image e3 2016 ubisoft

Et voilà, comme tous les ans le monde du jeu vidéo connaît l’effervescence de l’un des événements culturels les plus importants qui se présente à nous chaque année. l’E3, ses milliers et ses milliers de visiteurs, sa tripotée indéchiffrable de jeux présentés… et surtout ses inévitables conférences, comme autant de messes qui nous emmènent, nous pauvres européens, à nous lancer dans des nuits blanches pour suivre ces programmes en direct sur des streams incertains. Si on a constaté de nets progrès de ce côté, c’est surtout pour le contenu de ces shows que nous nous attardons aujourd’hui. Alors, l’E3 2016 des conférences, c’était comment ?

Ubisoft

Chaque année, les conférences Ubisoft font partie des plus attendues de l’E3 ce qui prouve de facto, haters gonna hate, la bonne santé de cet éditeur au moins dans le cœur des joueurs. Si l’avenir « bolorien » occupe, malheureusement, pas mal de place dans les nombreux débats autour de ceux qui ont lancé des franchises comme Rayman ou Assassin’s Creed, il ne faut pas oublier que l’indéniable santé créatrice de cette firme est synonyme d’espoirs chaque année, notamment en terme de nouvelle « IP ». On était donc impatients de faire connaissance avec le futur proche d’Ubisoft, et nous savourions ce sentiment d’autant plus que l’on savait que les discussions autour de l’assaut bolorien pourraient prochainement être moins sympathiques.

Début de conférence pour le moins musicale pour Ubisoft, avec Just Dance 2017, la prochaine itération de cette licence casual bien installée. Bon, cette présentation était quelque peu bariolée et pas vraiment de bon goût, mais ça a eu le mérite de faire remuer l’assistance sur leur fauteuil. Et surtout d’introduire la toujours sémillante (et hilarante) Aisha Tyler. Tout de même, une info intéressante « vidéoludiquement » parlant : le soft sera disponible sur sur « toutes les plateformes de jeu », y compris PC et… Nintendo NX, la prochaine console du constructeur japonais.

Ghost Recon Wildlands avait beau être l’un des jeux les plus remarqués de la conférence Ubisoft de l’E3 2015, on ne peut pas dire que l’on ne soit pas hypé par cette future sortie. Dès lors, il était clairement attendu que le soft fasse partie des grosses présentations de cet événement. C’est donc sans surprise, mais avec une énorme curiosité, que l’on a vu se lancer la cinématique nous rappelant que l’action se passera en Bolivie, et nous plongera dans un conflit armé avec les cartels, et le but du joueur sera de purement et simplement foutre le souk pour les déstabiliser. Ça défouraille dans la joie et l’allégresse, et l’on sent que la communication se fait beaucoup sur le côté coopératif. Un sentiment qui se concrétise dès la présentation d’une phase de gameplay, qui met en scène quatre joueurs chargés de remonter la piste d’El Pozolero, de le choper vivant et d’en tirer moult informations susceptibles de faire avancer notre cause. Information importante : il est annoncé explicitement que Ghost Recon Wildlands est le plus grand open world de l’histoire d’Ubisoft. Si l’on ne demande qu’à vérifier sur pièce, cet élément est primordial pour la gestion de l’action. Ici, la mission donne lieu à une manière, pour le quatuor, d’arriver à ses fins, mais nul doute que d’autres auraient, par exemple, fait preuve de plus de discrétion. L’impression laissée par cette vidéo de gameplay est excellente, notamment techniquement : c’est bourré de détails, fluide, bon sang que c’est beau. Il faudra voir si l’ensemble du jeu est aussi fun que ce que cette vidéo nous a montré, mais pour le moment on est clairement dans de bonnes sensations. La date de sortie, elle, est dorénavant annoncée : ce sera pour le 7 mars 2017, sur Playstation 4, PC et XBox One.

La conférence Ubisoft débutait donc sous les meilleurs auspices, et autant vous le dire de suite : la suite sera sur le même modèle. L’enchaînement se fait avec la suite d’un des meilleurs RPG de la précedente génération de consoles : South Park The Fractured But Whole. Et pour nous le présenter, qui de mieux que Matt Stone et Trey Parker, auteurs de la série ? Personne ? Ça tombe bien, ils étaient là pour s’assurer que nous comprenions bien les quelques amélioration apportées, notamment au système de combat. Celui-ci sera plus précis, par exemple donner un coup certes, mais dans les parties c’est mieux, et ça fait bien plus mal à l’adversaire. L’esprit du jeu sera dorénavant porté sur les super-héros que sur les personnages heroic-fantasy, ce qui donne évidemment de nouvelles classes. Vous pourrez, par exemple, être une sorte de Flash, et Cartman s’occupera de vous trouver un background bien dramatique, genre « avoir vu vos parents copuler a révélé vous supers-pouvoirs ». On est toujours bien dans l’esprit irrévérencieux de la série animée, que ce soit dans les dialogues (tordants) ou la représentation de l’univers. Ceux qui ont joué au précédent opus ne seront pas surpris du peu de progrès techniques apportés par South Park The Fractured But Whole, tant ce critère était déjà parfait par le passé. Le style très simple du dessin, l’animation au diapason, c’est indiscutable : on a l’impression de faire face à un épisode du dessin animé. Information importante : South Park Le Bâton de la Vérité sera offert pour toute précommande de sa suite, que ce soit sur Playstation 4, PC ou Xbox One. On n’en peut déjà plus d’attendre la sortie, calée au 6 décembre 2016 sur les plateformes précédemment citées.

C’est devenue l’une des constantes dans l’industrie vidéoludique : il faut s’occuper de sa communauté, notamment en lui permettant de prolonger son expérience de jeu. The Division a venu. Beaucoup vendu : plus de 10 millions de copies. Un chiffre assez hallucinant pour une nouvelle franchise, qui prouve le fort engouement créé autour de ce soft. Dès lors, il n’est pas surprenant de voir arriver du contenu supplémentaire, comme cette extension intitulée froidement Survival. Tout est clairement dans le titre, et l’ambiance du trailer cinématique convient parfaitement à ce qui sera son futur contenu : on sera seul, sans nourriture ni eau, en plein milieu hostile. Autre annonce, moins mystérieuse dans sa présentation : le DLC Underground. Là encore, les mots ne trichent pas : il va falloir aller chercher les belliqueux dans les sous-sols de New-York, y trouver aussi de nouvelles armes et éléments de défense, tout ça dans des dédales créés aléatoirement. Principe qui rappelle le principe des rogue-like, mais aussi des dungeon-RPG. Cette extension sera disponible le 28 juin 2016 sur PC et XBox One, les joueurs Playstation 4 devront attendre le 2 août 2016. Notons que des skins Rainbow Six, Splinter Cell et Ghost Recon seront offertes gratuitement aux membres de l’Ubisoft Club, à l’occasion des trente ans de l’éditeur.

C’est une forte tendance sur cet E3 2016 : les conférences ont toutes eu droit à leur « instant VR ». Ubisoft, donc, ne déroge pas à la règle même si l’on est un peu circonspect quant à ce qui a été présenté. On se souvient du trailer dévoilé lors de la Playstation Experience 2015, voici venu le temps de montrer du gameplay pour Eagle Flight (MAJ : voir notre preview). Si l’univers très coloré nous a beaucoup plu, le concept de cette démonstration en multijoueur n’était finalement pas très clair. Ou peut-être trop. Il fallait récupérer des objets, puis les ramener dans un nid, en faisant attention à ne pas se faire canarder par les autres participants. En fait, le soucis vient surtout de la représentation des jeux VR, qui est toujours moins pertinente à montrer qu’a jouer. Pas que Eagle Flight n’a pas l’air fun, écrivons plutôt que son principe, qui mise fortement sur les sensations provoquées par la réalité virtuelle, ne sont pas faites pour clairement s’exprimer en vidéo. Ajoutons, par ailleurs, que faire le choix de montrer le multijoueur avant le solo, ce n’est pas toujours bien vu. Le jeu est prévu sur Playstation VR et Oculus Rift dès la fin d’année 2016.

Après ce retour sur le premier jeu VR annoncé par Ubisoft, place à une annonce : Star Trek Bridge Crew. Il s’agit d’une expérience multijoueur dans l’univers bien connu des trekkies, qui permettra aux joueurs de s’organiser en tant qu’équipage de l’Enterprise. Si l’idée est excellente, et nous sommes très curieux de l’essayer, impossible de passer à côté de la technique défaillante. Le rapprochement avec les avatars du défunt Playstation Home a été osé par certains commentateurs, et malheureusement on abonde dans ce sens. Seulement, vous nous connaissez : on n’est pas du genre à résumer une expérience vidéoludique à sa simple technique. L’habit ne fait pas le moine, tout ça. Et nous constatons que le potentiel de ce Star Trek Bridge Crew nous a sauté aux yeux. Si le jeu s’adresse avant tout aux millions de fans de cette licence bien connue, on peut aussi parier que le principe peut parler aussi aux « simples » fans de SF. Le concept, par ailleurs, est du genre à rassurer les (nombreuses) personnes inquiètes à l’idée de voir naître une génération d’Hommes-huitres que le port d’un casque virtuel faisanderaient fatalement. La communication entre les joueurs fait plaisir à voir, et prouve que ce nouveau phénomène ne va pas forcément créer des associables et, rien que pour ça, Star Trek Bridge Crew mérite notre attention. Le jeu est annoncé pour Automne 2016, sur « les supports majeurs de la VR ».

Après l’instant VR, Ubisoft se devait d’envoyer du lourd pour ne pas commencer à perdre le public de la conférence. Deux mots ont suffit pour emballer tout le monde : For Honor. Déjà au programme de l’E3 2015, ce jeu de pure action mettant en scène des factions médiévales a cette fois-ci dévoilé son solo… et quelle baffe ! L’action se situait du côté de Myre, le pays (imaginaire) des samouraïs. En triste état après un conflit d’une grande violence les opposant à Apollyon, les rugueux vikings ont besoin de trouver de nouvelles ressources, ce que Myre semble leur promettre d’après une rumeur décrivant des richesses aussi cachées qu’incommensurables. Cette somptueuse démonstration nous présentait un « raider », du côté des vikings, en plein assaut sur la forteresse des samouraïs. La sauvagerie du barbare était bien mise à contribution sur un champ de bataille bien blindé, animé par un grand nombre d’ennemis. Les malheureux fantassins sont balayés par la puissance des coups, par contre la tâche s’avère plus ardue avec les lieutenant, ce qui démontre que For Honor a pensé son univers : les factions sont organisées, et le joueur devra le prendre en compte dans son approche, penser en priorités. Si le rendu paraît violent voire bourrin, ce n’est pas le cas du gameplay, qui promet de mettre à contribution le sens tactique des joueurs. On a été plus qu’emballé par toute cette présentation, par la grandeur du lieu « visité », le potentiel de l’ensemble. Voilà sans doute l’un des jeux les plus intéressants de cet E3 ! Le soft est attendu (de pied ferme) le 14 février 2017.

Suite à la claque For Honor, Ubisoft a décidé de donner dans les jeux apparemment plus humbles. En apparence seulement, tant les deux softs qui ont suivi sont attendus par une belle fanbase. Tout d’abord, c’est à Grow Up d’être confirmé, lui qui a fait partie des traditionnels jeux « fuités ». La suite de Grow Home nous remet dans la peau de Bud le robot, et cette fois-ci il va falloir rejoindre la Lune. Le jeu est prévu pour août 2016, sur Playstation 4, PC et XBox One.

L’autre jeu est, là aussi, une suite. Mais quelle suite ! Trials of the Blood Dragon, toujours signé RedLynx, fait clairement partie des meilleures impressions de cet E3 2016. Nouvelle itération (uniquement solo) d’une licence qui fait s’arracher les cheveux à bien des joueurs, ce soft décide de rendre hommage aux années 1980, avec une direction artistique qui reprend évidemment celle de Far Cry : Blood Dragon, qui ne laisse aucune place au doute sur cette affirmation. Complètement barré, ce nouveau Trials multiplie les séquences « whatthefuckesques », avec carrément des passages armés, et une multitude de nouveaux engins. Trials of the Blood Dragon, c’est direct dans notre wish-list. Sortie prévue… tout de suite, là, maintenant, et ce sur Playstation 4, PC et XBox One.

Interlude cinéma, avec notamment Frank Marshall venu nous parler de l’adaptation d’Assassin’s Creed. C’est pas qu’on s’en fiche, mais disons que ce n’est pas spécialement ce qu’on est venu chercher. Bon, après ce passage un peu « OSEF », place à un autre de ces jeux « fuités » avant la conférence : Watch Dogs 2. Une longue et bien intéressante vidéo de gameplay, de plus de dix minutes. L’univers, à première vue, a l’air un peu moins sombre, plus ensoleillé. Pourquoi pas, même si l’on faisait partie de ceux qui n’avaient pas détesté la direction artistique du premier. Le héros, Marcus Holloway, semble beaucoup plus porté sur la discrétion que son prédécesseur (ah, ce drone va beaucoup nous plaire !), ce qui est bien plus cohérent : pourquoi avoir accès à de tels outils pirates si c’est pour se comporter comme un gros bourrin ? Cette présentation nous a rassuré sur plus d’un point, notamment côté technique. Les animations sont plus fluides, la distance d’affichage bien meilleure. Après, il faudra voir de plus près le scénario, en espérant que ça ne se résume pas à un « vous incarnez un anarchiste trop cool ». Élément très étonnant, Watch Dogs 2 est prévu pour le 15 novembre 2016, sur Playstation 4, XBox One et PC. Notons qu’une annonce surprenante a mis fin à ce segment : un film issu de la licence est sur les rails…

Pour finir son show d’une grande qualité, Ubisoft se devait de nous surprendre une nouvelle fois. Et là encore, c’est une pure réussite. On fait partie de celles et ceux qui vivent mal l’absence de grands jeux de snowboard (ou de ski, de luge, de bobsleigh, ce que vous voulez) depuis trop, beaucoup trop longtemps. Alors, on ne vous cache pas qu’on a eu nos petits cœurs de gamers qui ont fait « boom boom » à l’annonce de Steep (MAJ : retrouvez notre preview). Des mots ont directement créé l’émotion dès les premières seconde du trailer dévoilé : « it’s pure freedom ». Et oui, cette nouvelle licence, c’est de la liberté pure : un monde ouvert offert aux amateurs de ce sport, mais aussi de cet environnement neigeux si entêtant. Le jeu prendra place dans les Alpes françaises, et proposera non seulement du snowboard, mais aussi : wingsuit, ski, base jump. On est bon les loulous, on va sûrement y avoir droit à ce grand jeu de glisse sur cette génération de consoles ! Notons que l’accent est aussi mis sur les fonctions de partage de ralentis, que l’on imagine déjà impressionnant. Ce Steep, c’est encore une énorme attente… Et, encore une fois, l’attente ne sera pas trop longue : décembre 2016 sur Playstation 4, PC et XBox One. Comme on dit : « shut up and takke my money ! »

Conclusion

La conférence d’Ubisoft à l’E3 2016, c’est du très, très lourd. On a eu droit à des surprises, des confirmations, et surtout beaucoup de séquences de gameplay. On ne cache pas que certaines conférences de cet éditeur ont pu nous décevoir par le passé, notamment pendant toutes ces années de focus sur le marché casual, mais il est temps de l’affirmer haut et fort aujourd’hui : Ubisoft compte parmi les mastodontes du jeu vidéo, et leur line-up fait sans aucun doute partie des plus impressionnants. Notons aussi, on ne peut pas y échapper, les mots de la fin du PDG Yves Guillemot. On le sait, Ubi est en guerre contre l’ogre Bolloré. Ces mots veulent tout dire, de ce fait nous bouclerons cet articles par ceux-ci : « Quand vous êtes libre, il n’y a pas d’échec mais juste de l’initiative« . 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato