[Test] Metal Max Xeno : des tanks et des Hommes

Caractéristiques

    • PlayStation 4
  • Développeur : Kadokawa Games
  • Editeur : NIS America
  • Date de sortie : 28 septembre 2018
  • Acheter : Cliquez ici

Un RPG qui confine au kusogé sympathique

image jeu metal max xeno
Distokio vous tend les bras.

On va faire un peu original pour ce début de test, et remercier un acteur de premier ordre, qui œuvre pour la sortie occidentale d’obscurs jeux japonais. Koch Media, distributeur et éditeur, est une véritable aubaine pour nous autres gamers curieux. Mieux : un indispensable du secteur, par qui la diversité vidéoludique a encore le droit d’exister, malgré la domination financière de certaines productions américaines. Grâce à Koch, et pour rester sur cette unique fin d’année, on peut (enfin) jouer à 428 Shibuya Scramble, dont on vous causera très bientôt. Grâce à Koch, Labyrinth of Refrain : Cove of Dusk, le nouveau soft des créateurs de Disgaea, a droit à une sortie française digne de ce nom, tout sous-titré en français. Grâce à Koch, la licence Metal Max débarque sous nos latitudes…

Quelques années en arrière, Metal Max Xeno aurait été ce genre de titre qui ne se serait découvert que par le biais de l’import. Rappelons quelques faits. En comptant ce dernier opus, la série Metal Max compte dix itérations, presque toutes sorties exclusivement au Japon (le tout premier opus a eu droit à une parution aux États-Unis). Passée chez plusieurs studios (Data East, Success, ça ne nous rajeunit pas), la licence est désormais prise en charge par Kadokawa Games, que l’on connaît notamment pour le Dungeon-RPG Demon Gaze 2. Tous les épisodes ont un point commun : ils ont été réalisés par Hiroshi Miyaoka, ami de longue date Yuji Horii, le créateur de Dragon Quest. De jeu de rôle nippon, il en est question aussi pour le jeu ici abordé, dans une ambiance post-apocalyptique et, nous allons le voir, une vision jusqu’au-boutiste malgré des restrictions techniques sévères.

Avant toute chose, sachez qu’il ne nous est pas paru indispensable d’avoir parcouru les précédents opus afin de comprendre l’histoire de Metal Max Xeno. On a mené quelques recherches, et l’on retrouve quelques éléments en commun, comme le pétage de plomb de NOA, sorte de Skynet de cet univers. Tout est bien relaté pendant le cours du jeu : les étapes qui ont mené à la grande catastrophe, mais aussi la défaite de ce super-cerveau d’acier, laquelle a engendré le soulèvement des SoNs, ennemis particulièrement coriaces. L’histoire prend place cent ans après la « Great Annihilation », sur les terres d’un Tokyo devenu Distokio, un vaste désert d’où surgissent les ruines de l’ancienne capitale. Le joueur incarne un jeune homme, Talis, que vous pourrez renommer à votre convenance. Sa particularité ? Un mystérieux bras mécanique, et une furieuse envie d’en découdre avec les monstres, qu’il tient pour responsable de la mort violente de sa mère. Ce qui n’est pas faux. Et pour mener à bien sa vengeance, il peut compter sur les vestiges armés du passé : les tanks.

L’histoire se révèle séduisante

image gameplay metal max xeno
Il faudra explorer pour trouver des objets de qualité.

Par la suite, Metal Max Xeno se développe avec un certain charme. L’écriture est plutôt efficace, elle fabrique un univers désolé, voire désespéré. On pourra ressentir un chouïa des émotions contenues dans NieR Automata, en ce sens que l’humanité a presque chutée. Si la comparaison s’arrête là, tant le final distille un minimum d’espoir pour notre espèce, on retrouve bien ce rapport à ce que l’on peut perdre. Entre le début et la conclusion, l’adversité prend forme, avec le gigantesque Catastropus, antagoniste idéal pour rehausser un cheminement parfois trop évident. Rechercher des survivants, c’est bien, mais il en faut plus pour tenir le joueur réellement éveillé. Ainsi, la deuxième partie se veut plus intéressante, moins axée sur les personnages. Ceux-ci, d’ailleurs, virent allégrement dans les clichés du RPG japonais, mais avec quelques petites particularités. Par exemple, réunir ces femmes et hommes, cela pose aussi la question de la reproduction, ce qui emmène un peu d’humour certes bas de plafond, mais tout de même rigolard. Un peu de débordements sexy ? Non, rien de folichon (mis à part dans la représentation d’un protagoniste féminin), plutôt quelques amourettes pensées pour émouvoir le nerd en mal d’histoires romantiques.

L’univers de Metal Max Xeno peut largement se défendre, c’est moins le cas de la narration. Ici, on commence à toucher le cœur du problème : le jeu est techniquement aux fraises, et cela se répercute sur la mise en scène des cutsenes. Celle-ci est plate au possible, voire carrément embarrassante quand les personnages se prennent d’une soudaine envie de mouvement. Le moteur du jeu nous rappelle les grandes années de la PlayStation 2, en un chouïa plus propre tout de même, et l’expression figée des différents protagonistes nous renvoie près de quinze ans en arrière. En fait, la meilleure méthode, pour nous raconter ce monde post-apocalyptique, est encore de laisser faire la magie des livres et autres entrées de codex. C’est un constat regrettable, espérons que Kadokawa Games aura, à l’avenir, un peu plus de moyens pour réussir des séquences narratives mieux fournies.

Metal Max Xeno est un RPG guerrier. On y retrouve les principales mamelles du genre : l’évolution de la force des personnages en gagnant de l’expérience, les combats au tour par tour, la motivation du meilleur équipement pour gâter l’exploration. On ne va pas passer par quatre chemins : tout y est, mais jamais de manière très originale. Si vous êtes en recherche de la feature qui sort de l’ordinaire, c’est évidemment vers la gestion des chars qu’il faut se diriger. Ils sont personnalisables, dans le sens où il est possible, et même primordial, de récupérer des éléments pour les faire évoluer. De meilleurs canons, mitraillettes, lasers, mais aussi des moteurs plus costauds seront indispensables afin de ne pas se faire exploser par la moindre fourmi mutante. Car vos déambulations dans le désert de Distokio seront l’occasion de faire parler la poudre, d’une manière assez ingénieuse. Les ennemis apparaissent sur le terrain, et le joueur peut choisir de lancer le combat en balançant une salve préventive. Si celle-ci est assez puissante, l’expérience se glane de suite, avec même un joli bonus à la clé. Dans le cas contraire, le tour par tour reprend ses droits, avec ce qu’il faut de choix dans les actions. Ainsi, l’évolution se fait assez rapidement, ce qui n’est pas un mal dans le cas présent.

Techniquement très limité

image metal max xeno
Les combats au tour par tour ne sont pas très originaux.

On a signalé plusieurs types d’armes, et ceux-ci sont importants. Metal Max Xeno vous demandera de gérer vos munitions, à l’exception de certains flingues utilisables à volonté. Pour recharger, il suffit de se rendre à la Iron Base, là où ce qui reste d’humanité a pris refuge. Ne vous en faites pas, Kadokawa Games a opté pour un système de voyage rapide hyper simple, qui demande au joueur de découvrir des repères précis, atteignables à tout instant. Le soft est accompagné d’une véritable philosophie de gameplay : pas de mécaniques trop exigeantes. Et c’est bien vu, tant les différentes activités peuvent s’avérer rébarbatives. On pensera à la récupération du contenu des coffres, qui nous pousse à parcourir la map de manière superficielle. La construction d’armes pour le tank est, elle, assujettie à deux éléments : le loot et la progression du niveau de technologie de la base. Ces deux piliers poussent à un farming fréquent. Pas très moderne dans la forme, mais ça parlera aux joueurs qui ont pu apprécier les RPG d’anciennes générations de consoles.

Il faut bien s’entendre sur un point : Metal Max Xeno a tout d’un kusogé, ces mauvais jeux japonais parfois si relâchés dans leur délire qu’ils en deviennent sympathiques. On pense évidemment aux licences Earth Defense Force, OneChanbara et autres nanars cosmiques pas piqués des hannetons. De vrais plaisirs de joueurs qui ont un peu de temps devant eux, et qui supportent l’idée de devoir se familiariser à un gameplay assez plat pour, au final, vivre une expérience pour le moins spéciale. Ici, c’est totalement le cas. On passera par des moments d’incompréhension, des segments ratés, pourtant il se dégage un certain charme. Les phases à pied, en dehors des tanks, se révèlent grotesques, l’exploration des différentes cavernes est une souffrance, autant dans les sensations au pad que dans l’environnement visuel, pourtant on prend le pli. Sans doute grâce à l’intérêt du scénario, mais aussi parce qu’on sent une certaine progression. Et, peut-être bien, car on se demande bien ce que les développeurs vont nous réserver d’encore plus « whatthefuckesque ».

Metal Max Xeno a le bon goût de ne pas trainer en longueur. Le jeu demande une certaine implication, mais pas abusée en terme d’heures de jeu. Pour voir la fin de l’histoire, il vous faudra une bonne quinzaine d’heures. Signalons que le soft inclus un New Game Plus à deux possibilités : soit vous repartez pour un tour complet, avec l’expérience et l’armement de votre ancienne partie, soit l’histoire sera totalement mise de côté, et toujours avec votre niveau de fin de récit. Enfin, il nous faut rentrer plus en détails dans la partie technique, véritable point noir du titre. C’est un jeu visuellement daté qui nous fait face, avec des textures impensables, et une distance d’affichage saugrenue. Même avec ce constat, on observe des baisses de framerate, notamment à l’intérieur de la base, pourtant incroyablement vide. Au Japon, le soft est aussi sorti sur PlayStation Vita, ceci explique sûrement cela, mais même sur la portable de Sony on imagine que cela ne devait pas s’avérer satisfaisant. Enfin, la musique, composée par Satoshi Kadokura (qu s’occupe de la licence depuis son commencement), pourra se laisser écouter, même si l’on aurait voulu encore plus de cohérence avec l’univers déployé. Un peu trop de piano à notre goût, alors que les moments plus éthérés fonctionnent bien.

Note : 12/20

Difficile de noter un kusogé sympathique. Il est évident que le public en recherche de softs techniquement irréprochables, au gameplay chiadé dans tous les recoins, peuvent voire le constat à la baisse. Cependant, ils passeront à côté d’un titre pas dénué d’intérêt. On se prend à vagabonder dans cet univers, à la recherche d’un meilleur armement, ou pour faire progresser un récit qui mérite qu’on s’y attarde. Le tout est saupoudré à la pelle d’éléments nanardisants, il n’est pas question de le nier. Une expérience certes hors du commun, au-delà de la recherche de la perfection vidéoludique, mais qui offre une certaine saveur récréative, typiquement japonaise.

6/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *