La dernière fois, je vous disais que j’avais toujours une flopée de séries à rattraper. Pour combler mon retard, j’ai donc commencé à regarder hier soir 3 séries que j’attendais de voir depuis longtemps : la nouvelle série de Joss Whedon pour la Marvel diffusée sur ABC, Agents of S.H.I.E.LD., la nouvelle série-phare de Showtime, Masters of Sex et la sitcom “générationnelle” de la même chaîne, écrite et interprétée par Lena Dunham, Girls. Je n’ai regardé que le pilote de chacune, mais le moins qu’on puisse dire, c’est que vous en entendrez parler sur le blog, car toutes sont d’une qualité confondante !
Après le très sympathique Avengers et la série visionnaire mais avortée Dollhouse, on ne savait pas à quoi s’attendre de la part de Whedon, à part un 2e blockbuster. La curiosité m’a piquée lorsque j’ai entendu parler de cette série Marvel, tout en me posant la question, quand même, de savoir si ce programme servirait à autre chose que vendre Avengers 2 et les différents films mettant en scène chacun des super-héros. En même temps, il s’agit de Joss Whedon quand même, et peu d’auteurs peuvent se targuer d’être aussi à l’aise que lui dès qu’on aborde la formule série télé + super-héros. Et le pilote nous récompense d’avoir fondé des espoirs sur cette nouvelle série, où le papa de Buffy est à son aise. Réalisation soignée, humour et rythme, tout est ici réuni et on sent déjà des personnages et un univers qui ne demandent qu’à prendre leur essor. Pour une fois, on sent bien que le fait d’être diffusé sur une grande chaîne ne portera pas la poisse à Whedon, qui avait été bien mal loti à la Fox avec Firefly et Dollhouse. Le succès d’Avengers aura au moins eu l’avantage de lui donner une plus grande liberté dans laquelle, espérons-le, il pourra continuer à s’épanouir.
Masters of Sex, la nouvelle création de Showtime, est bien partie pour rejoindre les séries cultes de la chaîne aux côtés de Homeland et Dexter. La série débute en 1956 et nous conte les aventures (tirées de faits réels) du brillant médecin William Masters et de son assistante Virginia Johnson, qui furent à l’origine de découvertes révolutionnaires sur la sexualité et notamment le désir féminin. Celui qui était au départ spécialisé dans les problèmes de fertilité se pencha sur le sexe après avoir passé des années à entendre les femmes se plaindre et s’interroger sur leur vie sexuelle. Malgré le refus de sa direction de soutenir son étude, il s’adjoint les services d’une ancienne chanteuse de cabaret reconvertie dans le secrétariat médical et observa les réactions du corps humain face aux stimuli pendant la masturbation ou l’acte sexuel. Une première qui avait de quoi faire scandale !
Le pilote est brillant et nous présente des personnages fort peu conventionnels, le tout de manière crue mais élégante, avec humour. A l’issue de ce premier épisode (où le docteur propose à Virginia de participer tous deux à l’étude pour évacuer tout transfert et tension sexuelle entre eux !) on a hâte de voir la suite et de voir s’épanouir la relation entre les deux à mesure que les recherches avancent.
Et enfin, Girls de Lena Dunham, qui a débuté l’an dernier aux Etats-Unis et se présente, pour emprunter un raccourci, comme un Sex & the City plus jeune et sans le côté glamour. Hannah est une jeune auteur qui est toujours stagiaire pour un journal 2 ans après la fin de ses études et travaille sur un roman dont elle espère qu’il trouvera un écho générationnel. Tout irait presque pour le mieux si ses parents, de passage à New York, n’en profitaient pour lui annoncer qu’ils lui coupaient les vivres et qu’elle allait devoir désormais chercher un travail. Le pilote nous présente Hannah, ses interrogations et ses problèmes de fille de 24 ans qui rame comme beaucoup de sa génération pour s’accomplir professionnellement. On la voit avec sa famille, son petit-ami et sa petite bande d’amies.
Il y a un ton drôle et cru dans Girls qui en fait tout son charme et la série se permet même de jouer avec les inévitables comparaisons (qui n’ont pas lieu d’être) avec Sex & the City lors d’une scène rigolote où une des amies d’Hannah accueille une cousine anglaise en établissant des comparatifs avec les héroïnes de la célèbre sitcom. Sauf que les quatre héroïnes de la série n’ont pas grand chose en commun avec les new-yorkaises glamour. Hannah ne colle pas aux canons de beauté inhérents dans les séries américaines : presque pas maquillée, elle est assez petite et boulotte, porte des vêtements hors de mode, elle est couverte de tatouages. L’écriture est fine, mais il n’y a pas de vraies gags ici, pas de voix-off, pas de répliques qui font trop écrites : Lena Dunham a privilégié le naturel et c’est bien ce qui distingue Girls des autres séries du genre. On a hâte de voir la suite de ses aventures !