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[Critique] Rambo Last Blood : old school et jouissif

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Adrian Grunberg
  • Avec : Sylvester Stallone, Paz Vega, Sergio Peris-Mencheta, Yvette Monreal, Adrianna Barraza et Oscar Jaenada
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport
  • Genre : Action
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 100 minutes
  • Date de sortie : 25 Septembre 2019

Le retour de la vengeance


Après un quatrième opus sobrement intitulé John Rambo en 2008, qui avait déjà fait couler beaucoup d’encre à l’époque de par sa violence exacerbée, mais qui constituait un parfait épilogue au personnage du célèbre béret vert, on était en droit de se demander si un cinquième épisode n’allait pas être de trop. Rambo : Last Blood reprend l’histoire dix ans après le retour au bercail du personnage de Sylvester Stallone, qui semblait enfin décidé à exorciser ses démons et renouer avec sa famille, ainsi que son pays. Néanmoins, la guerre (surtout intérieure) qu’il mène maintenant depuis presque cinquante ans semble ne pas en avoir terminé avec lui. Et c’est suite à l’enlèvement par un cartel mexicain de sa jeune protégée qu’il considère comme sa fille, que le monstre de Frankenstein va à nouveau prendre les armes.

Rambo : Last Blood s’appuie sur un postulat simpliste comme à chaque fois dans la saga (à l’exception du premier opus), pour justifier une débauche d’action badass qui fleure bon le film d’action old school. C’est peu dire que sur le papier ça donne déjà envie, et lorsque les critiques assassines s’en mêlent pour décréter que le long métrage est raciste, xénophobe et trop violent, là ça devient carrément le film d’action de la rentrée à ne pas manquer.

Une violence inouïe

sylvester stallone rambo last blood

Ce qui frappe à la vision de Rambo : Last Blood c’est l’incroyable violence du film, tant visuelle que narrative. Sylvester Stallone (également au scénario) semble, dans ce dernier opus, souhaiter prendre le contre-pied de son autre personnage phare, Rocky Balboa qui, malgré ses épreuves continue à symboliser la vie et l’espérance. Rambo, lui, ne peut qu’être que mort et désolation, tellement son karma le ramène constamment à la violence. On se rappelle que dans le roman d’origine (ainsi que dans un flashback du quatrième opus), le personnage de Rambo devait mourir de la main de son mentor, le Colonel Trautman. Cependant, cette fin, jugée à l’époque comme trop sombre, n’a pas été retenue. Mais, d’une certaine façon, on peut considérer que le personnage n’est jamais revenu vivant du Vietnam et s’avère symboliquement déjà mort sans le savoir.

C’est cette logique que Rambo : Last Blood prend à bras le corps, en faisant de son protagoniste un fantôme d’une autre époque, qui tente de créer en vain des liens afin de récupérer un peu d’humanité. Un choix extrêmement courageux, à une époque où transformer Star Wars en une sorte de Twilight, ou faire voler la Princesse Leïa comme Mary Poppins semble d’après certains, incarner des choix scénaristiques courageux. Ce dernier opus de Rambo semble, au final, constituer une négation absolue du précédent volet et de sa fin positive. Une façon comme une autre de ramener le personnage à ce qu’il est : une machine de destruction créée durant une époque où l’Oncle Sam avait besoin de lui, puis l’a abandonné à la vindicte populaire.

Un film raciste ?

image adrian grunberg rambo last blood

Une vindicte mise en images à l’époque du premier opus, mais qui devient une réalité factuelle durant le règne de Donal Trump, lequel invoque constamment la menace de l’immigration mexicaine (et au-delà). Cependant, taxer un film comme Rambo : Last Blood de xénophobie, alors qu’on parle d’un réseau de prostitution bien réel au Mexique (d’ailleurs où sont les féministes qui devraient défendre ce film ?), c’est tout de même faire montre d’une idéologie politique qui ne peut que scléroser le débat. Même si d’autres longs métrages comme les Sicario l’ont montré avec plus de subtilité, il n’en demeure pas moins que c’est une réalité et la nier confine à une collaboration malsaine dont les détracteurs devraient avoir honte.

Non, Rambo : Last Blood n’est pas raciste, il est juste à la fois maladroit et honnête dans sa démonstration. Ce qui l’élimine de l’approbation des bobos et des moralistes, lesquels voudraient nous faire croire que nous vivons dans un monde de bisounours. Une technique de culpabilisation bien connue et usée jusqu’à la corde, qui devrait donner au métrage un statut de film culte au-delà de l’époque où il est sorti.

Rambo 6 ?

iage sylvester stallone rambo last blood

Si ce second épilogue donnerait à penser que la saga est finie, on ne peut que souhaiter que ça ne se termine pas ainsi. D’abord parce que le plaisir de retrouver Sylvester Stallone dans l’un de ses rôles phares est toujours intacte, mais aussi parce qu’il représente un cinéma d’action subversif à notre époque, qui en manque cruellement. À l’exception de la saga John Wick, plus stylisée et mieux orchestrée. Tout cela ne doit pas mourir, au risque de laisser la place à des longs métrages tellement aseptisés qu’il ne représenteront plus le septième art dans sa créativité artistique. Certes l’aspect technique du film laisse parfois à désirer, et il en résulte certaines séquences d’actions trop brouillonnes ou trop épileptiques (même si cela correspond à l’état mental du personnage principal) pour convaincre pleinement. Cependant, c’est dans les partis-pris narratifs que se trouve la force de Rambo : Last Blood, surtout une fois intégré dans l’ensemble de la saga.

Pour conclure, on peut avancer qu’il y a plusieurs façons de noter un film comme Rambo : Last Blood. D’abord du point de vue des journalistes mainstream, scandalisés par la description faite du Mexique, qui corrobore la vision jugée trop simpliste de Donald Trump. Là, c’est un navet). Ensuite, du point de vue de la réalisation qui ne tient pas toujours ses promesses (le film devient juste correct quand il transforme John Rambo en tueur en série dans le final). Enfin, sous l’angle de sa force narrative, et de ses partis pris sans concessions qui en font l’opus le plus sombre depuis le premier volet. Là, on touche au sublime.

Si, qui plus, est la violence ne vous rebute pas, surtout que les cibles l’ont clairement mérités, vous comprendrez que c’est sur ce dernier point que le film se doit d’être prioritairement estimé et défendu. Rambo : Last Blood sera certainement l’opus le plus discuté de la saga, mais il y tient sa place en attendant peut être que Rambo fasse un jour à nouveau parler de lui. Longue vie à Stallone !

8/10

Une réaction

  1. C est le meillieur acteur de tout les temps en film d action longue vie à Monsieur stalonne

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