article coup de coeur

[Test] Dragon Quest 1 : les grands débuts d’une légende

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
  • Développeur : Square Enix
  • Editeur : Square Enix
  • Date de sortie : 27 septembre 2019
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Et c’est ainsi que le phénomène naquit

image test switch dragon quest
Les villages sont la principale source d’informations.

Alors que Dragon Quest 11 S est désormais disponible sur Switch (et nous rappelons que nous avons testé la version PlayStation 4), Square Enix a décidé de faire plaisir aux fans de la licence la plus importante du RPG japonais. Et c’est encore la console de Nintendo qui est mise à l’honneur, avec la sortie des trois premiers opus de la série, que les amateurs connaissent mieux sous l’appellation de « Trilogie de Roto ». C’est un gros morceau que nous tenons là, tant il définit à lui seul tout le genre, mais aussi le jeu vidéo japonais. Et nous allons voir que ce premier opus est déjà séminal…

Remontons le temps, jusqu’à ce que les moins de vingt ans appellent la préhistoire : 1986. Netflix n’existait pas, rendez-vous compte ! Votre humble serviteur n’avait que trois ans et, pendant ce temps, une partie du Japon (plus de deux millions de personnes, tout de même) découvrait ce qui allait devenir l’un de ses doudous : Dragon Quest. Si ces débuts ne furent pas de suite reconnus par la presse (Famitsu, un monument du magazine consacré au jeu vidéo, lui a accordé seulement 30/40 !), la masse populaire ne s’est pas trompée, en faisant un triomphe au jeu développé par Enix. Eh oui, à l’époque Square n’était pas encore de la partie. Par contre, tous les grands noms répondaient déjà : Yuji Horii au design, Akira Toriyama à la direction artistique, et Koichi Sugiyama aux compositions musicales. Ajoutons une personne moins sous les feux des projecteurs mais au moins tout aussi brillante : Koichi Nakamura (désormais à la tête de Spike Chunsoft), qui œuvrera au game design jusqu’au cinquième épisode. Quand on rassemble autant de pointures, ça ne peut que bien se passer.

Signalons ici que la version de Dragon Quest 1 utilisée pour cette version Nintendo Switch est celle parue sur mobile, en 2014 (celle-là même qui a servi de base à la version PlayStation 4, jamais atterrie en Europe, snif). C’est une idée plus intéressante qu’il n’y paraît, car cette édition s’appuyait sur le remake sorti sur Super Nintendo. Du coup, on garde quelques petits bonus de contenu, comme les graines à dénicher ici ou là pour augmenter plus rapidement les statistiques. Bien entendu, le principal atout de cette édition est d’embarquer une sauvegarde temporaire, histoire de quitter la partie quand on veut. Rappelons qu’en 1986, il fallait noter un long, très long code (des dizaines et des dizaines de signes !) avant de sortir du soft. Donc oui, c’est une expérience rétro, mais pas sauvage non plus, et c’est tant mieux. Enfin, l’aspect visuel a été rehaussé, mais en cherchant à préserver ce bon vieux pixel. Le résultat est satisfaisant, surtout dans les artworks des monstres, tous retravaillés avec grand soin. Quant à la merveilleuse bande originale, elle a totalement été ré-orchestrée, pour un résultat qui nous a totalement séduit.

L’ADN de la licence est déjà présent

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Oui, l’adorable et iconique Slime était déjà présent, en 1986.

On pourra regretter que la sortie de Dragon Quest 1 sur Nintendo Switch ne soit pas plus développée côté contenu. Il est dommage que Square Enix n’ait pas profité de l’occasion pour nous livrer un musée d’artworks, ni les autres versions, que ce soit le remake sorti sur Super Nintendo, ou celui de la Game boy Color (ah, son introduction animée). C’est un choix. Par contre, signalons le grand soin dont a fait l’objet la traduction en anglais. Un fait à double tranchant, car c’est un langage très soutenu qui est utilisé, et il va vous falloir le maitriser si vous désirez comprendre les quelques répliques des villageois. C’est important, car cet opus donne beaucoup d’indices par le biais de ces rencontres. Jouer à cet illustre ancêtre du RPG japonais, c’est aussi se plier à son grand âge : n’espérez pas que la map vous dise exactement où aller. Et ne ne comptez pas non  plus sur un carnet de quêtes afin de vous orienter vers le prochain événement. Non, il faut s’en sortir seul, et c’est justifié.

Car Dragon Quest 1 va vous faire vivre une aventure scénaristiquement sommaire, et en solo. Pas d’équipiers : vous incarnez un héro, descendant de la glorieuse lignée Roto. Alors que le peuple d’Alfegard pensait vivre une époque paisible, le maléfique Dragonlord attaque le château de Tantegel afin de dérober la Boule de Lumière. Vous êtes immédiatement missionné par le roi Lorik afin de mettre fin à cette crise, tout d’abord en allant délivrer la princesse Gwaelin. Voilà, ça tient en quelques mots, mais ceux-ci vont accoucher non seulement de ce jeu, mais aussi d’une trilogie. Pas besoin d’un récit qui multiplie les détails : on a assez de matière pour imaginer tout un univers, et cela se vérifiera dans les deux suites. La simplicité est la sophistication suprême, on ne cessera de le répéter. Aussi, on trouve déjà une envie de ne pas se contenter d’une aventure sans surprises, et c malgré les limitations techniques. Non, délivrer la princesse n’est pas l’objectif final. On retrouvera cette figure de style tout au long de la série, d’où ce caractère déterminant qui accompagne ce titre.

Et c’est pareil pour le gameplay : une partie de ce qui fait le succès gigantesque de cette licence se trouve déjà dans Dragon Quest 1. Et pas qu’à l’état embryonnaire. L’exemple le plus frappant est, bien entendu, les batailles. On se souvient du tollé créé par le redesign des combats qu’on a bien failli obtenir avec Dragon Quest 9. Le phénomène n’est pas venu de nulle part, les codes de la licence sont installés, et ce depuis toujours. On a donc un système de combat certes rudimentaire (attaque, objets, fuir, magie…) mais si efficace qu’aujourd’hui encore il nous passionne. Du reste, l’épopée du héros se résume surtout à des voyages entre des lieux, parfois une énigme sommaire (comme éclairer une grotte), et surtout une bonne dose de levelling. Spécialement dans les tous premiers instants. On vous conseille de prendre du temps afin d’atteindre le niveau 8, et d’acheter au plus vite l’iron axe, l’iron armour et le leather shield. Avec ça, vous ne vous ferez plus rosser par le premier gluant venu. La durée de vie, elle, est assez courte à la vue de nos standards actuels : comptez huit heures.

Note : 16/20

Noter Dragon Quest 1 n’a pas réellement de sens : il s’agit d’un passage obligé pour tout amateur de RPG japonais. Cet illustre ancêtre du genre est à la base d’un monument populaire, et vous imaginez bien que ce n’est pas pour rien. Dès lors, c’est plus le portage que nous jugeons. Si l’on regrette l’absence d’un musée, et même des différentes versions parues jusqu’ici, on doit tout de même souligner la bonne tenue de l’ensemble. Le jeu est heureusement accompagné d’une sauvegarde temporaire, laquelle permet de quitter une partie sans avoir à se rendre chez le roi Lorik. La réorchestration des magnifiques thèmes musicaux est un bonheur pour les oreilles, et les yeux sont caressés par les nouveaux artworks à l’occasion des combats. Aller, ne tournons pas autour du pot : c’est un indispensable, point.

8/10

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