[Critique] Tout ce qui me reste de la révolution : film lourd pour dépressifs

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Judith Davis
  • Avec : Judith Davis, Malik Zidi, Claire Dumas, Simon Bakhouche, Mélanie Bestel
  • Distributeur : UFO Distribution
  • Genre : Comédie
  • Nationalité : Frace
  • Durée : 88 minutes
  • Date de sortie : 6 février 2019

Le Retour des Soixante-huitard

image judith davis tout ce qu'il me reste de la revolution
Elle ne croit pas si bien dire…

Tout ce qui me reste de la révolution s’apparentant d’avantage à un film militant qu’à un véritable moment de cinéma, il est donc pour le moins utile de situer son contexte idéologique. Le mouvement soixante-huitard représente certainement un des virages sociaux et idéologiques parmi les plus marquants en France du vingtième siècle, non pour la durée de son existence propre (sa phase nihiliste post 68 s’achève vers 1974), mais plutôt pour les nombreuses conséquences qui ont suivi fatalement. Composé pour l’essentiel d’étudiants (dont les revendications furent souvent contradictoires), le mouvement mélangeait aspirations hédonistes, libertaires et bolchéviques d’avant-garde, qui s’employaient à fusionner pour conduire à des avancées sociales, utopistes et progressistes. Quand on voit aujourd’hui Tout ce qui me reste de la révolution, on est en droit de se demander si quelque chose n’a pas complètement foiré en cours de route.

Une révolution en carton

Complètement influencé par le féminisme et des courants écologistes, le mouvement soixante-huitard devient progressivement l’incarnation d’une nouvelle gauche culturelle qui ne cessera de se déchirer sur son héritage. Génération hédoniste et égoïste pour certains, car ayant vécu durant le baby-boom, pilier de l’émancipation culturelle pour ceux qui l’ont vécu, voire trahison pour certains qui l’ont abandonné aux profits de la société de consommation, personne ne s’accorde vraiment sur le sujet. Et, malheureusement, en lieu et place d’un long métrage qui pourrait devenir intéressant en essayant de nous aider à décortiquer tout cela, nous avons un Tout ce qui me reste de la révolution mollasson doté d’une réalisation à la limite du documentaire avec des personnages tous caricaturaux, à commencer par la réalisatrice Judith Davis, également actrice principale découverte dans le film Jacquou le Croquant en 2007.

Les spectres de la révolution

L’héroïne, Angèle, héritière de la philosophie de mai 68 et fondatrice d’un groupe de réflexion peu concluant, fait graviter autour d’elle une galerie de portraits sans consistance, qui n’ont d’autres buts que d’essayer de nous faire croire qu’ils forment les composants d’une société malade, seule responsable de tous leurs maux, poussant la victimisation et le déni à outrance. Que ce soit sa meilleure amie sculptrice, laquelle rame à vendre des œuvres, sa sœur qui a trahi la cause en épousant un homme représentant le capitalisme forcené (amusant, compte tenu du fait que le mouvement a plus contribué à ouvrir la porte au consumérisme qu’à la fermer), ou son père, vieux soixante-huitard devenu nostalgique et à moitié gaga. N’oublions pas sa mère, laquelle constitue le (très) ténu lien scénaristique censé équilibrer Tout ce qui me reste de la révolution, qui n’a au final pas grand chose à raconter. Sans oublier, bien sûr, le prof à tête et discours de faiblard, fou amoureux de l’héroïne (on sait pas trop pourquoi), dont l’utilité scénaristique se limite à incarner l’espoir d’un avenir pour Angèle, enfin libérée de ses démons et d’un héritage qui date quand même maintenant de plus de cinquante ans.

Ce qui reste de la révolution…

Au final, et l’on s’en doutait, Tout ce qui me reste de la révolution se termine sur cette fameuse note heureuse, en passant par une réunion de famille chaotique où le mari de la sœur craque d’une façon incompréhensible, sans doute une manière maladroite de montrer que les capitalistes ne sont pas heureux non plus. En vérité, les personnages du film sont tous bons pour une thérapie de groupe, plutôt qu’un dialogue social et devraient à l’instar de leurs incarnations réelles, se demander si leur mal-être n’est pas en réalité le fruit de leurs propres travers. Ou, pour certains, le sentiment de s’être fait déposséder d’un mouvement dont l’idéologie a toujours été manipulée par des soutiens comme Daniel Cohn-Bendit. À ce titre, ne pas noter qu’avoir ce genre d’individus dans son camp soit problématique, ne peut que confirmer que vous vous êtes trompés en cours de route, ou que vous avez vous-même de graves problèmes de stabilité mentale. Auquel cas, vous vous identifierez sans mal aux personnages de Tout ce qui me reste de la révolution.

1/10

Réactions (2)

  1. Il est également légitime de se demander si VOUS n’êtes pas vous-même un “lourd dépressif”, mentalement instable et consumériste dans l’âme avec un tel billet ! Les personnages sont creux c’est vrai, leur psychologie pas suffisamment élaborée et donc anecdotique, mais vous passez complètement à côté de l’intention pour, sans doute, vous adonner à votre sport favori : le dénigrement gratuit. Finalement, vous ne faites pas mieux que la réalisatrice… critique intéressante mais maladroite et qui manque par conséquent d’envergure. 1 partout !

    1. A la lecture de vot’ commentaire, je n’ai qu’une seule réponse qui me vient instantanément à l’esprit : LOL.

      Vous reconnaissez que :
      – les personnages sont creux, ok.
      – leur psychologie n’est pas suffisamment élaborée, ok.
      – que ça en devient “anecdotique”, ok.
      Et après, vous me parlez d’intention ? Mais franchement qu’est-ce qu’on s’en branle !!! Si tout est naze et que l’intention était de faire bien, cela change-t-il le résultat, qui lui est implacable ? Jamais.
      Si on en suit vot’ raisonnement, alors parce que l’intention est tjrs de bien faire, on n’aura plus le droit à la critique ?

      Ce film est insupportable, ces personnages aussi et je rejoins mais alors TOTALEMENT la critique de l’auteur.
      Et si vous n’aimez pas ça, c’est sûrement parce que vous vous êtes senti concerné par les personnages (et donc que vous seriez creux, psychologiquement peu élaboré et donc anecdotique) que l’on résumera en un seul mot : un Bobo.

      Allez, retournez faire du Vélib’ tout en mangeant un sandwich vegan avant d’aller vanter ce soir les mérites du vivre ensemble et du féminisme cuck !!

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