image l'ultime chevauchéeCaractéristiques

  • Réalisateur : Albert C. Gannaway
  • Avec : Jim Davis, Lee Van Cleef, Faron Young
  • Éditeur : Artus Films
  • Date de sortie DVD : 6 septembre 2016
  • Durée : 69 minutes

Image : 3/5

Le master de L’Ultime Chevauchée est marqué par le temps. Si la définition est satisfaisante, ainsi que le travail sur les contrastes, c’est moins nickel côté marques sur la pellicule. Le tout est de savoir si cela représente un handicap, ou si ça contribue au charme désuet du film. Nous penchons sérieusement pour la deuxième réponse…

Son : 4/5

L’Ultime Chevauchée nous propose une unique piste : version originale sous-titrée en français, dans un Dolby Digital 2.0 convaincant. Si un très léger souffle peut se faire entendre ici ou là, l’ensemble est d’une propreté inespérée.

Bonus : 3/5

Le dessinateur Georges Ramaïoli anime un module, long d’une vingtaine de minutes et intitulé « Les chasseurs de la Californie« . Il revient sur le casting de L’Ultime Chevauchée, puis sur la carrière du méconnu Albert C. Gannaway. C’est court, mais c’est bon.

Synopsis

A la fin de la guerre du Mexique, le capitaine McKane (Jim Davis) oblige un officier mexicain à lui céder ses terres lors de sa capitulation. Il est en fait un escroc aventurier qui s’est engagé uniquement pour posséder de riches territoires. Quelques années plus tard, un shérif vient enquêter sur ces répartitions douteuses.

Le film

Voilà l’exemple typique de western fauché comme les blés mais qui s’en tire grâce aux codes du genre dans lequel il s’inscrit. L’Ultime Chevauchée est désuet jusqu’au trognon, et pourtant le cinéphile y prend un plaisir certain. Tout d’abord parce que le rythme de ce film ne laisse absolument aucune place à l’ennui. En à peine plus d’une heure, le réalisateur Albert C. Gannaway réussi à placer des bagarres, des fusillades, une poursuite, un antagoniste machiavélique et un récit classique mais pas ennuyeux. Certes, L’Ultime Chevauchée ne brille pas par son originalité, mais l’œuvre a le bon goût de donner dans la ficelle en travaillant à la rendre la plus jolie et fun possible.

L’Ultime Chevauchée a beau s’être tourné avec trois fois rien, le film n’en reste pas moins agréable à regarder. Le scénario, s’il réserve quelques incohérences pas dérangeantes (qui en a quelque chose à faire si, d’un point de vue historique, le film ne se tient pas ?), donne au spectateur avide de western ce qu’il est venu chercher. Une sombre histoire de trahison militaire, de propriété terrestre à arracher coûte que coûte, le tout avec un shérif qui n’a pas le nez dans sa poche : L’Ultime Chevauchée est classique, très, mais ça a le mérite de toujours aussi bien marcher de nos jours (quand le spectateur sait où il met les pieds, évidemment) tant on comprend très vite les enjeux.

image artus l'ultime chevauchée

La problématique de L’Ultime Chevauchée, si elle ne restera pas non plus dans les mémoires, offre à Albert C. Gannaway la possibilité de développer un point de vue rarement défendu dans les western des années 1950 : prendre la défense des mexicains, que les Yankees n’ont eu de cesse de voler, de provoquer, de maltraiter. Un tel élan d’objectivité à souligner, même si celui-ci ne se retrouve pas dans le traitement des indiens, réduits à de « simples » guerriers, traqueurs assoiffés de sang que seule la mort peut stopper. Mais malgré cela, L’Ultime Chevauchée est un film courageux qui ose exprimer un point de vue pertinent et juste.

Le spectateur n’a pas le temps de s’ennuyer, et en plus L’Ultime Chevauchée pourra intéresser les amateurs de l’un des comédiens les plus aimés du genre western : Lee Van Cleef. Ici dans la fleur de l’âge, celui qui incarnera bien plus tard le fameux Sentenza dans Le Bon, la Brute et le Truand avait déjà le don de percer l’écran de son regard acéré. Sa présence physique, ses postures, le futur Sabata a déjà ce quelque chose en plus, ce charisme pour s’élever au-dessus du reste du casting. Celui-ci n’est pas spécialement brillant, mais pas non plus désagréable : on fait face à un ensemble de trognes peut-être un peu lisses, mis à part le bad guy interprété par Jim Davies. Alors certes, L’Ultime Chevauchée n’est pas une tête de gondole, mais il ravira sans doute les cinéphiles amateurs de westerns de série B, peu connus mais assez énergiques et captivants pour remporter l’adhésion. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato