image poster logan james mangoldCaractéristiques

  • Réalisateur : James Mangold
  • Avec : Hugh Jackman, Patrick Stewart, Dafne Keen, Richard E. Grant, Stephen Merchant, Eriq La Salle….
  • Distributeur :  20th Century Fox France
  • Genre : Action, Science fiction, Aventure
  • Durée :  136 minutes
  • Sortie : 1er Mars 2017

Critique

Neuvième et dernière apparition, en 17 ans, de Hugh Jackman dans le rôle de Wolverine, Logan marque la fin d’une ère pour l’acteur, après un très médiocre premier film centré sur le personnage, X-Men Origins: Wolverine et un Wolverine: Le Combat de L’Immortel plutôt correct. Alors, Logan est-il le film tant espéré sur le plus intéressant des X-Men ?

Le film se déroule en 2029, soit 5 années après la conclusion de X-Men : Days of Future Past.  Un Logan vieillissant et malade s’occupe d’un Charles Xavier, nonagénaire et victime de démence, à la frontière mexicaine. Alors qu’il travaille en tant que chauffeur de limousine, Laura, une jeune mutante poursuivie par une mystérieuse agence, va bouleverser la vie de Wolverine.

Toujours réalisé par James Mangold (Wolverine: Le Combat de L’Immortel, Walk the Line), Logan nous fait vivre un road trip de la frontière mexicaine à la frontière canadienne. Un voyage concentré sur les personnages et leurs relations. Car oui, cette fois, les protagonistes sont au centre du film. Logan est vieux, malade et alcoolique, il n’a plus de raison d’exister à part s’occuper de Charles Xavier, mis dans la position d’un vieil homme sénile peut-être atteint d’Alzheimer. Les autres X-Men, qui constituaient autrefois sa famille, ayant tous disparu un an auparavant suite à un accident provoqué involontairement par Charles Xavier, il ne s’est pas vraiment réconcilié avec le monde, bien au contraire, ce que reflète sa relation quasi-filiale avec le Professeur X. Malgré un immense respect mutuel, une grande tension couve entre eux.

Tout ça est parfaitement présenté, malgré un démarrage un peu long, mais néanmoins nécessaire. C’est dans ce contexte que Laura/X-23 fait son entrée. Affiliée de façon particulière à notre héros, Laura entretiendra une relation houleuse avec celui qu’elle considère comme son père : ils sont trop semblables pour s’entendre.  Les relations entre les différents personnages sont bien exploitées et évoluent tout le récit, jusqu’à une conclusion émotionnelle maîtrisée.

image logan james mangold dafne keen

James Mangold maîtrise de toute évidence parfaitement l’univers dans lequel évoluent ses personnages. Que ce soit le désert de la frontière mexicaine, les montagnes du Dakota, ou la forêt de la frontière canadienne. Oublié le déluge d’effets spéciaux numériques et les grosses explosions de X-Men: Apocalypse, ici, tout sent le réalisme, teinté d’un esprit western post-apocalyptique, le tout concentré sur les personnages. Ces références explicites au western, qui passent aussi bien par la grammaire visuelle employée par le réalisateur que par certains dialogues, ne sont pas étonnantes puisque Mangold avait déjà réalisé le western 3h10 pour Yuma en 2007, qui avait récolté des louanges méritées. Il se sert ici de sa compréhension du genre pour en transposer certains codes à Logan, et ainsi apporter un véritable supplément d’âme au film. Techniquement maîtrisé jusqu’au dernier plan, le film fait ainsi preuve d’une maturité et d’une noirceur assez étonnantes pour un film de super-héros par son récit et ses enjeux, surtout par les temps qui courent. Bien sûr, on pourra regretter l’apparition du grand méchant assez tard dans le film (il n’apparaît pas dans les bandes-annonces et tant mieux, car c’est une bonne surprise) ou encore les motivations assez sommaires des méchants.

Alors oui, le film est violent et très sanglant. Le succès de Deadpool a de toute évidence prouvé qu’il était possible de faire un film de super-héros Rated (interdit au moins de 16 ans aux USA), et d’attirer dans les salles un public plus « âgé ». Attendez-vous à des démembrements divers et variés, des décapitations, explosions de têtes et j’en passe. Le tout montrant Wolverine (et X-23) en mode Berseker. Voilà ce qu’on attendait depuis le premier film : de la violence bestiale comme seul ce personnage peut en montrer, loin des scènes aseptisées de nombreux films Marvel. Surtout, cette débauche d’hémoglobine est en parfaite cohérence avec la teneur du récit, sans concession. De l’humour ? Etant donné la noirceur du récit, on pourrait croire que rajouter de l’humour serait un peu déplacé, mais ce n’est pas le cas, puisque celui-ci est utilisé de manière pertinente, aux bons moments. Il ne sert pas à désamorcer une situation dramatique, mais plutôt à souligner  l’évolution de la relation entre les personnages.

image logan hugh jackman

Pour le reste, le rythme est assez lent et le film comporte quelques longueurs, notamment au début, mais cela n’empêche pas de prendre du plaisir durant 2h26. La partition musicale de Cliff Martinez (Only God Forgives, The Neon Demon) se prête très bien à l’ambiance du film, sans trop en faire. Les différents décors, naturels ou non, sont magnifiques et la photo de John Mathieson (Kingdom of Heaven, X-Men: Le Commencement) les met encore mieux en valeur, tout en donnant cette touche western qui est en parfaite cohérence avec Logan.

Quant à Hugh Jackman, il livre là sa meilleure prestation de Wolverine. Vieux, malade, alcoolique, violent, mais également à fleur de peau. Il trouve toujours le ton juste, et on ne trouvera rien à redire sur sa prestance physique, une fois encore impressionnante. Patrick Stewart est égal à lui-même (c’est-à-dire très bon), et n’hésite pas à apporter une grande vulnérabilité à son personnage, qui se retrouve ici dans une posture assez peu flatteuse pour un super-héros. La malice quasi-enfantine qu’il apporte à Charles-Xavier (qui profite de son statut de personne âgée) dans certaines scènes rend d’ailleurs le personnage d’autant plus attachant. Mais que dire de la prestation de la jeune Dafne Keen dans le rôle de Laura/X-23 ! Même légèrement mono expressive, elle est impressionnante. On croit en son personnage, le penchant jeune et féminin de Wolverine. Elle peut être aussi calme que déchaînée, faisant preuve d’une violence extrême et sanglante. Enfin, la relation entre les trois acteurs est parfaite. On sent leur complicité à travers l’écran, ce qui rend ce trio si attachant.

Logan est donc un film sombre, mature, violent, sanglant, qui s’intéresse principalement à ses personnages, leur relation et leur évolution respective, avec une forte dimension de western crépusculaire qui nimbe la conclusion de cette trilogie d’une profonde mélancolie. Le meilleur des films consacrés à Wolverine, et tout simplement l’un des meilleurs films X-Men.

Note: A la projection presse il n’y avait pas de scène post-générique. 

Guillaume Creis

Guillaume Creis

Adore le cinéma en général , que ce soit lesgros blockbusters ou les plus petits films .les séries TVet les jeux vidéo.
Guillaume Creis