[Test] Kandagawa Jet Girls : rafraichissant et complet

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • PC
  • Développeur : XSEED Games
  • Editeur : Marvelous Europe
  • Date de sortie : 25 août 2020
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Kandagawa Jet Girls accélère en Occident

image gameplay kandagawa jet girls
Kandagawa Jet Girls mélange Wave Race, Mario Kart et Senran Kagura.

Cette fin d’été 2020 est décidément une époque bénie pour les amateurs d’adaptation d’animés japonais. On vient de vous mettre en ligne notre test du classique mais sympathique DanMachi Familia Myth – Infinite Combate, et tout bientôt nous devrions pouvoir vous parler (si on le reçoit, ce qui n’est pas sûr à l’heure où nous écrivons ces lignes) très amplement de Captain Tsubasa: Rise of New Champions. Entre les deux, c’est une autre licence que l’on a pu découvrir sur notre PlayStation 4, sans doute moins connue en Occident que les deux précédemment citées. Kandagawa Jet Girls est de ces folies nipponnes dont on raffole, et qui se paie le luxe, dans nos années qui ne cessent de devenir de plus en plus puritaines, de proposer une tonalité fan service totalement décomplexée. Aujourd’hui, c’est donc XSEED Games, studio bien connu pour ses Senran Kagura, et l’éditeur Marvelous Europe, toujours aussi précieux pour la diversité vidéoludique, qui nous livre un soft pour le moins rafraichissant.

Des jet-skis, des armes, des filles plus ou moins vêtues mais surtout sexys : tout cela nous attire, mais pas spécialement pour l’histoire, que l’on pensait tout à fait secondaire. Erreur, car Kandagawa Jet Girls peut bien compter sur un récit développé. Certes, il est léger, et surtout prétexte à des conflits entre pilotes féminines, mais il existe, et pas qu’un peu. Le mode principal du jeu, c’est Story, qui va vous proposer des courses, oui, mais aussi des phases textuelles juste ce qu’il faut pour être longues, mais pas trop tirer vers le Visual novel. On suit les aventures de Rin Namiki et Misa Aoi, deux colocataires qui vont découvrir qu’elles ambitionnent de gagner la compétition baptisée Jet Racing, laquelle se déroule dans une Tokyo dont les rues sont donc envahies d’eau. Pourquoi pas, c’est la fête. Bien entendu, ça va vite se compliquer, d’autres duos ne vont pas se laisser faire, et il sera surtout question de les battre. Pas de quoi crier au génie de l’écriture vous l’aurez compris, et les rebondissements se voient venir à des kilomètres, mais on apprécie tout de même cette ambiance à la fois détendue et prenante. Signalons ici que les sous-titres ne sont disponibles qu’en anglais, c’est un petit regret car les dialogues restent nombreux.

Comme beaucoup de jeux japonais grivois, à l’image de Gal Gun 2 ou Gun Gun Pixies, ce serait une faute grave que de penser que Kandagawa Jet Girls ne serait pas un titre qui mise gros sur son gameplay. Le soft pourrait se décrire, en gros, comme la rencontre alléchante entre Wave Race, Mario Kart Double Dash et Senran Kagura. Sur le papier, ça détonne, c’est aussi le cas avec la manette en mains. Avant que le mode Story ne vous ouvre ses bras, il vous proposera de passer par la case des tutoriels. Il y en a beaucoup, et ce n’est pas pour rien. Nous vous conseillons de ne surtout pas passer cette étape, car pas mal de subtilités y sont expliquées. Et puis bon, vous gagnerez un Trophée en arrivant à la fin de cet apprentissage, ce n’est jamais de refus. Si le déplacement du jet ski se fait de manière classique, le reste l’est moins, et c’est aussi surprenant que bonnard. Tout d’abord, les dérapages sur l’eau existent, ils se déclenchent en appuyant sur L2, mais la petite nouveauté est qu’il faut rappuyer sur la gâchette pour stopper la manœuvre. Mine de rien, ça apporte une certaine précision, ce n’est pas de refus. En dérapant, on fait grimper une barre de boost, divisée en trois stades, ce qui délivre une accélération plus ou moins puissante en fin de virage.

Grivois oui, mais aussi agréable à jouer

image test kandagawa jet girls
Le boost est un élément important du gameplay.

