article coup de coeur

[Test] 13 Sentinels Aegis Rim : un des meilleurs jeux de cette génération

Caractéristiques

    • PlayStation 4
  • Développeur : Vanillaware
  • Editeur : Atlus, Sega
  • Date de sortie : 22 septembre 2020
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13 Sentinels Aegis Rim : le jeu de l’année 2020

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13 Sentinels : Aegis Rim rend hommage à la SF, d’où qu’elle vienne.

Il aura donc fallu attendre sept longues années pour découvrir un univers totalement inédit signé par l’un de nos studios favoris : Vanillaware. Sept ans depuis la première sortie de l’excellent Dragon’s Crown, d’ailleurs paru récemment sous une forme « Pro » que l’on vous recommande chaudement. En gestation depuis 2013, le développement ayant véritablement débuté en 2015, 13 Sentinels : Aegis Rim s’est de suite présenté comme un projet on ne peut plus ambitieux. Plus les trailer paraissaient, plus l’attente redoublait, et ce même si les divers reports, ou encore l’annulation de la version PlayStation Vita, nous faisaient craindre le pire. Heureusement, Atlus (donc Sega, faut suivre) nous livre aujourd’hui le résultat enfin terminé, et soyons clairs dès le début : c’est un chef-d’œuvre.

Tout d’abord, il faut définir ce qu’est 13 Sentinels : Aegis Rim, tant le jeu va prendre à revers les fans de Vanillaware. Si l’on retrouve bien la 2D magistralement maitrisée par le studio (on y reviendra plus bas, c’est divin), il ne faut pas s’attendre à une action aussi frénétique que dans un Odin Sphere ou un Muramasa. Non, le nouveau jeu des génies d’Osaka est un mélange qui va en étonner pus d’un : on est entre le visual novel, le jeu de stratégie et le RPG. Et les deux premiers de ces piliers sont gérés avec autonomie : le cheminement sépare l’action de l’intrigue, du moins après l’introduction. Voilà la première qualité de cette expérience : elle bouscule nos attentes à un point que l’on n’imaginait même pas. Vanillaware ne s’est pas endormi sur ses lauriers, et ce qu’on découvre est de l’ordre de la très, très bonne surprise.

Prenons chacun des piliers dans l’ordre, tout en vous prévenant ici : nous n’allons que survoler l’intrigue. Et ce pour des raisons évidentes, tant elle est centrale dans cette expérience. 13 Sentinels : Aegis Rim est sans aucun doute possible le jeu le plus ambitieux de Vanillaware, narrativement parlant. Si vous n’aimez pas l’aspect statique de la plupart des visual novels, rassurez-vous : il n’est aucunement invité à la fête. Tout d’abord, il revient au joueur de découvrir le scénario comme il l’entend, et ce grâce à la sélection d’un des treize personnages qui prennent activement part aux différentes problématiques. L’histoire se veut un récit japonais moderne, avec ce qu’il faut de contextualisation à propos de l’histoire récente du pays. Le traitement se fait par le point de vue adolescent, et le tout accouche d’un énorme hommage à la culture de la science-fiction. Il y est question de voyages dans le temps, de bons gros mechas, de kaijus menaçants et de références si nombreuses que Quentin Tarantino en serait jaloux. On ira même loin : il s’agit de l’une des plus belles déclarations d’amour à la SF que l’on ait croisé, toutes époques et tous mediums confondus. Et sous-titré dans un français hyper respectueux du matériau d’origine. On se doit de féliciter Atlus et Sega sur ce point : grâce à ça, on peut conseiller ce hit à toutes et tous !

Un hommage grandiose à la culture SF

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La partie visual novel est beaucoup moins dirigiste que ce qu’on redoutait.

Le fait de passer d’un personnage à l’autre, de se voir proposée une liberté tout aussi bien qu’une marche à suivre dans l’avancée (il faudra parfois atteindre un certain pourcentage de complétion avant d’avancer le cheminement d’un protagoniste), installe une narration sous forme de montage parallèle. On utilise sciemment un terme issu du cinéma, tant il nous paraît évident que Vanillaware se base sur cet art pour faire naitre le rythme du jeu. On a beau maitriser un avatar, le diriger et même le faire interagir avec d’autres personnages, on se sent de suite embarqué dans un récit d’une richesse rare. Résumons-le ainsi : des kaijus envahissent la Terre, mais des gardiens, pilotes de robots gigantesques appelés les sentinelles, assurent la sécurité des concitoyens. Rien de bien compliqué, n’est-ce pas ? C’est sans compter sur un développement carrément hallucinant, tout autant penché sur la caractérisation des différents protagonistes que sur des rebondissements que l’on ne voit jamais venir. C’est tout simplement prodigieux, on pèse nos mots, et ce du début plutôt mystérieux à une fin dont la noirceur nous hantera très, très longtemps. On apprécie aussi l’écriture des différentes âmes qui habitent l’histoire, qui joue habilement avec le cliché et le plus imprévu. On vous conseille tout particulièrement de vous intéresser à Miwako Sawatari…

L’histoire de 13 Sentinels : Aegis Rim est un bijou, un chef-d’œuvre qui marque le jeu vidéo de son empreinte. Les phases de stratégie, elles, sont en-deça de ce constat, comme on pouvait le redouter. Attention, cela ne signifie pas que ces phases seraient handicapantes, elles restent amplement satisfaisantes et plaisantes à jouer. Mais on en sort tout de même avec un ou deux petits reproches. On est donc projeté sur un champ de bataille pour de la stratégie en semi-temps réel, c’est à dire une sorte de système au tour par tour un peu permissif. Il est question de choisir six personnages, tous associés à leur propre mecha. Ensuite, une carte s’ouvre, et l’on se doit de défendre une base de plusieurs vagues de kaijus (ici aussi appelés Deimos). La mécanique est on ne peut plus simple : on choisi un allié (représenté par une unité géométrique) apte à prendre une décision, et l’on s’adapte à ses attaques et mouvements disponibles. Le but étant soit de survivre pendant un temps donné, auquel cas la base lance un protocole de destruction vous assurant la victoire, soit de venir à bout de tous les ennemis.

Cette simplicité de la prise en mains ne signifie pas que 13 Sentinels : Aegis Rim manquerait de profondeur dans ces phases de combat. Tout d’abord, on apprécie le travail de différentiation effectué sur les générations de méchas. Les plus anciens savent se faire ultra-puissants au corps-à-corps, d’autres sont parfaits pour assurer la maitrise du terrain avec des tourelles qui, il faut le savoir, donnent un avantage terrible dans ces batailles (faites les vite monter en niveau, vous ne le regretterez pas !). Puis on a les robot volant, qui sont aussi bons au contact qu’à distance, et ceux dont les attaques assurent une allonge plus que précieuse. Il est donc question de bien savoir équilibrer son groupe, ceci car les ennemis tirent évidemment parti des subtilités de chacun. On y trouve donc tout de même notre compte, mais surtout en mode Difficile. Les autres difficultés se transforment trop en promenade de santé, et cela peut parfois briser l’intérêt de se plonger dans le côté RPG du jeu.

Vanillaware, roi de la 2D !

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Les combats se déroulent dans une stratégie en semi-temps réel.

Oui, 13 Sentinels : Aegis Rim propose aussi tout ce qu’on attend d’un RPG japonais, et en premier lieu une bonne courbe de progression. Les batailles se jouent en dehors du récit, et l’on peut en enchainer autant de fois qu’on le désire. D’ailleurs, à chaque victoire votre multiplicateur de crédits augmente, ce qui pousse à des session de grind qui n’ont de sens que si le challenge est présent (d’où notre conseil du mode Difficile). On peut ensuite perfectionner tous les robots : débloquer de nouvelles attaques, mais aussi en améliorer l’efficacité. Parfois, il faudra déverrouiller un cap limite, ce qui se fera en perfectionnant la base, là encore en investissant une grande dose de crédits. Ajoutons aussi des gains de skill quand les personnages atteignent un certain niveau, et l’on obtient bien un système agréable à poncer, malgré un manque d’adversité véritablement acharnée. La durée de vie, en ligne droite, se situe vers la trentaine d’heures de jeu. Mais à cela, on peut ajouter la quête des méchas poussés à leur paroxysme, ou encore les batailles qui se débloquent après la fin. Sans compter le devoir que vous vous ferez de débloquer toutes les entrée du codex, grâce à des points glanés ici ou là. Entre nous, ce serait une erreur que de compter votre temps de jeu : profitez, ce n’est pas tous les jours qu’on découvre un tel soft.

Reste un dernier point à aborder, et sans aucun doute l’une des plus grandes qualités de 13 Sentinels : Aegis Rim. Vous allez en prendre plein la vue. Oui, Vanillaware est l’un des plus grands spécialistes de la 2D dans l’industrie, mais chaque nouveau jeu nous semble confirmer encore un peu plus ce fait. Bon sang, mais que c’est beau. Tout, des décors au character design, est d’une puissance à couper le souffle. On croirait admirer de véritables dessins, peints d’une main de maitre, tant certains environnements impriment immédiatement la rétine. Un coucher de soleil apocalyptique, une école typique, des décombres encore fumantes, tout nous marque au fer rouge. Eh oui The Last Of Us Part. 2 et Ghost of Tsushima, on est désolé pour vous mais voilà le plus beau jeu de l’année. Ajoutons que le framerate est stable, et les animations très stylisées font grand effet. Pour terliner, sachez que le soft embarque des voix anglaises et japonaises (on vous conseille évidemment ces dernières). Et les musiques, signées Hitoshi Sakimoto, se marient parfaitement à l’ambiance si spécifique de ce titre.

Note : 18/20

Mais quel grand jeu, quel chef-d’œuvre ! Avec 13 Sentinels : Aegis Rim, Vanillaware livre sans aucun doute son jeu le plus personnel. Véritable ode à la culture de la science-fiction, le jeu (tout sous-titré en français !) se présente comme un mariage étonnant entre le visual novel, la stratégie et le RPG. On a tout de même une retenue concernant la difficulté du soft, qui n’offre du challenge qu’avec le mode Difficile. Mais au-delà de ça, on fait face au jeu de l’année, sans aucun doute l’un des plus admirables de cette génération de consoles.

9/10

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