article coup de coeur

[Test] Earth Defense Force 5 : du fun à l’état pur

Caractéristiques

    • PlayStation 4
  • Développeur : Sandlot
  • Editeur : D3 Publisher
  • Date de sortie : 11 décembre 2018
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Le défouloir à son paroxysme

image jeu earth defense force 5
Une action toujours aussi folle !

Il faisait partie de nos jeux les plus attendus de 2018 : Earth Defense Force 5 est enfin disponible en Occident. À la lecture de ces quelques premiers mots, il est possible que certains d’entre vous fassent les gros yeux. Comment cette licence, finalement peu connue au-delà d’un cercle de fous furieux, peut côtoyer Red Dead Redemption 2, God of War ou Dragon Quest 11 ? C’est très simple : sur la base d’un passif certes un peu obscur, mais très solide. La série, EDF pour les intimes, en est à sa huitième itération, et sa recette ne cesse de se bonifier. Cette vérité se prolonge-t-elle avec ce cinquième opus ? Un indice ? EDF EDF !

Earth Defense Force 5, distribué uniquement de manière numérique en Occident, s’inscrit dans la volonté de faire table rase des scénarios jusqu’ici déployés. Une nouvelle continuité semble se dessiner ici, ce qui se traduit par un récit peut-être un chouïa décevant. Non par sa tonalité toujours aussi bis et décomplexée, mais dans le sens où certains passages se bornent à revisiter ce qu’on a pu vivre dans Earth Defense Force 4.1. Rien de bien grave, tant on prend plaisir à suivre ce récit issu d’un imaginaire de science-fiction sauce nanar, et ce dès la prise de contrôle de notre avatar. Celui-ci, une toute nouvelle recrue, va participer à une guerre totale contre des monstres gigantesques, venus d’une autre planète, et pas avec les meilleures attentions. Rassurez-vous, votre représentant à l’écran sera tout à fait capable de venir à bout de véritables vagues de monstres, dans des effusions savoureuses de munitions, de membres arrachés, et de liquides colorés.

Un scénario qui sent bon le nanar SF

image sandlot earth defense force 5
Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir…

Un peu de redite dans le scénario, mais attendez : Eart Defense Force 5 constitue, pour nous, un indispensable. Tout d’abord, l’ambiance qui s’en dégage reste fascinante, d’un bout à l’autre. C’est bourré d’un humour très référentiel, et les missions sont habitées de soldats aux forces over the top. Ce qui ne les empêchera pas de se faire dévorer, mais pas sans panache. Un héroïsme poussé à son paroxysme, dans un ridicule totalement assumé et maitrisé. On aura un seul véritable regret : l’absence de sous-titres en français (en l’occurrence, l’entièreté est en anglais), que ce soit dans les menus ou en cours de niveau. Aussi, on suppose que le budget, assez bas, ne permettait pas la présence d’une quelconque cinématique.

Les missions, justement, abordons-les en même temps que le gameplay. Le cheminement proposé par Earth Defense Force 5 se divise en opérations. Très nombreuses, plus d’une centaine que ce soit en solo ou en multijoueur, elles s’apparentent à des assauts jusqu’à ce que le camp adverse soit pulvérisé. Mais l’animation change constamment. Vous pourrez tout autant plonger dans un sous-terrain, afin de détruire des téléporteurs ennemis, que faire face à un immense monstre à la Godzilla, ou kaiju pour être plus précis. Pour ce faire, votre avatar transporte deux pétoires, et un modificateur. En gros, vous pourrez embarquer un automatique ou un fusil, ainsi qu’une arme de destruction plus massive, comme un lance-grenade ou un bazooka. Le troisième objet emporté pourra soit modifier certaines capacités de la recrue, ou lui permettre d’invoquer un véhicule. C’est à votre convenance : préférez-vous courir plus vite, mieux looter, ou avoir accès à un tank ?

Quelques améliorations de gameplay bienvenues

image playstation 4 earth defense force 5
Le système de loot a été revu. Alors, tuez-les tous !

Earth Defense Force 5 renoue avec l’excellente maniabilité de l’avatar, telle qu’on la connaissait dans le précédent épisode. Mais Sandlot a apporté quelques nouveautés qui perfectionnent encore ce déjà très bon résultat. Informons, ci, qu’on retrouve les quatre classes classiques : Ranger, Wing Diver, Air Rider et Fencer. Le premier peut désormais sprinter, ce qui nous facilite grandement la collecte du loot, ou le déplacement au sein des environnements. La seconde est, elle aussi, la cible d’une nouvelle accélération, mais uniquement dans les airs. Les deux dernières restent les mêmes qu’auparavant. On gagne, donc, en mobilité, en plaisir de se déplacer, mais aussi d’évoluer. Car l’autre gros apport, c’est celui d’un loot plus intéressant qu’auparavant. On garde le principe : défoncer de la fourmi géante provoque l’apparition d’une caisse, dont les types sont au nombre de quatre. Deux apportent des effets en fin de niveau, et deux autres rendent de l’énergie de manière immédiate. Les boîtes rouges provoquent une évolution de nos points de vie, et les vertes contiennent des armes. On se souvient que, dans les précédentes itérations, ces bonus s’appliquaient uniquement à la classe en cours de manipulation. Cette limite est désormais de l’histoire ancienne : le tableau de fin de stage indique des points de vie en direction de toutes, mais à des degrés moindres. Si vous jouez un Ranger, un Fencer verra aussi son énergie progresser, mais bien plus lentement. Pareil pour l’attirail. Cela permet au jeu d’être toujours récompensant, ce qui s’avère une bonne idée.

Le gameplay se bonifie encore, tout comme le casting des monstres. Earth Defence Force 5 est l’épisode le plus généreux à ce jour. Vous pourrez toujours défourailler les habituelles espèces Alphas (les fourmis, grises ou rouges), des drones, des araignées gigantesques, des vaisseaux spatiaux, ou encore d’immenses tripodes. Des nouveaux venus viennent changer la donne. On pensera aux crapauds bipèdes, des colosses armés de fusils qui tentent de se planquer entre les immeubles. Clairement, il s’agit d’une version améliorée des anciens Hectors, ces robots imposants désormais absents. Les puristes, qui ont pratiqué l’épisode Global Defence Force, verront en l’espèce Gamma, sorte de cloportes grands comme des éléphants et dévalant des kilomètres en boule, un petit clin d’œil aux Gilios, mais en version beaucoup plus hargneuse. Enfin, et sans rentrer dans les détails histoire de vous en laisser la surprise, vous aurez droit à du sacré kaiju. On ne vous en dit pas plus, mais la mission 100 va vous rendre maboule.

Une durée de vie tout simplement gigantesque

image kaiju earth defense force 5
Les fans de kaijus seront aux anges.

On l’a écrit plus haut, Earth Defense Force 5 est l’épisode le plus copieux de la série. Si vous êtes du genre à compléter à 100% vos jeux, alors soyez sûrs de vous lancer dans un trip qui se compte en plusieurs centaines d’heures. Le soft est fait pour rendre fou celles et ceux qui apprécient de pousser à bout leurs expériences. Toutes les armes sont évolutives : si vous lootez un flingue que vous possédez déjà, cela renforce ses capacités, jusqu’à un certain seuil à atteindre. Une fois que la qualité de la pétoire est maximisée, une étoile apparaît à ses côtés. Il faudra mettre de côté sa vie sociale pour toutes les obtenir. Aussi, les missions sont très nombreuses, et ne pensez pas les effectuer uniquement en Easy. Si vous voulez atteindre le 100%, il est nécessaire de tout refaire en Hardest, un mode qui ajoute des dommages collatéraux (attention à vos coéquipiers, donc) et augmente les dégâts à votre encontre. Et ce n’est pas tout, après c’est le mode Inferno qui vous tend ses cruels bras. Là, chaque attaque ennemie peut s’avérer sinon fatale, très critique. Et ceci sans compter le multijoueur, online jusqu’à quatre, et en local, à deux en écran splitté. On vous l’assure : vous allez passer du temps sur ce jeu, et avec un grand plaisir.

Earth Defense Force 5 se situe, techniquement, dans la droite lignée de l’épisode 4.1. Sachez, donc, que les textures sont à peine digne d’une PlayStation Vita, et que le framerate chute parfois drastiquement. Mais ces imperfections font partie intégrante du délire. Si le prochain épisode, Iron Rain, annoncé depuis le TGS 2017, semble vouloir franchir un cap de ce côté, on ne peut qu’émettre un léger doute quant à cette décision. La personnalité d’EDF, c’est le nanar vidéoludique, mais bien trop bon en terme de plaisir de jeu pour être considéré comme un kusoge. On verra bien, et revenons au jeu testé. Il embarque de nouvelles conditions climatiques. Bon, cela ne marquera personne : on a droit à deux ou trois niveaux avec un sol recouvert de neige, sans la moindre trace d’impact sur le gameplay. Pareil pour la pluie. Le brouillard, lui, apporte quand même une petite difficulté dans l’observation, et c’est réussit. On doit aussi noter le déversement de fluide, provoqué par les blessures des montres. C’est mauve, vert, marron, ça recouvre les bâtiments, on se croirait en plein match de Splatoon, par moment. Grand-guignolesque, mais tout à fait dans l’ambiance. Enfin, comment passer à côté de la mémorable bande originale du titre ? Jun Fukuda (Infinite Space) et Masafumi Takada (Danganronpa V3 : Killing Harmony) rendent une excellente copie, blindée de sonorités typiques de la science-fiction des années 1950-1960. Mais pas que. Certains morceaux utilisent une voix lancinante, et le tout imprime un sacré rythme à l’action.

Note : 16/20

Earth Defense Force 5 n’a pas la technique d’un titre AAA, mais il contient plus d’audaces que certains de ces softs. Les habitués de la série, ces joueurs clairvoyants, retrouveront une recette bien installée. Peut-être pourront-ils ressentir un chouïa de déception quant à certaines parties du scénario, qui revisitent certains passages vécus dans les précédents opus. Mais cette impression ne fait pas le poids face au fun colossal qui se déverse de chaque mission du titre de Sandlot. On pourra aussi compter sur quelques nouveautés de gameplay plutôt bien pensées, ainsi qu’un bestiaire généreux. Si vous chercher un gros défouloir, amusant à maitriser, bourré de références à la culture SF nipponne (et occidentale), ne le cherchez plus : Earth Defense Force 5 est le jeu à ne pas louper.

8/10

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