Kandagawa Jet Girls associe la conduite à une action plutôt intelligente. Il faut non seulement faire attention à bien prendre les rampes, lesquelles peuvent là encore remplir une jauge qui apporte un boost, ou une attaque spéciale en fonction de l’arme du moment. Car il est question de se défendre sur ces eaux troubles, les adversaires n’hésiteront pas à vous balancer l’artillerie lourde. Surtout, briser les boucliers des jet skis adverse les ralenti, vous imaginez donc l’importance de la chose. Pour avoir du répondant, vous pourrez déclencher l’arme principale, une mitrailleuse qui ne tire que vers l’avant. C’est assez précis mais peu puissant, cela servira aussi à toucher des déclencheurs de chemins annexes, ou à éclater des ballons contenant de l’argent à dépenser dans le menu de customisation. On pourra aussi récupérer des armes bien plus puissantes, à la manière d’un Team Sonic Racing ou d’un Crash Team Racing. Elles seront plus précieuses, car le joueur peut choisir de les utiliser vers l’arrière. Dans ce cas, la caméra prend l’angle inverse du sens de la course, avec le point de vue de la deuxième sportive. Pendant ce temps, le jet ski manœuvre automatiquement, mais pas de la meilleure manière possible. C’est donc une option à choisir avec parcimonie, surtout si votre avance est trop juste. Ce qui n’arrivera pas souvent…

Le principal regret que nous émettons est la relative facilité de Kandagawa Jet Girls. Une fois toutes les mécaniques bien digérées, comme l’utilité des figures en l’air ou de l’inclinaison du jet ski, et les spécificités des circuits apprises par cœur (tremplins, accélérateurs etc), vous allez rouler sur la concurrence. Le jeu n’est pas difficile, et l’intelligence artificielle adverse ajoute à ce constat, tant elle ne fait pas le poids. Heureusement, côté contenu, XSEED Games n’a pas chômé et propose assez de courses et de défis lors de ceux-ci (attendre au moins telle place, effectuer telle figure, etc) pour nous engager sur un nombre d’heures satisfaisant. Mais quand même, on aurait aimé plus de modes, et ce n’est pas le multi pour le moment désert qui fera la différence. Par contre, le fan service est assuré : on peut acheter des combinaisons, des améliorations pour les quatorze véhicules disponibles, écouter les musiques du jeu etc. Le mode Custom se révèle donc sympathique, tout comme le nombre d’équipe que l’on peut incarner : sept. Et signalons des personnages tout droit issus de Senran Kagura : Ryona et Ryobi. Ajoutons à cela quelques mini-jeux, et l’on obtient un contenu assez correct.

Techniquement, Kandagawa Jet Girls n’est pas un foudre de guerre, comme on s’en doutait. On a une sorte de personnalité Dreamcast tout de même assez rafraichissante, avec ces effets de lumière un peu partout. Et l’eau a au moins le mérite d’être à peu près crédible. Par contre, les textures manquent de détails dans les décors, les bâtiments de la ville étant le meilleur exemple. Et la fluidité connait quelques soucis quand beaucoup d’armes sont déclenchées au même moment. Ce qui n’arrange pas une impression de vitesse un peu molle, adjectif que l’on utilisera aussi pour qualifier la physique du jet ski. La direction artistique, en tout cas, ravira les fans d’animé. Côté musiques, on est dans de l’électro un brin bourrin, parfois assourdissant comme lors des tutoriels, mais elles font globalement le job en insufflant de la bonne énergie. Enfin, les doublages japonais répondent présents au rendez-vous, et ils sont soignés.

Note : 14/20

Kandagawa Jet Girls est ce genre de jeu qui, derrière des atours aguicheurs, cachent en fait un vraie profondeur de gameplay. Elle est un peu nivelée par le bas à cause d’une difficulté trop juste, mais XSEED a tout de même posé les bases de ce qui pourrait bien devenir une licence à suivre, en tout cas on l’espère. En l’état, le mode Story est costaud et propose ce qu’il faut de fan service, et le mode Custom plaira aux jusqu’au-boutistes. On regrette tout de même une technique datée et une impression de vitesse peu poussée, mais le résultat va tout de même plus loin que nos attentes.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

7/10

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