article coup de coeur

[Critique] Persona 5 : Artbook Officiel – Mana Books

Caractéristiques

  • Auteur : Collectif
  • Editeur : Mana Books
  • Date de sortie en librairies : 21 mars 2019
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 512
  • Prix : 39,90€
  • Acheter : Cliquez ici

Un ouvrage vertigineux, à posséder d’urgence

Régulièrement, nous abordons l’actualité des artbooks dédiés à des licences vidéoludiques, ce qui nous emmène obligatoirement vers Mana Books. On ne soulignera jamais assez l’excellence du travail effectué par cette maison d’édition, laquelle a su régaler les gamers passionnés avec, par exemple, Bloodborne : Artbook Officiel ou Art of Mana. Des sorties à chaque fois très soignées, en français dans les textes, et toujours formellement nickelle. Cette introduction d’article rend hommage à cette bien belle boîte, car c’est toute la culture jeu vidéo qu’elle parvient à hisser vers le haut. Et ce n’est pas avec Persona 5 : Artbook Officiel que cet état de fait va changer.

Nous sommes certes en 2019, quelques années après l’énorme et surprenant succès populaire de Persona 5, mais tout de même : votre humble serviteur se pince encore pour vérifier qu’il ne rêve pas. Notre génération de trentenaire a passé sa jeunesse à fantasmer sur ce genre d’ouvrages, dans des magasins spécialisés qui les importaient directement du Japon. Le prix était inabordable, et bien entendu les textes en japonais faisaient fuir les parents. Aujourd’hui, on voit débarquer cet énorme bouquin (512 pages, cette édition ne se fiche pas de vous) chez des revendeurs classiques, presque innocemment. Cela ne l’est pas, il faut garder à l’esprit que la parution de Persona 5 : Artbook Officiel est un véritable événement.

La licence Persona (on ne compte pas les Shin Megami Tensei), et tous ses dérivés, n’ont pas toujours été reconnus à leur juste valeur, en Occident. Bon, entre nous, on continue de préférer le troisième opus (que l’on a abordé sous forme de manga, là aussi aux éditions Mana Books) au cinquième, plus surprenant et séminal, mais là n’est pas la question : cette série de RPG japonais est pour le moins atypique. On ne rentrera pas trop dans les détails, cela demanderait carrément un dossier dédié. Mais entre les thèmes psychanalytiques jungiens, l’excellence du gameplay, les musiques délicieuses de Shoji Meguro et, ce qui nous intéresse ici, les illustrations carrément devenues cultes de Shigenori Soejima, il est facile de comprendre l’aura que dégage la licence. Quand on tient Persona 5 : Artbook Officiel, ce bon gros pavé (210 x  297, très beau bébé), c’est toute cette passion qui nous envahie : tant de matière ne peut qu’être le fruit d’une union entre un travail acharné, et un intérêt public potentiellement de grande ampleur.

Le magnifique travail de Soejima enfin traité à sa juste valeur

Encore fallait-il que Persona 5 : Artbook Officiel tienne ses promesses. On a commencé à apporter un éclairage positif : oui, il y a de l’illustration. Beaucoup, énormément. Artworks, croquis de préparation, rendus de décors, de menus : ça fourmille de matière. Mais ce qui frappe en premier, et de manière assez percutante, c’est l’esprit qui a animé Mana Books : l’ouvrage est en tous points semblable à l’édition japonaise, sorti chez Kadokawa. Oui, on a vérifié sur pièce. Les commentaires sont tous là, parfaitement traduits dans la langue de Molière. Les passionnés sont donc chouchoutés au possible, et ce dès l’agencement de l’ouvrage. Le sommaire se veut limpide, avec quatre grand chapitres : Personnages principaux, Personnages secondaires (cette partie étant divisée en sous-chapitres : Confidents, Boss, Autres), L’univers de Persona 5 et Entretien avec Shigenori Soejima. Clair, efficace, tout autant que la maquette, proprement hallucinante tant elle traduit à la perfection l’ambiance du jeu.

Prenons un exemple, afin de décrire au mieux le plaisir ressenti en naviguant dans Persona 5 : Artbook Officiel. Car si l’on se contente de vous informer sur la précision de l’ensemble, vous ne pourrez capter à quel point cette affirmation est justifiée. Direction la page 266, où l’on retrouve ce bon vieil Igor, personnage récurrent et mystérieux de la licence. On retrouve en quelques ligne une description précise. L’acteur de la voix japonaise est informé. On a droit aux gros plans et à l’écran de confident, qui se retrouvent en jeu. Puis, on a droit à un commentaire du créateur, où l’on apprend notamment que celui-ci a tenté de retoucher un chouïa le design d’origine. D’autres protagonistes, comme les jumelles Justine et Caroline, ont droit à un croquis préparatoire et d’autres détails, comme leur invocation Persona ou leur coup de grâce, ainsi qu’une grosse dose de portraits. Voilà de quoi rassasier n’importe quel gamer en recherche d’un trip complétiste.

Tout au long de Persona 5 : Artbook Officiel, on se fait cette réflexion : si le jeu est une telle réussite visuelle, c’est clairement grâce à tous ces travaux. C’est aussi vrai quand on aborde le chapitre de l’univers, au sein duquel on retrouve tout autant les décors traversés (sous forme de rendus ou de dessins) que les accessoires, et autres contenus (cartes de tarot, les fameux tags du tableau noir). On a même le plaisir de pouvoir retrouver, sur deux pages, le travail sur les polices et logos, si classes tout au long du jeu. Tout y est abordé, et même les différents contenus téléchargeables, c’est dire ! Enfin, quatre pages d’entretiens avec Shigenori Soejima bouclent le voyage. Étonnamment, l’artiste est assez loquace, revient sur son sens de l’esthétisme décalé, ou encore sur sa frayeur au moment d’enchainer avec l’après-Persona 4. Voilà qui termine de nous charmer, et de nous faire écrire une évidence : cet ouvrage sensationnel est un must-have.

9/10

Réactions (3)

  1. Cet ouvrage contient tellement de superbes illustrations !!! Je n’ai vraiment pas regretté mon achat <3

  2. Hahaha, content de voir que je ne suis pas le seul à préférer le 3 !

    Malgré tout, le 5 aura réussi à voler mon cœur, et à me faire découvrir la série 😛

    1. Persona 5 reste un RPG japonais exceptionnel ^^
      Le 3 me parait moins… comment dire… plus pur dans son fond. Je suis moins fan du traitement par le sociétal du 5, même si les personnages restent tout à fait attachants.

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