[Food] Indiana Café : Une nouvelle carte généreuse

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Mozzarella sticks et cocktail Tiki Ginger à l’Indiana Café République. © Culturellement Vôtre

Célèbre chaîne de restaurants à thèmes implantés exclusivement à Paris et sa région, Indiana Café propose depuis près d’une trentaine d’années une cuisine américaine conviviale, faite de spécialités “de l’Ouest” et de plats Tex-Mex. Aussi bien fréquentés pour leur partie bar — les 15 restaurants sont ouverts de 8h à 2h du matin — que leur partie restauration, les établissements de l’enseigne attirent une clientèle variée, ainsi que de très nombreux jeunes et étudiants, qui viennent volontiers profiter d’un apéritif ou dîner sur le pouce entre amis. Il faut dire que, au-delà du traditionnel Happy Hour de 17 à 20h, où les alcools sont à moitié prix, l’Indiana propose des plats consistants à des tarifs tout à fait raisonnables. A l’occasion de l’arrivée de la toute nouvelle carte en début de mois, nous nous sommes rendus au restaurant de République, afin de vérifier si l’enseigne, qui s’est distinguée en 1988 en proposant le tout premier hamburger “gourmet” avant de perdre en réputation face à l’abondance de l’offre en Ile-de-France, avait su se renouveler.

Nouveaux cocktails et appetizers faits maison : vive l’apéritif !

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Le cocktail Saint-Germain et les Indiana Nuggets. © Culturellement Vôtre

Arrivés sur place, nous commençons tranquillement notre apéritif en commandant les deux nouveaux cocktails de l’Indiana Café : le Saint-Germain, célèbre cocktail déjà proposé dans de nombreux établissements (liqueur de Saint-Germain, prosecco, eau gazeuse) et le Tiki Ginger, dont le mélange de saveurs mi-américaines mi-asiatiques (rhum Oakheart, sirop de gingembre, yuzu, citron vert, jus de maracuja, Angostura) nous semble fort prometteur. Pour accompagner nos verres, nous choisissons des Indiana nuggets et des Mozzarella sticks en guise d’amuse-bouches. Le directeur de l’établissement nous explique que, au-delà des nouvelles spécialités à la carte, la grande nouveauté, c’est la généralisation du fait maison, qui était jusque-là limité à certains plats. Les mozzarella sticks, qui n’étaient auparavant pas préparés sur place, font ainsi partie des mets à bénéficier de ce changement, de même que les clubs sandwichs, que nous n’aurons pas l’occasion de goûter, mais dont la préparation et la cuisson du pain frais les rendent à présent plus goûteux, plus croustillants. A voir les assiettes les transportant passer devant nous, on confirme en tout cas qu’ils ont l’air joliment grillés et généreux.

Les cocktails, apportés dans de grands verres, sont un premier point positif pour cette nouvelle carte : la glace est bien dosée, il n’y a pas de “triche” de ce côté-là — contrairement à une autre grande chaîne fort connue qui remplit plus de la moitié du verre de glace pilée pour faire des économies — et, surtout, les breuvages sont délicieux. Si le Saint-Germain séduit par sa fraîcheur et son côté pétillant, c’est surtout le Tiki Ginger qui a retenu notre attention par l’originalité du mélange proposé, tout à fait addictif. Frais et sucré tout en étant équilibré, il se démarque par ses pointes d’agrumes et ses notes épicées de gingembre et yuzu, qui charmeront les amateurs de cuisine japonaise sans pour autant décontenancer les inconditionnels de cuisine américaine grâce au très bon rhum et à l’Angostura, qui apportent à l’ensemble une jolie rondeur. La petite note exotique supplémentaire apportée par le jus de maracuja, un fruit que l’on trouve au Brésil et en Argentine et qui se rapproche de la grenade, achève de convaincre et de faire du Tiki Ginger le cocktail idéal pour un afterwork ou un dîner estival.

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Les Indiana nuggets panés aux cornflakes. © Culturellement Vôtre

Les mises en bouche, quant à elles, surpassent largement nos attentes et la qualité d’assiettes apéritives servies dans de nombreux établissements du même type du centre parisien. Le fait maison est perceptible, que ce soit dans la panure des deux spécialités ou la cuisson. Les Indiana nuggets valent véritablement le détour : croustillants à l’extérieur et bien grillés, leur panure à base de cornflakes est à tomber et, lorsqu’on croque à l’intérieur, on a le plaisir de découvrir un poulet délicieusement tendre, qui vous fera oublier bien vite le KFC. L’assiette, bien servie, est accompagnée d’une coupelle de sauce barbecue de bonne qualité. Les mozzarella sticks sont également tout à fait réjouissants : bien dodus, ils abritent un fromage de qualité, moelleux juste ce qu’il faut et sont accompagnés d’une sauce tomate-basilic très fraîche. Comme ils sont faits maison et de toute évidence bien préparés, ils ne sont par ailleurs pas gras du tout : ceux qui redoutent les beignets dégoulinants d’huile peuvent donc se rassurer. Vous pourrez même manger ces amuse-bouches avec les mains sans risque de vous tâcher malencontreusement.

Des spécialités Tex-Mex généreuses

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© Culturellement Vôtre

Pour le plat de résistance, nous optons pour des tacos au boeuf (une version veggie est également proposée en nouveauté) et ce qui demeure l’un des grands classiques de l’Indiana Café, les fajitas, que nous choisissons au poulet. Pour accompagner le tout, deux bières témoignant de la volonté de l’enseigne de sélectionner des crus de qualité : la Mort Subite Witte Lambic (dont nous vous parlions déjà ici) et, surtout, la Lagunitas I.P.A., une bière blanche à 6,2% brassée à Petaluma en Californie et composée de 65 types de malt différents, mais dépourvue de citron, contrairement à la plupart des bières de ce type proposés dans les bars. Résultat : les notes de pêche et d’agrumes ressortent davantage, ainsi que la saveur ambrée du malt, pour une plus grande rondeur et une acidité moindre. Agréablement longue en bouche, avec une amertume équilibrée, cette bière “à l’ancienne” servie dans un verre de 35,5 cl séduira aussi bien les hommes par son aspect tonique que les femmes pour sa fraîcheur et son joli bouquet aromatique. Si elle fait également partie du groupe Heineken, cette bière apparue en 1995 reste par ailleurs encore assez confidentielle en France, d’où l’intérêt de la découvrir, surtout dans le cadre d’un repas “so californien”.

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Fajitas au poulet à assembler (les feuilles de maïs sont servies à part dans un plat fermé). © Culturellement Vôtre

Quant aux tacos et aux fajitas, ils sont servis dans des proportions tellement généreuses qu’ils peuvent constituer sans problème un repas à part entière. Les tacos au boeuf, au nombre de 4, sont remplis à ras bord de guacamole, salsa de tomates fraîches à la coriandre, viande et crème fraîche, et accompagnés d’haricots noirs et de riz à la mexicaine. Autant dire qu’ils sont tout à fait nourrissants ! Le guacamole, fait maison et délicieusement épais et onctueux, permet de distinguer ces spécialités Tex-Mex de celles servies en surgelé, et l’assaisonnement au citron vert apporte une belle fraîcheur à ces tacos bodybuildés, garnis d’une viande de bonne qualité. Les haricots noirs manquent un peu d’assaisonnement, mais se tiennent bien. Les fajitas à assembler soi-même, sont, si cela est possible, encore plus généreuses, avec un plat de poulet mariné à la coriandre particulièrement imposant, qui vous permettra de partager les restes avec vos amis une fois vos feuilles de maïs (servies à part dans un plat en terre à couvercle) épuisées. Comme les tacos, les fajitas sont accompagnées de guacamole maison, crème fraîche, sauce salsa, haricots noirs et riz à la mexicaine. La qualité est là aussi au rendez-vous et, sans avoir la prétention de proposer un met gastronomique, l’Indiana Café joue la carte de la simplicité, avec une préparation soignée mettant avant tout en valeur la la fraîcheur des produits. La préparation du poulet remporte ainsi franchement l’adhésion. Ces spécialités ont aussi la volonté de s’adresser au plus grand nombre et ne sont ainsi pas servies pimentées, bien que l’assaisonnement, équilibré et satisfaisant en lui-même, puisse être ajusté, notamment en ce qui concerne le citron vert.

Un French Toast comme dans les diners américains

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© Culturellement Vôtre

Arrivés à ce point-là, la plupart des personnes à l’appétit normal, mais également une partie non négligeable des gros mangeurs, déclareront forfait. Cependant, nous avons insisté pour goûter aux desserts (à bas le gaspillage et merci le doggy bag !), et plus particulièrement à la dernière déclinaison du pain perdu, vantée avec fierté par le directeur. Dessert-phare de l’Indiana Café, le pain perdu ou French Toast, comme l’appellent nos amis américains, est continuellement proposé à la carte, mais varie régulièrement en fonction des saisons. Présenté avec grand soin, il est servi à l’américaine, recouvert d’une montagne de crème fouettée nappée de caramel au beurre salé, de sirop d’érable et parsemé de morceaux de fraises et de rondelles de bananes. Un vrai festin de roi, façon diner californien ! Fondant à souhait, imbibé de lait et d’oeuf sans tomber en miettes lorsqu’on plante sa cuillère dans la brioche, il s’agit d’un plaisir régressif absolument divin, bien évidemment sucré, mais jamais écoeurant. L’alliance du caramel au beurre salé avec le sirop d’érable et la banane aboutit à une explosion de saveurs intéressante et équilibrée. Une belle réussite, que l’on ne saurait que trop conseiller aux amateurs de cuisine américaine, donc. Bien sûr, la carte comporte aussi d’autres desserts assez appétissants (le fameux cheesecake avec coulis de fruits rouges de Rachel Moeller, qui a fondé le tout nouveau Two Stories, dont nous vous parlerons tout bientôt, brownie, gaufre au dulce de leche…), et qui permettront à chacun de s’y retrouver. En grand amateur de beurre de cacahuète, notre co-rédacteur en chef Mickaël a testé et approuvé le dernier né de Ben & Jerry’s, la crème glacée Peanut Butter Cup Creme, servie dans une coupe de 2 boules.

Voilà donc une belle réussite que cette nouvelle carte de l’Indiana Café, conçue en collaboration avec Kristin Frederick, la fondatrice du food truck préféré des parisiens, le Camion qui Fume, et qui a depuis décliné sa cuisine californienne à travers plusieurs établissements, dont le Greenhouse dernièrement. Consciente de l’importance du fait maison pour une clientèle de plus en plus exigeante en termes de qualité face à une offre abondante, l’enseigne propose des assiettes préparées avec soin et bien présentées, même en ce qui concerne les excellents appetizers (les nachos, que nous n’avons pas testés, sont eux aussi désormais faits maison), et servies dans des proportions très généreuses, pour un bon rapport qualité-prix. La cuisine, mêlant de délicieuses saveurs californiennes et mexicaines, est encore et toujours sans chichi, et met l’accent sur la qualité et la fraîcheur des produits, pour un déjeuner ou un dîner convivial entre amis, autour d’un bon cocktail ou d’une bière. On valide sans hésiter.

Ce test a été réalisé à l’Indiana Café République. Retrouvez les différentes adresses de l’enseigne sur leur site Internet. Tarifs des plats dégustés : cocktail Saint-Germain 8,5€, cocktail Tiki Ginger 11€, mozzarella sticks 7,2€, Indiana nuggets 8,5€, tacos 13,8€, fajitas 18€, pain perdu 6,5€, coupe de glace Ben & Jerry’s 6€.

Cécile Desbrun

Cécile Desbrun est une journaliste culturelle spécialisée dans le cinéma, la musique et l'image de la femme dans la culture. Elle créée Culturellement Vôtre en 2009 et écrit parallèlement pour plusieurs publications en ligne. Elle achève actuellement l'écriture d'un livre sur la femme fatale dans l'oeuvre de David Lynch et est la créatrice du site Tori's Maze, dédié à l'artiste américaine Tori Amos, sur laquelle elle mène un travail de recherche approfondi.
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