[Critique] Hellboy : un film bouffi et castré

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Neil Marshall
  • Avec : David Harbour, Milla Jovovich, Ian McShane, Sasha Lane, Daniel Dae Kim
  • Distributeur : Lionsgate
  • Genre : Fantastique
  • Nationalité : USA
  • Durée : 120 minutes
  • Date de sortie : 8 mai 2019

L’enfer c’est chiant

image critique hellboy
Beaucoup de poses pour pas grand chose.

Inutile de dire qu’après les deux adaptations précédentes de Guillermo Del Toro et un troisième volet qui ne verra jamais le jour, le public était en embuscade pour cet Hellboy cuvée 2019. À l’époque, le réalisateur précédemment cité avait réussi à réaliser des longs métrages de bonne facture sur la forme mais qui, déjà, ne rendaient pas grâce au diable de Mike Mignola dans le fond. Visuellement beaux mais creux dans leurs narrations, seule l’interprétation de Ron Perlman sauvait les deux itérations de l’ennui poli (exception faite peut-être de Luke Goss dans Les Légions d’Or maudites). Avec une campagne de pub misant sur la violence de cette nouvelle version, et la présence de David Harbour (gras et pataud) venu aider entre deux saisons de Stranger Things, on pouvait espérer avoir enfin l’adaptation souhaitée de ce comics. Hélas, il n’en est rien.

Un remake non admis

Car ce qui frappe de prime abord dans le Hellboy de Neil Marshall, c’est la quasi absence d’ambition narrative et visuelle. Ce qui est quelque peu surprenant avec la présence de ce réalisateur aux commandes, qui bien que n’ayant jamais été considéré comme un artisan de génie, a toujours pour le moins réalisé des films solides et viscéraux. C’est à se demander jusqu’où la présence du studio et le cahiers des charges imposés ont impacté le processus créatif. Cette version 2019 n’est rien de plus qu’une sorte de remake de l’histoire originale de 2004. Milla Jovovich dans le rôle de la sorcière Nimué, remplaçant au pied levé Raspoutine. Et un gribouillis numérique à tête de porc remplaçant le charismatique Kronen (qui font tous les deux une apparition éclaire dans ce nouveau film), ont exactement le même objectif qu’il y a quinze ans : forcer Hellboy a embrasser sa nature démoniaque et devenir le Hérault de l’Apocalypse. Toute cette attente pour ça ? Franchement de qui se moque-t-on ?

Un pétard mouillé

Passons sur l’interprétation de Milla Jovovich qui semble n’avoir pas compris que la saga de Resident Evil de son réalisateur de mari, Paul Anderson, vient de se terminer. Passons aussi sur la composition de David Harbour, lequel semble avoir hâte de retirer la peinture rouge pour remettre son étoile de shérif. Mais le reste du casting de cet Hellboy, bon sang ! Ian McShane, acteur charismatique en diable, donne l’impression de passer son temps à se demander ce qu’il fait dans cette galère. Daniel Dae Kim, revenant de la série Hawaii 5-0, cherche à remplacer Abe Sapiens mais singe plutôt Chuck Norris. Quant à l’actrice quasi inconnue Sasha Lane, au jeu limité et ouvertement bisexuelle dans la vraie vie, elle représente sans doute la caution morale d’un métrage qui se savait perdu d’avance. Signalons également l’apparition de la célèbre sorcière Baba Yaga, considérée par Hellboy comme plus moche que dangereuse (alors que c’est une tueuse d’enfants !).

L’enfer c’est ce film

En résumé, on pourrait dire que cette nouvelle version de Hellboy loupe tous ses objectifs, ou presque. Une dernière séquence nous montre l’enfer s’immisçant sur Terre, et nous livre une galerie de démons lovecraftiens du plus bel effet. Le tout pendant une minute. UNE minute ! C’est peu, trop peu par rapport aux promesses et à l’espoir qu’a suscité ce film. Car pour ce seul moment de grâce, on a dû auparavant se taper des couloirs, des vides narratifs, des décors sans magie, l’attente a été trop longue et le film s’en ressent. Peut-être Hellboy n’est-il, à l’instar de beaucoup de bonnes histoires, tout simplement pas adaptable dans une époque sclérosée par le politiquement correct et la morale bien pensante, véritables bourreaux de la pensée artistique.

2/10

Réactions (3)

  1. Même si j’ai pas vu ce film je sait quand même que cette critique me rebute.
    C’est un concentré de tout ce que j’aime pas, cette crtique et fait juste pour taper sur un film peut être certe pas terrible, mais avant tout pour que t’a critique face de l’audimate avec un titre singlant. Il y a que de la méchanceté gratuite, on peut dire d’un film qu’il est mauvais et parler de c’est défaut sans utilisé un vocabulaire injurier.
    Bref, je conseille a l’auteur d’aller faire du sport avant d’écrire une critique pour qu’il ne mette pas tout ca rage dedans et peut etre faire une critique constructive 😀 ( désolé je pense que j’aurais du faire pareil).
    Bonne journée 😀

    1. Ne soyez pas désolé pour cet élan, vous avez le droit de ne pas être d’accord. Par contre, soyez-le pour votre orthographe, c’est embarrassant.

    2. Donc les gens n’ont pas le droit de dire ce qu’ils pensent comme ils le veulent ?
      Un film mauvais est un film mauvais et doit être traité comme tel. Il faut appeler un chat, un chat. C’est aussi simple.

      Après si les mots et la sincérité qui en découlent vous déplaisent, bah allez vous faire soigner ou vous plaindre sur les sites comme Le Monde, Libération ou Le Figaro. Vous y serez bien plus à votre place avec la bien-pensance qui y sied.

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