image jeu homefront the revolutionCaractéristiques

Test

Homefront : The Revolution est ce que l’on peut appelé un rescapé, voir même un miraculé. « Rebootant » une licence dont le premier épisode n’a pas laissé de bons souvenirs, il fallait déjà se lancer dans une mission reconquête d’envergure, aussi bien côté critique que public, ce qui semblait clairement bien parti avec un développeur expérimenté aux commandes : Free Radical Design, les génies derrière TimeSplitters, chapeauté par Crytek. Hélas, l’éditeur a dû faire fac à une crise financière grave, débouchant sur l’abandon pur et simple du jeu (pour se concentrer sur des jeux pour smartphones, hum), mais aussi sur la fermeture du studio. Homefront : The Revolution, déjà bien avancé, se trouva tout de même une nouvelle maison avec Deep Silver, qui rachète le titre et le confie, pour la fin du développement, à Dambuster Studios… des anciens de chez Free Radical Design ! Dès lors, et même si la structure beaucoup plus humble nous donnait envie de rester prudent, on ne pouvait cacher une certaine curiosité pour ce jeu au destin dores et déjà hors du commun.

Histoire : 3/5

image gameplay homefront the revolution

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Homefront : The Revolution nous plonge dans la peau de l’acolyte de Ben Walker, un insurgé plongé dans un futur proche carrément chaotique. Les États-Unis, dans ce récit d’anticipation, n’assure plus sa position de gendarme du monde, mais en l’occurrence ce n’est pas pour le meilleur. Suite à des années d’achats militaires inconsidérés, notamment chez l’ennemi nord-coréen, la situation a dégénéré. la crise financière a poussé le gouvernement américain à ne pas rembourser sa dette envers le Royaume ermite, seulement le gouvernement de ce pays n’est pas vraiment connu pour sa patience. Il ne leur a fallu que quelques temps pour prendre possession des USA, un simple bouton a reprogrammé les armes qu’ils avaient vendu à l’Oncle Sam. L’APEX, la multinationale nord-coréenne à l’origine de ce bazar et notamment leader mondial des ventes de smartphones, entend récupérer son argent, quitte à plonger les citoyens des USA dans la pauvreté, ce qui a tendance à créer des rébellions au sein du peuple. Pas avare en punitions violentes, l’entreprise met en place un véritable régime big brother, ce qui ne facilite en rien la montée d’une contestation mais a tendance à au moins la légitimer. C’est ici que Ben Walker intervient, véritable espoir d’une prise de conscience que le personnage incarné par le joueur n’a pu sauver d’un kidnapping par l’armée d’envahissement… Homefront : The Revolution propose de nous faire rattraper le coup. Et pour cela, il va falloir rallier tout Philadelphie à la cause.

Comme on peut le voir, le scénario de Homefront : The Revolution a fait l’objet d’un travail particulier. Si l’on n’est pas spécialement fan du patriotisme américain qui en découle inexorablement, il est tout de même incontestable que l’ambiance créée par cette crise est plus que satisfaisante. L’univers est sombre, l’atmosphère sacrément tendue, et l’on ressent bien le chaos à l’écran. On parcourt une map désolée, à la limite d’un rendu post-apocalyptique, qui donne à nos allers et venues une tension pesante. Après les premiers instants, qui permettent de nous familiariser aussi bien aux commandes qu’à l’environnement, il faudra tout faire pour pousser le peuple à la révolte. Pour ce faire, le joueur devra prendre possession de différents postes de commandes, ce qui côté gameplay posera quelques soucis en terme de répétitivité, mais marche plutôt bien côté univers. Si l’on met de côté une narration forte, linéaire, Homefront : The Revolution se révèle riche dans le ressenti qu’il offre aux joueurs. Écrivons le tout net : on n’est clairement pas en face du scénario du siècle. Mais accordons au soft une générosité, une envie de bien faire qui nous a conquis.

Gameplay : 3/5

image screenshot homefront the revolution

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Homefront : The Revolution n’est pas compliqué à prendre en mains. Le jeu est réactif, et l’on arrive toujours à concrétiser ses envies à l’écran. Cependant, le soft est tout de même atteint d’un souci, que l’on voyait venir à cause de son développement difficile : il n’innove pas vraiment. Cela ne gênera aucunement les amateurs de la « formule Far Cry« , ni les amateurs d’une approche FPS très miliaire, un peu à la Call of Dutty dans les sensations procurées par les armes qui, aussi bien dans le recul provoqué que dans les impacts administrés, rappelle assurément ce genre de soft. Pour se démarquer tout de même de ce feeling, les développeurs de Homefront : The Revolution ont eu la bonne idée de laisser au joueur le soin de pouvoir modifier ses armes, via des achats à effectuer grâce à l’argent provenant notamment de la vente des objets trouvés pendant nos pérégrinations. Le système est simple à prendre en mains et fun à utiliser.

