image poster k-shopCaractéristiques

  • Réalisateur : Dan Pringle
  • Avec : Ziad Abaza, Reece Noi, Lucinda Rhodes Thakrar, Scot Williams, Ewen MacIntosh, Sean Cernow
  • Durée : 116 minutes
  • Année de production : 2016
  • Genre : Thriller

Synopsis

Un fils modèle devient un tueur méthodique suite à l’assassinat de son père, propriétaire d’une boutique de kebab, par des jeunes trop alcoolisés. Le problème est : comment dissimuler les corps ? La solution se trouve dans le kébab…

La critique

Avouez que le pitch vous donne envie d’un bon vieux salade, tomates, oignons, sauce samouraï ? Bon, là n’est pas l’intérêt de K-Shop, film anglais et coup de poing qui a régalé le public de ce PIFFF 2016 à la programmation décidément surprenante. Sorti d’un peu nulle part, l’œuvre étant la première du réalisateur Dan Pringle (au format long, tout du moins), cet effort anglais vient redonner espoir aux amateur d’horreur à la british, qui avaient tendance à tirer un peu la tronche depuis quelques temps.

K-Shop fait figure d’uppercut en plein pif d’une sale habitude anglaise : la culture de la biture. Si nous ne sommes pas du genre, chez Culturellement Vôtre à donner dans le conseil d’hygiène de vie (consommer avec modération, fumer tue, manger de la viande rouge c’est pas bien, l’onanisme rend sourd, ça va on a compris), il faut tout de même écrire que cette fâcheuse habitude qu’est la picole sans limites donne la nausée. Il suffit de se rappeler de certains événement, lors du dernier Euro de foot, pour s’en persuader. K-Shop aborde le problème sans détour, et avec une rage loin d’être contenue.

K-Shop montre son personnage principal, Salah (incarné par le très habité Ziad Abaza), victime de cet Angleterre plus que pochtronne, dont les excès conduisent parfois à des comportements pour le moins embarrassants. Le film pousse le constat à l’extrême afin de faire de ces trous à bière des assassins, racistes et toutes sortes d’autres « joyeusetés ». Ce qui pourra bien évidemment faire bondir un public qui prendrait le film trop au premier degré. Non, Dan Pringle n’opère pas une étude sociologique de l’Angleterre, et si l’autochtone est particulièrement craignos il n’est en rien montré comme représentatif de la Perfide Albion. K-Shop, c’est avant tout un thriller, parfois assez gore, sorte de Sweeney Todd qui rencontrerait les Category 3 les plus crados type Human Pork Shop.

K-Shop est tout de même parfois maladroit dans son traitement, notamment à cause de petits oublis factuels, et d’un scénario parfois un peu trop large. Même si le film n’est jamais ressenti comme « social », écrivons que l’on est un peu gêné par l’absence de la problématique chômage dans la vision du monde du réalisateur. Une donnée pourtant cruciale pour bien comprendre l’état des mœurs anglais. Autre chose, la séquence du concours de qui a la plus grande peine est, elle, carrément navrante, et très typique d’une époque qui ne veut plus qu’envisager le malheur extrême en oubliant la force dévastatrice du traumatisme. Aussi, le scénario devient un peu problématique quand intervient le jeune Malik, qui est traité comme une sorte de négatif de Salah. Intervient alors une réflexion très stupide sur ce qui est à faire ou ne pas faire, ce qui est pas mal déplacé dans un film qui raconte comment un étudiant devient un tueur en série dont la particularité est de recycler les corps dans une sandwicherie. K-Shop est, donc, assez maladroit fondamentalement, mais il n’en est pas moins sympathique. La prestation mémorable de Ziad Abaza, révélation du casting, l’ambiance glauque, qui suit bien l’état d’esprit d’un Salah en perdition, tout cela fait de K-Shop un film de genre hautement sympathique, dont on espère une sortie en DTV.

image k-shop 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato