[Preview] Portal Knights : un sandbox au bon goût de RPG

Sandbox et Action-RPG, un mélange savoureux

image guerrier portal knights

Après l’incroyable rush de fin d’année, période au cours de laquelle les titres « AAA » sortent en meute assoiffée de sang, prêts à casser la baraque et surtout celle du petit copain, voilà que le mois de janvier offre un (petit) moment de quiétude, de respiration. Et c’est souvent en ces instants, que l’on pense plus calmes, que l’on peut voir venir les softs moins en vue, mais au moins tout aussi intéressant. C’est ainsi que l’on a été découvrir Portal Knigts, qui pourrait se décrire rapidement comme un mélange de sandbox et d’action-RPG. Et autant vous le signifier de suite : on a particulièrement apprécié ces premières minutes avec le jeu.

Il faut tout d’abord préciser que Portal Knights, développé par Keen Games (Sacred 3, Anno : créez votre monde) et édité par 505 Games (Assetto Corsa, Virginia, Abzû), est dore et déjà disponible en accès anticipé sur Steam. Les joueurs PC peuvent donc déjà s’y exercer, même si le contenu actuel n’a rien à voir avec celui qui sera disponible en avril 2017, lors de la sortie réelle et notamment sur consoles. Une fois cette précision bien apportée, on peut rentrer dans le vif du sujet. Ce qui marque, suite à cette prise de contact avec Portal Knights, c’est le mariage abouti entre les règles du sandox dit « de construction » et celles de l’action-RPG. Une alliance qui donne de jolis fruits dans le gameplay (on y reviendra), mais aussi dans l’ambiance même du jeu.

En effet, si Portal Knights se présente comme un sandbox, il en refuse certains codes, comme l’absence parfois lourde d’une histoire, toute minimale qu’elle soit. Le scénario, s’il est encore mystérieux après notre découverte du jeu, est bel et bien présent. Il est ici question d’une Grande Déchirure, de laquelle s’échappe des hordes de monstres menaçants. La situation est alarmante, d’autant que personne ne sait plus vraiment quand le phénomène a débuté. Parmi les effet de cette Grande Déchirure, l’univers de Portal Knights s’en trouve divisé en plusieurs îles flottantes, reliées les unes aux autres par tout un réseau de portails. Le joueur incarne un héros dont l’objectif est la réunification, afin de reconstruire un royaume digne de ce nom. Un but bien cadré donc, et plus consistant que ce que l’on trouve dans la grande majorité des sandbox « de construction », vous en conviendrez.

Une direction artistique enchanteresse

image mine portal knights

Les premiers instants passés avec Portal Knights sont un bonheur de toutes les secondes. Une impression s’invite à cet instant précis de la découverte : « bon sang que c’est mignon« . Et effectivement, de manière plus posée que lors des premiers moments de cette initiation, on peut l’affirmer : Keen Games et 505 Games sont entrain de rendre une copie réjouissante. Cela fourmille de couleurs, la direction artistique est maîtrisée dans le style enchanteur, et même si le studio de développement doit encore passer un coup de polish (à plusieurs mois de la sortie, quoi de plus normal ?) sur certaines textures, celles-ci sont tout de même assez détaillées pour construire un rendu visuel à la personnalité certaine. Les petits héros de Portal Knights sont aussi agréables à l’œil, d’ailleurs le début du jeu propose au joueur d’en créer un , avec un choix étendu de précisions (les yeux, leur couleur, forme, la voix etc). Un passage obligé pour les joueurs en recherche d’expérience personnalisée.

Après avoir choisi le type d’île flottante sur laquelle le joueur débute (petite, moyenne, grande), Portal Knights ne vous jette pas dans le grand bain sans surveillance. Le terrain de jeu s’offre à vous, mais on se rend vite compte qu’il peut être assez vaste, et qu’un apprentissage s’impose. En gros, il faut savoir maîtriser le gameplay et les différentes règles pour bien profiter de Portal Knights, rien de surprenant jusqu’ici. On apprend à utiliser à la caméra, passer de la vue à la troisième personne à la vue subjective (d’une simple pression sur un stick !), à gérer l’inventaire, à construire divers objets ou matières par le biais du menu dédié. D’ailleurs, ce dernier fait parti d’un ensemble d’écrans très agréables à parcourir, Keen Games a évité le piège du fouillis de belle manière : c’est lisible et ordonné.

Puis, il faut se lancer dans les combats, car c’est ici que l’action-RPG commence à s’inviter dans le gameplay de Portal Knights. A l’aide de la pression sur un bouton, le joueur verrouille un ennemi, à la manière de ce que l’on peut avoir dans un Zelda, puis s’offrent les possibilités d’attaque et d’esquive. Portal Knights répond parfaitement au doigt et à l’œil et les ennemis rencontrés (au début des sortes de gluants, puis par la suite le bestiaire s’étoffe) opposent assez de répondant pour ne pas être de simples détails. Autre point important : le passage sur consoles s’accompagne d’un parfait équilibrage sur la Dual Shock 4 de la Playstation 4…

Un concept pour tous les publics

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Qui dit action-RPG dit gain d’expérience, et Portal Knights n’échappe pas à la règle. Bien entendu, il faudra revenir sur le jeu plus longuement afin de réellement se rendre compte de l’impact des statistiques sur notre aventure, mais on peut dore et déjà parler de réussite sur l’enchevêtrement de ce code avec ceux du sandbox de construction. Évoluer dans le soft a cela de prometteur que le concept emporte beaucoup de mécanismes très prenants, passionnants même, qui poussent les joueurs tout autant à construire qu’à combattre et explorer. Bien vu. Aussi, les classes sont évidemment au rendez-vous, trois pour être plus précis : Guerrier, Rôdeur et Mage, et là encore il faudra avancer plus loin dans le soft pour bien en capter toutes les possibilités.

C’est peu dire qu’on a eu du mal à rendre la manette après cet essai de Portal Knights. Après s’être familiarisé avec le concept, on sent tout le potentiel du jeu, notamment en terme d’exploration, laquelle offre de véritables surprises. Il va falloir passer de planète en planète (et cette fois-ci elles sont réellement toutes différentes), accumuler des ressources bien entendu mais dans des buts bien précis et, surtout plus utiles que pour la simple frime. Construire une bonne armure ça aide, notamment dans les combats de boss. En écrivant à propos de ceux-ci, on a pu assister à l’une des joutes contre ces ennemis tyranniques et du genre imposants. Et, là encore, on est dans de l’Action-RPG typique, avec un adversaire impressionnant et un point faible à bien bastonner. Classique certes, mais comme le veut l’adage c’est aussi très efficace.

Notre dernier point concerne le multijoueur, qui était absent de notre découverte mais dont on a pas mal parlé. Il faut savoir que si le jeu à plusieurs existera, c’est une évidence pour un soft de genre sandbox « de construction », on nous a aussi assuré que l’on peut aussi parcourir l’aventure en solitaire. Il faudra vérifier cela, en bon joueurs solo que l’on est à la rédaction de Culturellement vôtre. Vous l’aurez compris, Portal Knights nous a pas mal emballé sur ces premiers instants de jeu. On avait surtout un peu peur pour le gameplay, mais Keen Games s’en sort avec une facilité assez déconcertante, en donnant à la recette des bases prudentes. Ainsi, on comprend vite les objectifs, les différentes manipulations, l’univers accroche l’œil à la première seconde, c’est clairement ciblé grand publique mais sans en faire des tonnes dans ce sens. Il ne reste plus qu’à voir si ces bonnes impressions se vérifieront tout au long de Portal Knights, et notre petit doigt nous dit que c’est sur la bonne voie.

Portal Knights, un jeu développé par Keen Games, édité par 505 Games. Sortie prévue le 28 avril 2017, sur Playstation 4, Xbox One et PC.

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Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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