image poster the priestsCaractéristiques

  • Réalisateur : Jae-Hyun Jang,
  • Avec : Yun-Seok Kim, Dong-Won Gang, Byeong-Ok Kim, Eui-Sung Kim
  • Durée : 103 minutes
  • Année de production : 2015
  • Genre : Horreur

Synopsis

Choi, un jeune diacre dissipé, est recruté pour assister le Père Kim lors d’un d’exorcisme long et dangereux, qui dure depuis des années. Afin de dissiper tout soupçon, le prêtre demande à Choi d’enregistrer le déroulement du rituel. Le démon va alors se montrer, et la nuit sera particulièrement mouvementée.

La critique

Très rares sont les sous-genres qui auront été tellement bien représentés par leur film fondateur que les suivant n’auront jamais réussis à en égaler la qualité. On pense aux Dents De La Mer, qui reste la sommité dans l’attaque de requins, mais aussi à L’Exorciste, dans le genre du film d’exorcisme. C’est même encore plus marqué avec le chef-d’œuvre de Friedkin, tellement séminal qu’aucun de ses rejetons n’a semblé trouver d’autres sujets à développer. Un constat à la fois terrible et impressionnant, et le coréen The Priests pourrait bien en faire les frais.

The Priests est pourtant bourré de qualités, notamment celle de nous parvenir d’un pays qui a l’habitude de passer les genres à la moulinette d’une culture qui apporte une certaine différence. Et c’est le cas ici, on retrouve ce ton assez cynique, et qui pourtant ne triche jamais avec les sentiments recherchés. Peut-être un peu long à démarrer, le film aborde les thèmes habituels au sous-genre, ce qui constitue la première petite déception car, soyons clairs, le problème de la foi en doute est parfaitement mis en scène par L’Exorciste : il faudra être plus qu’un génie pour faire mieux. Dès lors, et même si le réalisateur Jae-Hyun Jang (dont il s’agit du premier long métrage) ne démérite pas notamment dans la gestion des personnages, il se heurte au mur du déjà-vu, et en mieux chez le modèle.

The Priests est pourtant généreux, ose des ruptures de tonalité parfois savoureuses. Le crescendo se fait assez sensible pour être léger mais perceptible, et ce jusqu’à une troisième partie dans laquelle explose le très attendu exorcisme. Et, là aussi, on reste un peu sur notre faim. Pas que ce soit mauvais, bien au contraire c’est plutôt flippant et bien mis en scène. Cependant, les insultes, les effets gores, les manifestations du démon, tout semble au moins un cran en-dessous de ce fichu chef-d’œuvre auquel on ne peut que penser tout du long de The Priests. Pire, la toute fin nous a même fait sortir du film (malgré une forte tension), à cause d’un élément subjectif qui pourra autant plaire que faire rire aux éclats. Pour nous, ce fut la seconde solution, malheureusement.

The Priests est donc un petit film d’horreur coréen qui ne vous fera pas vous relever la nuit, même si les amateurs du genre goûteront avec délectation certains passages dans la pure tradition du film d’exorcisme. Soulignons, par ailleurs, que le casting est d’un sérieux à toute épreuve, notamment avec un Yun-Seok Kim (Sea Fog) divin comme à son habitude. Premier film qui manque peut-être un peu de courage, avec The Priests on fait surtout face à un divertissement qui nous apporte tout de même une bonne dose de tension. Et étant donné l’état de ce sous-genre un peu en perdition, ce n’est pas de refus. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato