image romance of the three kingdoms 13Caractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : Stratégie
  • Distributeur : Koei Tecmo
  • Développeur : Kou Shibusawa Production
  • Sortie France : 8 juillet 2016

Test

Trente ans. Avec ce treizième opus, la licence Romance of the Three Kingdoms souffle sa trentième bougie. Trente ans. Une longévité qui pourra paraître incroyable pour certains, mais qui s’explique amplement non seulement par le succès certes de niche mais populaire de cette licence, mais aussi par l’aura dont celle-ci profite en-dehors du prisme vidéoludique. Koei, depuis devenu Koei Tecmo, ne s’est pas contenté de développer un jeu de stratégie, mais a aussi intelligemment capitalisé sur l’une des œuvres les plus complexes que l’être humain ait pu écrire : Histoire des Trois Royaumes, par Luo Guanzong. Un texte prodigieux, un trésors de la littérature aussi exigeant que brillant, qui revient sur nos consoles pour un Romance of the Three Kingdoms 13 que l’on espérait toujours aussi touffu en terme de possibilités et de contexte historique. Verdict.

Histoire : 4/5

image jeu romance of the three kingdoms 13

Se plonger dans Romance of the Three Kingdoms 13 est une expérience qui peut, à première vue, provoquer une sorte de vertige. Le scénario se déroule au deuxième et troisième siècle de notre calendrier occidental (donc « après J.C. »), et il n’hésite pas à nous mettre en contact avec son contexte environnemental et politique sans ne prendre aucune pincettes avec le joueur… avant tout pour son propre bien. Tout commence en 184, et le jeu nous impose de vivre les plus grandes bataille de ce conflit jusqu’en 214, en nous proposant moult cinématiques d’exposition dans une tendance héroïque certes peu réaliste mais très efficace. C’est par ailleurs une des grandes forces de ce Romance of the Three Kingdoms 13 : réussir à rendre palpitant un conflit qui, pourtant, n’est pas au programme de nos programmes d’histoire-géo.

Romance of the Three Kingdoms 13 va vous demander une implication de tous les instants, et l’on regrette plus que jamais que ce genre de soft ne fasse pas l’objet d’une traduction dans la langue de Molière histoire de faciliter le travail de compréhension. Il faut au moins un niveau d’anglais intermédiaire (et un traducteur histoire d’assurer ses arrières) pour être à l’aise avec l’histoire, en capter les plus précises subtilités. On est de ceux qui ne rechignent pas devant cet élément, ce qui pousse à l’apprentissage d’une langue vivante est toujours bénéfique, mais il est indéniable que le confort en prend un coup. Et pourtant, il va falloir vous mettre à l’aise, car le but du jeu, l’unification de l’Empire de Chine, ne sera atteignavle qu’en apprenant à plus ou moins bien connaître des centaines de personnages (vous avez bien lu), et en retenant les leçons de chacune des épreuves que le jeu vous proposera de résoudre.

Romance of the Three Kingdoms 13 assume sa difficulté d’accès, et demande même au joueur de rajouter sa pierre à un édifice déjà imposant. Ainsi, vous pourrez construire un personnage « from scratch », jusque dans sa date de naissance et de mort, dans un mode libre qui offre une respiration pour celles et ceux qui auraient envie de souffler entre deux conflits historiques à résoudre. Le gigantisme du territoire, de l’histoire, du nombre de personnages, fait de ce Romance of the Three Kingdoms 13 un soft hors du commun, à ne pas prendre à la légère.

Gameplay : 4/5

image koei tecmo romance of the three kingdoms 13

Romance of the Three Kingdoms 13 est, globalement, un jeu qui demande beaucoup d’implication. Et, comme souvent dans les jeux Koei Tecmo, tout le plaisir de maîtriser les différentes mécaniques se trouve dans les efforts consentis. Une fois ces heures d’acharnement assimilées, tout paraît si limpide que l’on en vient à se demander pourquoi les règles qui régissent le jeu ne sont pas plus souvent appliquées. Le gameplay de Romance of the Three Kingdoms 13 se divise en deux partie : la gestion des villes ainsi que des relations humaines, et les batailles. La première est sans aucun doute la plus importante, celle qui vous permettra d’aborder au mieux la seconde tout du moins. Car un peuple bien dirigé, c’est de l’argent qui rentre donc une armée florissante. Vous devrez choisir des officiers sur lesquels vous appuyer, que vous enverrez parler en votre nom sur différents terrains. Attention donc à ne pas négliger l’étape du choix de ces personnages : de bonnes capacités vous assureront une bonne partie du succès futur (enfin, dans le meilleur des cas). Un conseil, ne négligez pas les relations avec d’autres factions : elles pourront vous aider sur le champ de bataille par la suite.

Romance of the Three Kingdoms 13 vous demandera de constamment garder à l’esprit la gestion des officiers. Et si ceux-ci pourront vous donner quelques conseils, il est clair que votre clairvoyance sera tout de même mise à l’épreuve. Telle cité pourra vous apporter tant d’or, donc tant d’unités, mais attention à ne pas vous mettre sur le dos des inimités évitables. Vous pourrez être votre propre juge de  comportement quand vient l’heure de la bataille. C’est à cet instant que vos heures de préparations donneront leurs fruits, et ils ont intérêt à être mûrs juste ce qu’il faut. Cette deuxième partie du gameplay est sans aucun doute beaucoup plus simple à aborder tant le feu de l’action est bien rendu. Il va vous falloir disposer lanciers, cavaliers et archers stratégiquement, et c’est là l’une des grandes forces de Romance of the Three Kingdoms 13 : bon sang que c’est fun à jouer. Le terrain offre pas mal de possibilités, et chaque joueur pourra trouver de quoi mettre en place sa propre stratégie. Attention cependant à ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre, le soft ne pardonne pas une décision prise à la légère. Il va vous falloir peser la moindre décision, tout en jouant sciemment avec les capacités spéciales de vos officiers. Et cette façon de valoriser réellement la tactique, et non le simple envoi de vagues successives de manière « poulpesque » (comme le demandent trop souvent certaines licences de RTS), fait que Romance of the Three Kingdoms 13 s’avère assez jouissif à maîtriser : remporter une bataille est un véritable haut-fait.

Seul bémol à apporter, la caméra de Romance of the Three Kingdoms 13 nous a posé quelques soucis de visibilité assez handicapants, du moins lors des premières de jeu. Trop lente, se plaçant parfois beaucoup trop loin de l’action, elle vous demandera de jouer contre elle en prenant des décisions pour ne pas la froisser. Avec un peu d’apprentissage tout rentre dans l’ordre, mais écrivons que des efforts sur cet élément devront être effectués sur le prochain opus, afin d’éviter la perte parfois injuste de troupes.

Technique et ambiance sonore : 3/5

image gameplay romance of the three kingdoms 13

Heureusement que Romance of the Three Kingdoms 13 profite d’une direction artistique à saluer, le pur rendu n’est pas à la hauteur de ce que l’on peut attendre d’une Playstation 4. Mais soyons justes : si les textures font penser à de la Playstation 3, l’emballage permet tout de même un confort visuel suffisant pour ne pas hurler à l’arnaque. C’est dans l’ensemble assez fluide, même si l’on a remarqué des baisses du framerate que seuls des yeux bioniques pourront déceler. Sur le terrain, le rendu des unités est basique mais cela fonctionne dans un jeu d’un tel genre, à qui nous ne demandons pas une personnalisation de chaque âme envoyée au front. Les phases animées, quant à elles, sont tout à fait sympathiques, et mises en scène avec soin. Heureusement, car elles sont nombreuses.

Côté ambiance sonore, Romance of the Three Kingdoms 13 fait bien plus fort. On apprécie beaucoup certains thèmes aux sonorités typiquement chinoises, et si l’on aurait aimé avoir encore plus de matière ce qui est proposé est d’une qualité telle que les (très) nombreuses heures de jeu ne provoquent pas ce sentiment de répétitivité désagréable. Ajoutons que le choix de proposer un doublage en japonais ou en chinois est à saluer.

Durée de vie : 5/5

image ps4 romance of the three kingdoms 13

Accrocher au concept, c’est se lancer à l’assaut d’une bonne centaine d’heures de jeu, pas moins. Les deux modes de jeu que propose Romance of the Three Kingdoms 13, « Héros » et « Libre », pourront paraître un peu chiche à première vue. Grossière erreur. Outre le fait qu’ils se complètent très bien, proposant ainsi aux joueurs de passer d’un mode ultra-scénarisé à un autre qui nous laisse la possibilité de tout construire grâce à des outils simples et efficaces, ils vous donneront assez de profondeur pour ne plus voir l’heure passer. Attention, jeu addictif voire chronophage quand on s’y accroche…

Note finale : 16/20

Romance of the Three Kingdoms 13 est un jeu de niche, et se doit d’être abordé comme tel. Le fait qu’il ne soit pas traduit en français, et qu’il n’ait pas vraiment la tronche d’un porte-bonheur pourra lui fermer quelques portes. Mais, et c’est une constante pour cette licence qui souffle ses trente bougies : s’accrocher au concept, ne pas perdre de vue le scénario en ne laissant pas passer une seule incompréhension, c’est s’accorder la possibilité de plonger dans une œuvre historique plus que généreuse en contenu, qui vous en donnera pour votre argent.

https://youtu.be/Nw_yIX2rNfU 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato