article coup de coeur

[Test] Trails of Cold Steel 3 : un JRPG d’une richesse impressionnante

Caractéristiques

    • PlayStation 4
  • Développeur : Nihon Falcom
  • Editeur : NIS America
  • Date de sortie : 22 octobre 2019
  • Acheter : Cliquez ici

Un passage obligé pour les fans de RPG à la japonaise

image gameplay trails of cold steel 3
La ville de Leeves et son campus vous tendent les bras.

Le sortie de The Legend of Heroes : Trails of Cold Steel 3 est un événement, que ce soit pour les fans de la licence ou les amateur de J-RPG. Tout d’abord, on peut dire qu’il se sera fait attendre, ce nouvel opus : près de trois ans après sa sortie japonaise, le voilà qui va enfin pouvoir contenter celles et ceux que le final du précédent opus a laissé sur les rotules. En effet, il s’agit d’une licence certes moins connue du grand public que les Persona et autres Final Fantasy, mais elle s’acoquine d’une fanbase très fidèle, notamment due à un univers d’une générosité rare. Aussi, NIS America, l’éditeur du soft, sort l’artillerie lourde et nous livre ce titre entièrement sous-titré en français. Truc de fou.

Si les fans de la licence n’attendront pas qu’on leur conseille de se ruer sur le jeu qu’ils attendent depuis des années, ce ne sera certainement pas le cas de celles et ceux qui découvriront la licence à l’occasion de cette parution. Prenons, donc, l’angle des joueurs qui ne connaissent pas encore la saga Trails of Cold Steel. Vous pourriez être effrayés par l’opportunité de rejoindre le train en marche, et c’est bien compréhensible. Seulement, on se doit de vous rassurer : NIS America a pensé à vous. Du coup, vous allez pouvoir compter sur un grand résumé, afin de vous y retrouver dans les différentes terminologies. Personnages, grandes dates, cheminement, tout y est abordé avec clarté et non sans détails. Ce qui est un exploit, car on avait peur que ce coup d’œil sur les événements passés ne trahisse l’esprit de la série, qui aime prendre son temps pour bien tout décrire. Le tout est divisé en plusieurs catégories, bien classé et, grand luxe, intégralement en français. Voilà une très belle attention, qui se doit de rassurer les nouveaux venus.

Trails of Cold Steel 3 est ce genre de RPG qui mise gros sur ses piliers, ses fondamentaux : l’histoire, les combats, et l’implication (ici, les phases de développement d’amitié). Le scénario reprend plus d’un an après les événements du précédent opus. Bien entendu, le joueur incarne toujours Rean Schwarzer, alias le Chevalier Cendré depuis des exploits retentissants. Alors que la paix a regagné les environs, il va falloir faire preuve de bonté d’âme, ici en se faisant professeur en classe d’Opération Spéciale du tout nouveau Campus numéro deux. Notre avatar se voit confier trois élèves, dont une Altina qu’on ne s’attendait pas à recroiser dans ces conditions. Beaucoup de choses vont nous mettre la puce à l’oreille, comme la situation géographique de cette école, mais aussi la conception des classes. Sans ne rien vous dévoiler, ce serait une faute grave, sachez qu’il y a bien quelque chose qui se trame. Le récit conté dans cet épisode est sans aucun doute le plus passionnant depuis le début de cette licence. Les rebondissements s’avèrent nombreux et, surtout, la tonalité nous paraît encore plus épique qu’auparavant. Et mieux rythmé aussi, avec un crescendo émotionnel qui s’envole après une première partie scolaire parfois un peu longuette mais nécessaire.

Le gameplay de Trails of Cold Steel 3 s’appuie sur les bonnes bases posées par ses prédécesseurs. Ainsi, il faut être conscient qu’on fait face à un RPG japonais à la philosophie dirigiste. Cela pourra surprendre, mais il est vrai qu’on a parfois l’impression de voir se succéder une multitude de chemins très « couloirisés », en tout cas plus que dans d’autres softs du genre. Il faut bien être conscient que le titre mise beaucoup sur son histoire, et celle-ci va vous occuper pendant de très, très longues heures. Mais avant d’aborder la durée de vie, continuons avec la prise en mains. Les combats sont clairement l’une des grandes satisfactions de ce titre, et il vous faudra plusieurs dizaines d’heures pour bien les maitriser. Ils s’articulent autour de l’ARCUS II, un système qui met en avant la personnalisation des forces, par le biais de Quartz. Il ne s’agit pas réellement de jobs, c’est moins définitif dans l’esprit puisqu’on peut en changer à tout moment. Par contre, ces pierres impriment un style, qui peut accoucher d’une tendance à l’offensive ou à la défensive. Il est donc question d’architecturer ses compétences et, si ce n’est pas simple dans un premier temps, on est vite sidéré par le nombre de possibilités qui s’offrent au joueur. Il va falloir passer beaucoup de temps dans les menus, et bienheureusement ceux-ci sont aussi clairs qu’ergonomiques.

Passionnant pendant plus de cent heures

image test trails of cold steel 3
Les combats sont souvent acharnés.

