[Test] Moero Crystal H : un D-RPG coquin et efficace

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
  • Développeur : Compile Heart
  • Editeur : Eastasiasoft
  • Date de sortie : 17 septembre 2020
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Moero Crystal H va faire rougir votre Switch

image test moero crystal h
Dans les donjons de Moero Crystal H, les Monsters Girls font la loi.

Si l’on devait retenir quelque chose de la malheureusement un peu morte-née PlayStation Vita, ce serait ses jeux japonais grivois. Oui, la portable mal-aimée de Sony, et pourtant bourrée de qualité, était un véritable foudre de guerre technologique lors de sa sortie, mais bien vite les différents éditeurs et développeurs, tout particulièrement nippons, se sont rendus compte d’une évidence : les joueurs nomades ne sont pas spécialement en attente de gros blockbusters à grand spectacle. Non, nous étions beaucoup à attendre autre chose, et cela a finit par arriver. Compile Heart (dont le jeu ici testé est édité par Eastasiasoft) s’est engouffré dans la brèche, et a fortement contribué au mouvement coquin qui a dominé la fin de vie de la machine, point commun entre toutes celles qui bident (rappelez-vous des derniers mois de la Saturn, c’était un vrai craquage de slip). Genkai Tokki, licence qui n’avait encore jamais les latitudes occidentales, était l’un des plus fier représentants du studio, et voilà qu’elle revient cette fois-ci sur Nintendo Switch.

Eh oui, fut une époque les consoles PlayStation étaient au taquet avec ces productions, qui lui assuraient un nombre non-négligeable d’otakus polisson à l’affût. Avec les nouvelles restrictions d’un Sony tristement occidentalisé, et même carrément de la censure pour un bout de fesse qui dépasse (coucou Devil May Cry 5), on s’attendait à voir les studio japonais migrer tout doucement vers d’autres cieux. Nul doute que ce Moero Crystal H aurait pu paraitre sur PlayStation 4, où bon nombre de D-RPG sont sortis dans la joie et l’allégresse, notamment grâce au formidable travail de NIS America. Mais non, direction Nintendo. Bravo Sony. Bref. Il faut dire aussi que le jeu qui nous intéresse ici n’y va pas de main morte avec le fan service, bien aidé par une histoire généreusement graveleuse. Nous, on apprécie ce récit qui nous parle d’équilibre du monde entre la Culotte de la Lumière, et le soutif des Ténèbres, des artéfacts sacrés créés par des déesses peu farouches. On incarne Zenox qui, alors qu’il rejoignait son père, va rencontrer un drôle de duo : Luanna et Otton, lesquels vont ensuite l’accompagner dans une quête pour empêcher un Juge démoniaque de détruire la Terre. On vous la fait en gros hein, sachez qu’un véritable univers se développe, et même quelques rebondissements qui rendent le tout étonnamment agréable à suivre. Petit regret : le jeu est uniquement sous-titré en anglais.

De fil en aiguille, vous allez découvrir un game design aux atours assez classiques pour un D-RPG. Si vous appréciez les Etrian Odyssey, ou l’excellent les Demon Gaze par exemple, vous ne serez pas perdus. Vous allez donc avoir droit à une aventure qui tient sur deux piliers : les phases en ville, et celles en donjon. Les premières proposent ce qu’on peut en attendre, et même un peu plus. L’auberge pour se reposer, les personnages avec qui tailler la bavette, le magasin, tout cela est attendu. Par contre, Compile Heart ajoute une bonne grosse dose de drague, et de fan service. On y reviendra plus bas, mais sachez de suite que l’une des particularités du jeu est la capture. Comme des Pokémon donc, mais ici il s’agit de Monsters Girls. Elles seront regroupées à l’auberge, où l’on pourra leur offrir des cadeaux, et débloquer des activités afin de renforcer vos liens (jouer à un shmup, par exemple). On aura aussi droit à un sanctuaire pour gérer les compétences, et un terrain d’entrainement afin de vérifier la pertinence de notre troupe de guerrières courtement vêtues.

Un système de combat bien charpenté

image gameplay moero crystal h
Le character design est très soigné.

Le second pilier soutient donc les donjons. Tout comme dans un Labyrinth Of Refrain, ils s’arpentent en vue subjective, en case par case. Et la map se découvre par notre propension à couvrir le terrain. Les combats, eux, sont aléatoires et au tour par tour. Là encore, Moero Crystal H part d’un système classique au possible, avant que Compile Heart n’apporte quelques originalités. Ici, elles sont intimement liées aux combats, lesquels dépendent donc des Monsters Girls, jusqu’à cinq dans le groupe. Pour les recruter, il faudra passer par une phase de duel, et là on nage dans le coquin décomplexé, un peu à la Gal Gun. Il sera question de viser les points faibles de la jeune fille afin de la dénuder, ce qui lui rendra ses esprits. Et hop, la voilà dans votre camp ! Chacune de ces quatre-vingt filles, chiffre imposant, est lié à un élément (feu, eau, etc), ce qui ajoute un peu de stratégie à l’ensemble. En effet, les adversaires ont tous des faiblesses, et les exploiter permet de remporter plus d’expérience. Autre chose importante : la participation de Zenox au combat. Eh oui, notre héros n’est pas totalement absent des débats : il gère le stock de « désir », en fait une denrée permettant notamment d’accorder des bonus aux Monsters Girls. Ne vous inquiétez pas, le soft prend bien soin de vous proposer un des tutos complets et consultables à n’importe quel moment, mais sachez tout de même qu’il va falloir passer par de gros moments de levelling.

La durée de vie de Moero Crystal H se fait très costaude : vous en aurez pour plusieurs dizaines d’heures pour le pousser dans ses derniers retranchements. Il faut savoir que cette édition reprend celle parue sur PlayStation Vita, en incluant d’office toutes les filles jusqu’alors uniquement disponibles par le biais de DLC. On a aussi droit à une nouvelle mécaniques bien croustillantes : le double scratch, que nous vous laisserons découvrir par vous-même (la surprise vaut le coup d’être préservée). Aller, soyons exigeants et regrettons tout de même l’absence de nouveaux donjons, même si vous aurez largement de quoi faire en l’état. Compile Heart livre aussi des graphismes en haute définition. C’est pas toujours hyper fin, on sent bien les origines Vita du soft, mais ça reste propre. Par contre, on a remarqué une technique plus agréable en docké, où le résultat se fait totalement fluide. Ce qui n’est pas le cas de la configuration nomade, et c’est bien dommage.

Note : 15/20

Moero Crystal H est bien plus qu’un simple jeu coquino-japonais de plus : il s’agit d’un bien bon D-RPG. Si le résultat se veut classique dans ses grande lignes, le studio Compile Heart tente quelques originalités, notamment dans un système de combat plus intelligent qu’escompté. Tout le reste, de la gestion des relations à l’exploration, en passant par la durée de vie, se fait solide. On regrettera simplement une technique moins assurée en nomade qu’en docké, et l’on aurait apprécié plus de nouveautés de contenu. Reste que l’on a beaucoup apprécié de se perdre dans ces étages, et de compléter le tableau de chasse.

7/10

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