[Test – Playstation 4] Bleed : quand une licorne prend les armes

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : Bootdisk Revolution
  • Editeur : Digerati Distribution
  • Date de sortie : 23 août 2017
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Introduction

Vous avez sûrement remarqué, depuis quelques mois (voire années), que certaines filles se teignent les cheveux de toutes les couleurs. Notamment dans une sorte de bleu essence, absolument immonde. Les goûts, tout ça. Pas vraiment punk, ces êtres se présentent comme résolument positifs, ce qui aura tendance à créer tout l’effet inverse. Mais passons. Enfin, essayons, car le soft que nous abordons dans ce test utilise justement ce genre d’humanoïde, et nous le propulse en plein premier plan d’un jeu d’action loin d’être inconnu au bataillon. En effet, Bleed a connu un sacré succès d’estime, lors de sa sortie sur Xbox 360, en 2012, puis sur Steam en 2013. Quelques années plus tard, et sous l’impulsion de Digerati Distribution (Vertical Drop Heroes HD, The Coma : Recut) voilà que le titre débarque sur Playstation 4. Toujours au goût du jour, alors que la suite est déjà sortie sur PC ?

Histoire : 1/5

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Image issue du Playstation Share.

Il est vrai que le scénario de Bleed n’est clairement pas mis en avant. Mais le jeu s’obstine à vouloir nous raconter une histoire, à développer un minimum Wryn, l’adolescente que le joueur incarne. Pas d’erreur, on fait bien face à ce qu’il est devenu coutume d’appeler une licorne. Et en pleine crise nombriliste, qui plus est. En gros, le monde est devenu un endroit paisible. Mais notre avatar, bien casse-burnes, a envie de prouver qu’elle est la plus grande héroïne de tous les temps. Alors, elle traque les gloires vénérées, afin de les liquider et de prendre leur place, afin de prouver son pouvoir. Et d’être vénérée à son tour. Purée, si ça ne vous fait pas froid dans le dos…

Bien évidemment, on décèle dans Bleed une forte dose d’humour, de second degré. Ne pas le capter serait faire preuve d’une sacrée mauvaise foi. Mais on ne peut pas faire l’impasse sur le fond de cette petite intrigue, qui ramène directement au phénomène Social Justice Warrior qui sévit sur les internets. Paraît-il qu’il faudrait être amusé, voire même compréhensif du cheminement de Wryn. Seulement, elle reste une jeune fille aux cheveux violets, qui cherche à mettre en avant son gigantesque égo, tel un footballeur arborant des baskets différentes de celles de ses coéquipiers. Et tout en se plaignant de celui des autres. Notamment celui d’un antagoniste mâle, qui est évidemment présenté comme un être anxiogène. Parce que lui, son côté mégalo est gênant. Pas celui de l’adolescente aux cheveux violets. N’en jetez plus, c’est insupportable.

Gameplay : 3/5

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Image issue du Playstation Share.

Bleed alterne entre très bonnes sensations, et prise en mains alambiquée. Le jeu se présente comme un mélange de Run And Gun et de Twin Stick Shooter. L’idée est séduisante sur le papier, mais elle se frotte toujours au même souci, récemment rencontré dans Matterfall : l’ergonomie en prend une grosse pichenette derrière l’oreille. Le studio de développement, Bootdisk Revolution, s’est trouvé devant une problématique : comment gérer le saut ? Et la réponse fut aussi évidente que malheureusement handicapante : la gâchette R1. Ce qui provoque des contorsions de doigts un peu fatigantes.

Heureusement, Bleed est parsemé de bonnes idées, qui rattrapent bien le coup. Les trois dashs sont jouissifs quand ils sont maitrisés. D’ailleurs, Bootdisk Revolution a le chic pour mettre en avant le skill, et l’on sent réellement une courbe de progression, même si elle est un peu gênée par l’ergonomie. Les différents niveaux (sept, en tout) apportent un level-design apte à nous pousser dans nos retranchements, du moins si vous optez pour un niveau de difficulté autre que le Facile. Mourir sera monnaie courante, mais la nervosité de l’ensemble fait que l’échec n’est pas vécu comme une barrière à la progression.

Belle feature de Bleed, le bullet time, à déclencher soi-même, vous sauvera les miches à bien des occasions, notamment quand l’écran se remplit considérablement. D’ailleurs on ne peut pas oublier d’aborder l’adversité, tant elle parvient à créer de vraies bonnes embûches. Il faut constamment se donner des priorités, et ne pas prendre à la légère les plus retors des belligérants, qui pourront atteindre une sorte de « super état », lequel décuple leurs capacités. Liquider les ennemis rapporte des points, fait grossir le multiplicateur, et vous pourrez les dépenser en fin de niveau, afin de doter Wryn d’un arsenal de plus en plus convaincant. Du classique certes, mais qui fonctionne sans trop de mal.

Technique et ambiance sonore : 4/5

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Image issue du Playstation Share.

Bleed donne dans le rétro de très belle qualité, notamment grâce à une direction artistique sciemment dépouillée. La gestion des différents plans est assez remarquable, donnant une petite profondeur jamais de refus. D’un point de vue purement technique, le soft se comporte très bien : on n’a pas croisé un seul ralentissement, et l’action à l’écran reste lisible tout du long. Ce qui était loin d’être une évidence. Il se dégage un certain charme de l’ensemble, jusque dans le character-design, qui laisse de bons souvenirs (malgré les cheveux violets, donc).

L’ambiance sonore est, elle aussi, du genre à laisser de bonnes impressions. On reste dans la saveur rétro, et totalement maitrisée. Les différents bruitages sonnent juste, même s’il sont évidemment minimalistes. Quant à la bande originale, elle est signée par Ian Campbell, l’homme qui se cache derrière Bootdisk Revolution. Et son travail joue à fond sur la personnalité du jeu : bonne humeur forcée mais garantie.

Durée de vie : 3/5

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Image issue du Playstation Share.

Bleed n’est pas vendu comme un jeu à la durée de vie conséquent. Son tarif, de 5,99 euros, l’inscrit de suite dans la lignée de ces petits softs, dont on sait par avance qu’ils ne proposeront pas un contenu vertigineux. L’aventure se termine en un peu moins de deux heures, mais le titre a le bon goût de multiplier ce résultat. Les joueurs acharnés seront comblés, car un mode leur permettra de s’arracher les derniers cheveux qu’il leur reste : il faudra boucler le cheminement avec un seule vie. Aussi, un Challenge met en place un combat contre les boss, mais d’une manière un peu spéciale… Enfin, n’oublions pas le mode coop, qui pourra amuser le temps d’une soirée.

Note finale : 11/20

Bleed pèche sur plusieurs points, ce qui lui retire un peu de son charme vidéoludique. L’histoire du jeu est tout bonnement insupportable, fondamentalement. Aussi, la prise en mains connaît quelques complications, principalement à cause du saut, situé sur la gâchette R1, qui provoque de véritable acrobaties avec nos Dual Shock 4. Cependant, on ne peut nier que le soft dégage de bonnes sensation, grâce à level-design efficace, un style visuel maitrisé, et une nervosité bienvenue. Certes, l’expérience n’est pas longue, mais elle n’est pas inintéressante.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
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