Les combats de Trails of Cold Steel 3, en tour par tour, sont dominés par une saveur tactique. Magies et attaques spéciales requièrent des points qui leurs sont associés, et la gestion de l’équipe est bourrée de petites subtilités. Les ordres, une nouveautés, accordent des bonus de statistiques à vos alliés pendant un temps limité. Bien entendu, on retrouve les passages en Panzer, des méchas qui ne disent pas leur nom. Il est possible de les modifier et, si les affrontements se font spectaculaires, on garde une saveur stratégique. Les attaques de liens sont, elles aussi, d’une importance capitale. Elles se déclenchent quand l’ennemi est déséquilibré, et fait intervenir vos compagnons pour des attaques dévastatrices. Ce qui impose le concept de la barre de rupture. Il va falloir la briser, notamment en utilisant les crafts, des offensives plus puissantes que les coups normaux. Notons aussi la présence des supers crafts, sorte d’attaque ultime du jeu, capable de totalement renverser la situation. Enfin, il faudra faire attention aux faiblesses élémentaires des adversaires, lesquels verront leurs spécificités être mis à jour si vous en combattez assez, ou si vous utilisez l’objet adéquat. Enfin, signalons qu’il existe plusieurs modes de difficulté, et qu’ils sont particulièrement efficaces : les gamers en recherche de gros challenge trouveront leur bonheur, ainsi que ceux qui préfèrent se concentrer sur le scénario.

Trails of Cold Steel 3, c’est aussi une forte emphase sur le relationnel avec les PNJ. Comme dans Persona 5 ou The Caligula Effect Overdose, on pourra se balader dans les couloirs de l’établissement, les alentours du campus, la ville, et rassembler des informations sur les élèves et autres professeurs qui iront s’ajouter à notre carnet de route. Certains sont l’objet d’une jauge de relation, qui augmentera en même temps que votre affinité avec eux. Cela fonctionne sur tous les tableaux : l’univers s’en trouve approfondi, détaillé comme rarement, et la mécanique a une incidence directe sur le gameplay, par le biais de récompenses qui peuvent faire la différence. Plus vous êtes populaires, et plus le campus évolue en même temps que le rang de Rean. Bien entendu, il faut compter sur un nombre assez impressionnant de petites subtilités comme, c’est un conseil qu’on vous livre, ne jamais oublier de prendre un bain dès que l’occasion se présente. Histoire de ne pas rater une cutscene qui peut s’avérer parfois très intéressante. D’ailleurs, sachez qu’un événement loupé l’est définitivement, jusqu’à votre prochaine partie. Ce qui pousse à bien prendre du temps à explorer les lieux. Autre suggestion : allez souvent dans les échoppes, et surveillez les cadeaux. Ils sont parfois uniques, et disparaissent avec le temps. Les offrir au bon élève renforcera vos liens.

La durée de vie de Trails of Cold Steel 3 est de l’ordre du phénoménal. Et c’est d’autant plus remarquable que, rappelons-le, le jeu se veut dirigiste. Mais cela ne signifie pas pour autant que le cheminement ne fait qu’enchainer les ennemis et les dialogues. Entre les deux, il y a tout un univers qui vous attend. Le relationnel avec les élèves et les profs est déjà très costaud, mais ce n’est pas tout. À cela on ajoute des missions annexes, assez Fedex dans l’esprit mais gratifiantes en terme de récompenses. Aussi, on a droit à la pêche dans différents points d’eau. D’ailleurs la feature peut être fière de sa prise en mains, simple et efficace. On a aussi un jeu de carte très complet, qui pourra occuper de longues heures les amateurs : le Vantage Master, à pratiquer avec les PNJ signalés par un logo. Tout cela, couplé à la quête des meilleurs Quartz, font que vous dépasserez allègrement les cent heures de jeu pour tout voir…

Techniquement, Trails of Cold Steel 3 n’est pas une grande claque, et c’est avant tout dû aux textures qui manquent de détails. Les animations font, elles aussi, un peu datées. Par contre, le tout est fluide au possible, et l’on apprécie la profondeur de champ. Mais c’est surtout la direction artistique qui sauve la mise, notamment grâce à un character design de très grande qualité. Et ce aussi bien pour les humains que pour les Panzers. C’est un peu moins le cas pour les environnements, assez génériques, mais ils ont tout de même assez de charme pour ne pas déranger. Côté ambiance sonore, c’est plutôt bon, même si les compositions de Hayato Sonoda (Trails in the Sky) et Takahiro Unisuga (Ys Origin) sont un peu courtes en terme de boucles. Les doublages japonais, quant à eux, se révèlent tout à fait conseillés. On en vient à la traduction française, et elle est éminemment précieuse. On a bien quelques petites coquilles, et des noms qui s’emmêlent les pinceaux, mais c’est rare. On ne le répètera jamais assez : le RPG japonais, s’il est moins en nombre depuis quelques années, n’a jamais été aussi bien traité en Occident, et c’est grâce à des éditeurs comme NIS America.

Note : 17/20

Si les fans de la licence pouvaient s’attendre à un J-RPG de qualité, les simples fans du genre doivent aussi savoir que Trails of Cold Steel 3 est une sortie à ne surtout pas louper. Mieux, sa traduction en français en fait un immanquable de votre ludothèque. Si vous aviez peur d’être perdu dans un scénario qui fait la part belle aux références aux précédents opus, rassurez-vous : un résumé très complet, divisé en chapitres, vous attend pour prendre le train en marche de la plus fluide des façons. Ajoutons un système de combat d’une grande profondeur, des activités annexes nombreuses, et vous obtenez un titre d’une richesse impressionnante.

8/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *