image film i am not a serial killerCaractéristiques

  • Réalisateur : Billy O’Brien
  • Avec : Christopher Lloyd, Max Records, Laura Fraser, Tim Russell, Christina Baldwin
  • Durée : 103 minutes
  • Année de production : 2016
  • Genre : Thriller, Horreur

Synopsis

L’adolescent John Cleaver sait très bien qu’il ne devrait pas écouter ses instincts. Obsédé par les monstres et les tueurs en série, il sent au plus profond de son être qu’il pourrait succomber à ses pensées meurtrières du jour au lendemain. Assister sa mère April lors d’autopsies au salon funéraire familial semble le garder calme pour l’instant, tout comme son amitié avec son voisin âgé, M. Crowley. Cependant, lorsqu’une série de meurtres violents secoue la petite ville où John habite, ses pulsions se ravivent. Un vrai monstre a débarqué dans les environs, et bien que la poursuite de celui-ci puisse être sa fin, John n’a pas d’autre choix. Après tout, qui de mieux placé pour comprendre un tueur en série qu’un adolescent secrètement sociopathe ?

La critique

Plus de dix ans après le très remarqué Isolation, véritable bête de festival, Billy O’Brien revient avec cette fois-ci un film attendu (Scintilla, sorti en 2014, avait tout d’un passe-temps) : I Am Not A Serial Killer. Si vous appréciez la littérature horrifique, il est possible que ce titre vous dise quelque chose. Il s’agit en effet d’un roman de genre (le premier d’une trilogie), signé par Dan Wells, qui a reçu un accueil plus que positif en se plaçant assez habilement entre le « young adult » et le carrément « adult ». Restait à vérifier si Billy O’Brien était capable d’en tirer la meilleure substance.

Premier élément de réponse : I Am Not A Serial Killer est un magnifique témoignage d’un amour du cinéma sans borne. Billy O’Brien a eu l’excellente idée de tourner en 16 millimètres, ce qui donne à l’œuvre une indéniable personnalité. Le grain est omniprésent, l’image sciemment crade, il règne sur le film une ambiance poisseuse qui provient avant tout de la pellicule… et de l’éclairage. Le directeur de la photographie, Robie Ryan, s’était déjà illustré avec son excellent boulot sur Moi, Daniel Blake, la Palme d’Or 216, et son talent donne à I Am Not A Serial Killer un cachet très spécifique, entre réalisme et pur fantastique.

Cela tombe bien, c’est exactement ce qu’est I Am Not A Serial Killer : une histoire dont le réalisme laisse tout doucement la place à un fantastique virant allégrement vers l’horreur pure. De ce strict point de vue, le film réussit son pari : le spectateur suit l’histoire de ce personnage principal très borderline et l’intrigue nous embarque sans mal. Pas vraiment de tension, mais une atmosphère très marquée, qui résulte tout autant des différents conflits que de quelques plans très travaillés (ah, cette buée qui sort des bouches d’égout !). I Am Not A Serial Killer n’est pas un film d’épouvante hyper démonstratif, sa force est ailleurs, et notamment dans le point de vue associé à la narration.

Car le spectateur suit au plus près John Wayne Cleaver (joué par Max Records), mais pour mieux parler de celui qui est le véritable sujet de I Am Not A Serial Killer : Crowley. Christopher Lloyd s’en sort plus qu’avec les honneurs, alors que l’on est de ceux qui ne raffolent pas de sa carrière en dehors de ses prestations les plus cultes. Il donne à son personnage une profondeur terrible, faisant ressortir tout un côté pathétique très efficace. On ne peut pas en écrire beaucoup plus, sous peine de spoiler, mais on peut dire qu’on apprécie la sensibilité avec laquelle Billy O’Brien jongle, refusant tout du long de faire de l’antagoniste un montre « simplement » assoiffé de sang. Et ce jusqu’à un final réussi, qui nous fait écrire qu’on est là face à un film de genre bigrement efficace.

image i am not a serial killer 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato