article coup de coeur

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
  • Développeur : Square Enix
  • Editeur : Square Enix
  • Date de sortie : 4 septembre 2018
  • Acheter : Cliquez ici

La licence culte accouche d’un nouveau bijou

image square enix dragon quest 11
Prêts pour la grande aventure ?

Peu de licences sont capables de faire battre le cœur des gamers, à tout rompre. Parmi celles-ci, on trouve Dragon Quest, celui par qui le RPG japonais est né, voilà plus de 30 ans, sur Famicom. Depuis, dix autres opus ont fait perdurer ce retentissant succès populaire (et une foule de softs dérivés), jusqu’à devenir un véritable phénomène de société, au Pays du Soleil Levant. Pour donner un ordre de grandeur, sachez qu’on parle là d’une série plus appréciée que Final Fantasy, sur l’archipel nippon. Une aura que l’Europe a découvert il n’y a pas si longtemps que ça, avec la sortie de la huitième itération, en 2006. Avant cela, il fallait se contenter de fantasmer sur les pages glacées des magazines spécialisés, ou croiser les doigts pour que le copain de la récrée, aux parents plus fortunés que les autres, s’en procure un épisode en import. Doux souvenir, nostalgique. Un mot qui va revenir souvent, dans notre test du plus qu’attendu Dragon Quest 11 : Les combattants de la destinée.

Dragon Quest 11 est un RPG japonais. Oui, mais pas n’importe lequel : il porte sur ses épaules le poids de quelques chefs-d’œuvre. On n’aborde pas un DQ comme on le fait pour n’importe quelle autre licence. Ici, on parle d’une série qui a établi ses codes, et ce depuis des dizaines d’années. Bien entendu, tout n’est pas resté figé, loin de là, on a notamment vu arriver un épisode online, inédit en France. Sachez tout de même qu’on va retrouver, ici, bien des éléments que les joueurs attendent de pied ferme. Grande histoire à souffle épique, personnages hauts en couleurs, système de combat parfaitement calibré, direction artistique assurée par le génial Akira Toriyama, musique signée Koichi Sugiyama. Le tout supervisé par celui qui a créé la série : Yuji Horii. Tout ceci pour vous signaler qu’il existe un style Dragon Quest, et que ce onzième opus en est l’un des représentants les plus aboutis.

Un scénario qui évolue sans cesse

image ps4 dragon quest 11
Que serait un Dragon Quest sans ses Gluants, petits et grands ?

On retrouve, dans l’écriture de Dragon Quest 11, des thèmes très typiques de ce que Yuji Horii construit consciencieusement, depuis bien longtemps. Autant vous prévenir de suite : nous n’allons pas rentrer dans les détails de l’histoire. Celle-ci est bien trop sujette aux rebondissements en tous genres, et vous en dévoiler certaines bonnes ficelles signifierait vous gâcher le plaisir de la découverte. Le pitch, lui, fait dans l’efficace. Le joueur incarne un jeune villageois, apparemment sans histoires. Plutôt fluet, avec ses cheveux sibyllins, il part, avec sa grande amie d’enfance, Gemma, pour l’ascension d’un mont, afin de marquer le passage vers l’âge adulte. C’est lors de l’accomplissement de cette tradition que nous allons comprendre que notre avatar a quelque chose de… particulier. Sentiment qui ne fera plus aucun doute quand le chef du patelin nous dévoile qu’on est nul autre que la réincarnation de l’Éclairé, un héros légendaire, capable de pourfendre les menaces des ténèbres. Seulement, cette identité ne sera pas simple à porter, c’est le moins que l’on puisse écrire.

On a tant envie de discuter, avec vous, des innombrables personnages, secondaires ou non, qui pullulent dans Dragon Quest 11. Si le jeu nous emporte avec autant de passion, c’est aussi parce que les protagonistes rencontrés, au-delà du PNJ lambdas, apportent tous leur dose de puissance émotionnelle. Même les lieux traversés, on pense surtout aux villes et villages, sont accompagnés d’une personnalité qui en font, à chaque fois, des découvertes fascinantes. Dans chacun de ces lieux, vous pourrez vous acquitter de quelques quêtes annexes, pas très nombreuses quand on fait le compte, et clairement moins intéressantes que l’intrigue principale. On sent qu’elles ont surtout une utilité pour le gain qu’elles provoquent, pas spécialement pour l’univers, à quelques exceptions près. Dommage, mais au moins on n’est pas noyé par ces aventures à la saveur Fedex.

Un jeu nostalgique, mais aussi plein d’espoir

image dragon quest 11
Des panoramas à couper le souffle.

La licence n’a jamais brillé par la complexité de sa mise en scène. Non, on fait face à une réalisation très humble certes, mais aussi très calibrée, adaptée au trip nostalgique. Attention, cela ne signifie pas pour autant que Dragon Quest 11 ne délivre pas son lot de séquences spectaculaires. Ce serait particulièrement mensonger que de faire penser cela. On constate, par ailleurs, un véritable crescendo dans l’action, qui arrive à un point aussi culminant que surprenant. L’ambiance, elle, donne clairement dans le contemplatif, le souffle épique et le mélancolique. Vous allez éprouver bien des coups de cœur, à la découverte de certains panoramas, bien mis en relief par un effort sur la découverte. Un petit sentier, bucolique mais ordinaire, peut déboucher sur une magnifique prairie, par exemple. On tient là l’un des épisodes les plus touchants de la licence, peut-être celui qui marque la fin d’une époque pour les trois artistes à la tête de la série, si l’on prend leurs âges en considération (et ce même si Yuji Horii a tout récemment déclaré, chez The Verge, qu’il se voyait encore longtemps à la tête de la série). Tristesse donc, mais aussi une sacrée dose d’espoirs bien émouvants. Promis, on n’en écrit pas plus.

Pour venir à bout de Dragon Quest 11, vous devez bien vous douter qu’il va falloir faire chauffer la manette. Batailles, exploration, activités secondaires, vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer. Les fans de la licence le savent : le système de combat au tour par tour est l’une des marques de fabrique de la série. L’esprit de la mécanique n’a pas bougé, et il reste toujours aussi succulent, malgré sa simplicité étonnante. Attaque, défense, magie, utilisation d’un objet, on retrouve les grands classiques, et à cela on ajoute l’apparition de l’état hypertonique. Celui-ci n’est pas anecdotique, loin de là : aléatoirement, les personnages rentrent dans un état second (visuellement, ça évoque Dragon Ball, très clairement), et voient leurs statistiques décuplées pour un certain nombre de tours. Quand plusieurs combattants sont dans cette situation, ils peuvent combiner leur puissance, ce qui résulte sur des effets spectaculaires : impacts dévastateurs, gain d’énergie à long terme, coups critiques favorisés, et d’autres qui se débloqueront au fil de vos niveaux gagnés. C’est particulièrement utile lors des combats contre les boss, qui peuvent alors prendre une toute autre tournure.

Un soft player-friendly

image playstation 4 dragon quest 11
Le cheval, pratique pour couvrir de grandes distances.

Qui dit RPG japonais dit gain d’expérience. Dragon Quest 11 ne tente pas d’échapper à la règle. Si l’on retrouve la fameuse impossibilité d’en savoir plus sur l’avancement de l’évolution, mis à part à l’église, là où il est possible de sauvegarder (sachez que des saves automatiques sont aussi au programme, et très bien positionnées), on a droit à un élément plus surprenant : l’Hexagramme. Des points de compétences nous sont accordés, à chaque niveau gagné. On pourra les dépenser pour débloquer certaines cases, associées à des effets (gain de statistiques, apparition de nouveaux sorts, ou de nouveaux coups) et ce pour chaque personnages. C’est un système qui nous séduit au plus haut point, tant il permet de maîtriser l’évolution du combattant. Et pour les plus indécis, sachez qu’il est possible récupérer tous les points déjà utilisés, et de se relancer dans la construction de son Hexagramme. Pratique, et pensé pour ne pas frustrer les joueurs.

Cette pensée, qu’on pourrait qualifier de player-friendly, traverse l’entièreté de Dragon Quest 11. Le jeu de base n’est pas très difficile, soyez-en averti. Pour les joueurs qui n’en démordent pas et désirent coûte que coûte des obstacles digne niveau hardcore gamer, Square Enix a pensé à embarqué un système de handicap, sous le terme, qui rappellera de doux souvenirs aux fans, de quête draconienne. Par ce biais, il sera possible de s’accorder quelques challenges, comme l’impossibilité de fuir les combats ou de porter des armures. Et puis, si la difficulté est trop accrue, vous pourrez toujours retirer ces règles, honteusement, mais très facilement. Alors certes, ça ne fait que combler un manque de difficulté assez criant, du moins pendant la première partie du jeu, mais ça a le mérite d’exister. Pour notre part, nous pensons que cet épisode se veut moins une épreuve qu’un voyage à vivre. Certes, les boss ne vous pousseront plus vraiment à grinder (combattre pour faire évoluer les statistiques), mais c’est contrebalancé par un rythme moins haché.

Une durée de vie gigantesque

image test dragon quest 11
On reconnaît bien le style Akira Toriyama.

Avec moins de phases de grinding, on s’inquiétait quant à la durée de vie de Dragon Quest 11. Si c’est aussi votre cas, on ne peut que vous rassurer : elle est très, très largement satisfaisante. Le jeu est immense, multiplie les lieux à traverser, mais aussi les activités à y mener. Les nostalgiques pourront se délecter de la recherche des éternelles mini-médailles. Le casino leur ouvrira les bras, notamment pour y perdre beaucoup d’argent dans le très prenant Slurper Jackpot. Des succès internes au jeu, ou titres de gloire, nous poussent à bien tout tenter, et ce même si l’on aurait apprécié plus de transparence sur le nombre de ces défis (on ne connaît pas leur existence, jusqu’à ce qu’on les débloque). Une activité, plus surprenante, consiste en des courses de chevaux. Pas spécialement bien fignolées, elles n’offrent que très peu de sensations. La quête des cibles pour l’ultrarbalète se révèle bien plus rigolote. Dans les environnements, vous pourrez les dénicher, au nombre de cinq par carte. Quand elles ont été détruites, direction le feu de camp afin d’en informer un personnage, qui vous accordera de sacrées récompenses. Pour boucler l’histoire principale, il nous a fallu 70 heures, non sans fureter à droite et à gauche. Mais pour presque tout voir, il a fallu monter à 110 heures de jeu. Titanesque.

Le feu de camp sera aussi l’occasion de faire la connaissance avec un autre gros morceau de Dragon Quest 11 : la transforge. C’est sur cet établi que vous pourrez transformer les matières premières, durement récoltées, en armes, amures et accessoires. Cette mécanique est fascinante : elle permet de justifier la chasse au monstre autrement que par le simple grinding. Mais, surtout, forger est fun ! Pour faire simple, l’objet de votre désir présente plusieurs points à travailler. Sur ces points, une jauge apparaît. Il va falloir frapper jusqu’à atteindre la zone de qualité, et pourquoi pas en visant le trait parfait, qui s’accompagne d’un petit bruitage hyper gratifiant. L’intérêt se constate dans les attributs de l’arme, qui peut gagner jusqu’à trois points en plus. Bien entendu, une épée bas de gamme sera aisée à fabriquer, contrairement à une lame beaucoup plus imposante. La difficulté est liée à un barème à base d’étoiles, et nous vous conseillons de bien attendre que votre personnage évolue. Car plus les niveaux passent, plus vous gagnez en concentration, donc en possibilité de travailler la matière. De nouveaux coups de transformarteau apparaissent, histoire de gagner en précision, en force, ou même afin d’augmenter la température de la transforge. Car si elle chute à zéro, c’est l’échec assuré. Et ce n’est pas terminé ! En réussissant son chef-d’œuvre, le joueur gagne des perles du perfectionniste, à utiliser pour retravailler les pièces d’équipement, et ce dans le but d’améliorer les statistiques. On a passé beaucoup de temps à cette tâche, bluffante en tous points, très agréable à maitriser.

Musicalement, plusieurs tons en-dessous…

Beaucoup de choses à faire donc, et sachez que l’exploration se veut plus agréable que dans la version japonaise. En débarquant en Occident, Dragon Quest 11 gagne, lui aussi, un level. La quête draconienne figure parmi ces améliorations. On sera aussi très satisfait de l’apparition du sprint, qui rend l’exploration bien plus savoureuse, moins lente. Aussi, il ne faut surtout pas passer à côté de l’intérêt de la nouvelle vue à la première personne, uniquement quand le personnage est à l’arrêt. Cela sert évidemment à bien déguster les magnifiques panoramas, mais aussi à localiser les points lumineux (synonymes d’objets à ramasser), ou les cibles pour l’ultrarbalète. On peut aussi féliciter Square Enix pour avoir retravaillé les menus, qui s’avèrent parfaitement lisibles, même si un peu décousus dans l’esprit. Le journal des quêtes et l’Hexagramme se retrouvent dans le menu Divers, par exemple, ce qui n’est pas des plus pertinents.

Quant à l’aspect purement technique, il sera sujet à débat. Sur PlayStation 4 non Pro, on constate du clipping, et un petit flou, pas gênant mais notable. Mais bon, là on est tatillon. Car côté graphismes, Dragon Quest 11 ne peut que se juger sur l’impression globale qu’il donne, et pas le fait qu’une ou deux textures sont moins bonnes que d’autres. Une fois n’est pas coutume, la direction artistique fait la réussite visuelle de ce genre de soft, et celle de ce titre est tout bonnement exceptionnelle. Les modèles 3D sont enchanteurs, les décors nous transportent dans un monde plein de charme. Le tout de manière assez fluide, malgré une ou deux chutes de framerate ici ou là, sans grande importance. Le critère sonore est plus problématique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le jeu rate la note presque parfaite. Les voix anglaises sont au mieux passables, au pire assez gênantes. Heureusement, il est possible d’en baisser le volume, dans les options. Quant aux musiques de Koichi Sugiyama, elles sont globalement parmi les moins inspirées qu’il ait pu composer. Surtout, les thèmes sont trop peu nombreux. Pas de quoi vous gâcher l’expérience, mais un vrai regret.

Note : 18/20

Dragon Quest 11 atteint le niveau de qualité requis afin d’être considéré comme un excellent DQ. Véritable plaidoyer pour le RPG japonais à l’ancienne, le jeu se veut nostalgique, tout autant dans son histoire que son gameplay. Sans qu’on ne puisse aller plus loin dans la description du scénario, sachez qu’il prend son envol après un début très classique, opérant un virage pour le moins dramatique, et même mélancolique. Un très beau récit donc, initiatique et passionnant, doublé d’un soft aux mécaniques parfaitement huilées. On regrettera une difficulté à la baisse par rapport aux précédents volets, même s’il est possible de se lancer dans la quête draconienne, afin de relever le challenge. Surtout, la bande originale n’est que peu satisfaisante, en qualité et en densité. Pas de quoi faire oublier les plus de cent heures passées à Elréa, univers fascinant d’un jeu qui l’est tout autant.

9/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *