherche de sujets rentables. Son flaire le mène jusqu’au Colorado, dans la ville de Willamette plus précisément, où la rumeur parle d’émeutes ultra violentes. Dépêché sur le terrain à bord d’un hélicoptère, West va très vite capter des images plus qu’inquiétantes, et l’engin volant fait face à d’autres au service de l’État. Laissé sur le toit d’un gigantesque commercial, et alors que l’hélicoptère promet de revenir dans 72h sans l’attendre trop longtemps, le journaliste découvre alors que d’émeutes il n’est pas question, mais plutôt d’une invasion de morts-vivants. Le lieu, pourtant rassurant, va être vite submergé de zombies, mais pas seulement, car l’humanité part en vrille et il va falloir que Franck West sauve ce qui reste à sauver… mais aussi il devra survivre à de véritables psychopathes en puissance…

Au niveau de son scénario pur, Dead Rising invoque tout le genre populaire du film de zombie, le mixe et rend un travail encore incroyable aujourd’hui. On apprécie les références au bis italien (on voit très clairement du Lucio Fulci à certains endroits), et carrément à toute une partie de la culture « de genre ». On pense à ces psychopathes dont certains sortent tout droit d’un livre de Stephen King. Le récit, en lui-même, est haletant et se vit avec grand plaisir. Une histoire de complot gouvernemental, avec moult rebondissements qui fonctionnent toujours aussi bien. Tout est gardé précieusement dans un journal de bord à base de segments (intitulés CAS) à débloquer au fur et à mesure des parties, le tout pour arriver à la vraie fin, qu’il va d’ailleurs falloir mériter. Dead Rising exerce encore aujourd’hui un grand pouvoir de séduction, pour peu que vous appréciez la culture du zombie. L’ambiance de ce jeu est à l’image de l’histoire : captivante et incroyablement rafraîchissante, et ce dix ans après sa sortie, c’est dire le travail considérable mené par Capcom sur ce soft.

Gameplay : 4/5

image capcom dead rising

Le coup de poker de Capcom n’avait pas été souligné à l’époque, pourtant Dead Rising était loin d’être décevant sur son pur gameplay. Mélange d’open world et de beat’em all, il apporte toujours aujourd’hui des sensations loin d’être usitées.  On peut même réellement parler de « jeu bac à sable », une expression parfois invoquée à l’emporte-pièce mais ici tout à fait justifiée tant le centre commerciale offre une tonne de possibilité d’aborder les différentes situations. Se battre à l’aide d’un nounours, d’une tronçonneuse, de boitiers de CD, d’une caisse enregistreuse, d’un banc, en fait de tout ce qu’on peut trouver dans la multitude de magasins, voilà qui apporte une vraie sensation de liberté.

Il faut rappeler que le soft n’est pas facile, il propose un challenge de grande qualité, qui va mettre vos nerfs à l’épreuve sur bien des runs. Vous pouvez donc suivre l’histoire, les CAS pour être précis, rapatrier des survivants ou défoncer du psychopathes, voire les trois à la fois. Là où Dead Rising devient une formule toujours aussi formidable aujourd’hui, c’est dans sa rejouabilité maîtrisée. Perdre n’aura jamais été aussi agréable en fait, car cela fait partie du jeu : il va vous falloir échouer bien des fois pour arriver à voir la vraie fin, et à chaque coup en recommençant avec un Franck West au niveau. On sent donc une réelle évolution, car le journaliste est tel un personnage de RPG : il évolue, gagne en énergie par exemple, ou en nouveau coups. Le Franck West niveau 50 n’aura ainsi absolument plus rien à voir avec le niveau 1. Signalons aussi que le système de sauvegarde apporte toujours cette dose de contrainte importante : il va vous falloir relier le QG ou les toilettes les plus proches afin de garder une trace de l’avancée d’une partie. Alors certes, tout n’est toujours pas parfait et on aurait aimé que ce remaster corrige certains choix un peu étranges, notamment pour certains combats contre les psychopathes vraiment pénibles, mais globalement cela tient encore très bien la route.

Technique et ambiance sonore : 2/5

image test dead rising

Voilà le véritable soucis de cette ressortie, car si l’on ne voulait pas spécialement que Dead Rising soit revu et corrigé de fond en comble techniquement, on aurait au moins apprécié que le travail soit fait sur l’éclairage par exemple, ou sur certains petits bugs de collision toutefois loin d’être gênants. Il faudra se contenter du passage à l’incontournable duo 1080p/60fps heureusement au rendez-vous, ce qui assure tout de même un confort de jeu supérieur à l’expérience de base. Au-delà de cela, il faut aussi souligner que Dead Rising s’en sort toujours bien visuellement : la direction artistique n’hésite pas à multiplier les couleurs dans un rendu continuellement que l’on qualifiera d’un réalisme fantaisiste. On adhère à 100% encore aujourd’hui…

La bande son de Dead Rising est, quant à elle, toujours aussi croustillante que lors de la sortie de 2006. On apprécie grandement l’ambiance de ce mall, les plages de silence, cette musique typique de super-marché qui donne un certain cynisme à ce que le joueur entreprend. Mais ce n’est pas tout, car parfois la musique change de ton et colle à l’action, dans ce cas les spécialistes penseront inévitablement aux travaux du groupe Goblin, que les amateurs de films d’horreur connaissent bien. Les bruitages n’entachent rien, les râle gutturaux des morts-vivants font leur effet, et les voix des personnages participent grandement à l’ambiance de film de série B.

Durée de vie : 5/5

image dead rising

Elle est énorme. Si vous êtes du genre à compléter les softs jusqu’à la moelle, alors Dead Rising c’est toujours des dizaines d’heures de jeu pour en faire le tour. Les 72 heures à l’intérieur du soft donnent entre 6 et 10 heures réelles, et pour atteindre le nirvana d’un run parfait, enfin le plus possible, il va vous falloir en mener, des parties. Le sentiment « bac à sable » fait aussi en sorte que l’on a envie de se lancer dans des trips précis, comme une quête à tous les déguisements, à toute les armes, au plus de zombies massacrés etc. En résulte donc un jeu long, et surtout qui donne plaisir à l’être. On aime perdre, s’y perdre, et c’est là un véritable tour de force tant ce sentiment n’a pas perdu une ride quelques dix années après la sortie initiale.

Note finale : 16/20

au sein de la compilation Dead Rising Triple Pack, Dead Rising a tendance à nous surprendre grandement. Pas de par son contenu, qui est strictement le même qu’à l’époque, ni même de par les améliorations techniques carrément limitées. Non, ce qui nous séduit… c’est le jeu en lui-même, qui a peut-être même gagné en charme avec les années. Véritable sandbox fusionné à un beat’em all, le tout avec un respect pour la culture « de genre » qui transpire de chaque pixel, Dead Rising est toujours une petite perle ludique. Et, alors que Halloween approche, on ne peut que vous recommander de vous y replonger gaiment…