Il va donc vous falloir se lancer à l’assaut de cette Philadelphie plongée dans un désordre extrême, quartier par quartier. Celui qui se frotte à Homefront : The Revolution va devoir gérer ses déplacements, et constamment aborder les situations en fonction de son environnement. Pas question de se lancer en zone rouge (les quartiers encore non indexés par les insurgés) la fleur au fusil, il sera nécessaire d’observer l’endroit, de scruter les forces en présence. Préférez, par exemple, attaquer un cortège mené par un Goliath, véhicule blindé de l’APEX, de nuit. Et avec des alliés dans les parages, que l’on peut motiver à nous accompagner. Notre meilleur ami reste cependant le kit de guérilla, qui permet de fabriquer sur le terrain de quoi se sortir de bien mauvais pas. Des grenades bien sûr, mais surtout on a adoré faire joujou avec la voiture téléguidée, fun à commander et aux effets efficaces. De ce fait, Homefront : The Revolution offre plusieurs manières d’aborder une fusillade, même si le joueur trouvera bien vite son schéma préféré.

Comme écrit plus haut, le principe de Homefront : The Revolution rappelle fortement celui des Far Cry. Il va vous falloir dénicher les postes de commandes, et les prendre d’assaut avec une prudence qui sera dictée par le niveau de difficulté que vous aurez choisi. Précisons d’ailleurs que même le « mode facile » propose un challenge tout de même assez corsé aux néophytes. Le jeu n’est pas simple, mais reste tout de même agréable. On pourra peut-être trouver une certaine redondance dans la répétition des tâches, mais les quelques missions viennent bien casser le train-train quotidien. On aurait aimé plus de nouveautés, de missions étonnantes, mais en l’état Homefront : The Revolution est dans la moyenne de ce que proposent bien d’autres FPS du genre.

Homefront : The Revolution multiplie les belles envies, mais forcé de constater qu’elles ne résultent pas toutes sur un élément solide. La moto est l’exemple le plus frappant : quel meilleur moyen de locomotion pour un monde ouvert de ce type ? Si cela fonctionne plutôt bien sur le papier, dans les faits les commandes raides de l’engin poussent à utiliser l’engin motorisé avec parcimonie, seulement quand les distances s’allongent. A part ce loupé, on ne peut nier que cet Homefront : The Revolution se joue avec aisance. On comprend vite les différents objectifs, et les petits à-côtés apportent ce qu’il faut de challenge pour les fanatiques du 100%.

Technique et ambiance sonore : 3/5

image jeu homefront the revovolution

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Précisons de suite que nous avons testé Homefront : The Revolution avec la mise à jour 1.03. Ce qui, apparemment, a pas mal changé la donne côté imperfections. Si nous en avons tout de même croisé ici où là, on n’a pas eu l’impression de vivre une foire aux bugs. Tout d’abord, sur un plan purement visuel le soft est léché, très propre et plutôt bien éclairé. On remarque bien la réutilisation exagérée de certains éléments du décors, mais le tout forme un résultat cohérent et agréable à l’œil. Alors certes, ouvrir une porte provoque une animation pas bien finie. Et nous avons pu croiser quelques collisions douteuses. Peut-être plus étonnant : chaque sauvegarde provoque un petit freeze d’à peine une seconde. Mais fondamentalement, rien de bien gênant à y regarder de plus près. Pas de bugs de mission, pas de crashs, rien qui puisse véritablement atteindre l’expérience de jeu, en fait. Plus énervant, des chutes de framerate quand ça pétarade de partout se font sentir. De même, l’intelligence artificielle n’est pas géniale, même si l’on est loin d’un résultat ridicule. Homefront : The Revolution paie sur certains points son ambition plus élevée que ses moyens, mais nous ne pouvons que féliciter les développeurs de ne pas avoir voulu revoir leurs aspirations à la baisse.

Côté sons, Homefront : The Revolution souffle le chaud et le froid. Les musiques ne sont pas du genre à être retenues, mais elles accompagnent bien l’action, ne dénotent pas. Le doublage par ailleurs est de bonne qualité, plutôt bien joué et crédible. Il est seulement dommage qu’un problème d’équilibre se fasse sentir, le volume des voix étant trop faible face aux autres éléments.

Durée de vie : 5/5

image ps4 homefront the revolution

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Homefront : The Revolution à de quoi vous en donner pour votre argent. Entre les objectifs principaux, les secondaires et les à-côté, comptez une bonne grosse trentaine d’heures pour en venir à bout ! Ce qui s’avère tout à fait grandiose pour un FPS, vous en conviendrez. A noter que, pour les amateurs de multijoueur, le soft dispose d’un mode « Résistance », qui propose à une équipe de quatre joueurs de se rejoindre sur des missions sensiblement différentes de celles du solo. Une feature plutôt anecdotique, qui tient le joueur sur une poignée d’heures.

Note finale : 14/20

Homefront : The Revolution est certes un accouchement dans la douleur, mais le bébé se porte finalement plutôt bien, surtout après la récente mise à jour 1.03. Si le jeu n’est pas exempt de défauts, notamment la maniabilité de la moto ou un équilibre des voix un peu en retrait côté ambiance sonore, il serait indécent de ne pas en relever les qualités. Tout d’abord, son atmosphère nous a convaincu, sombre et chaotique. Le gameplay, s’il manque d’une idée novatrice, fait tout de même le job avec un sérieux à toute épreuve. Enfin, pour ceux qui accrochent au style, Homefront : The Revolution les gâte avec un contenu en quantité, qui occupe sur un grosse trentaine d’heure. Alors d’accord, tout n’est pas parfait, mais le jeu de Dambuster en a bien plus dans le bide que ce que l’on espérait, à cause de cette naissance compliquée. Et rien que pour ça, chapeau. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato