article coup de coeur

[Critique] Wind River : un des meilleurs films de cet été au cinéma

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Taylor Sheridan
  • Avec : Jeremy Renner, Elizabeth Olsen, Kelsey Chow, Jon Bernthal, Graham Greene, Julia Jones, Gil Birmingham
  • Distributeur : Metropolitan Filmexport
  • Genre : Thriller
  • Nationalité : USA
  • Durée : 111 minutes
  • Date de sortie : 30 août 2017

 

Taylor Sheridan clôt efficacement sa trilogie sur la frontière américaine moderne

Quand on s’aventure dans les parages de ce Wind River, on est tout de suite interpelé par un nom, celui de son réalisateur : Taylor Sheridan. Sans douter loin de figurer parmi les plus ronflants du moment, et pourtant cet homme vient de signer les scénarios de deux des meilleurs films de ces toutes dernières années : Sicario (Denis Villeneuve) et Comancheria (David Mackenzie). Le film, ici critiqué, est son premier long métrage derrière la caméra (il e scénarise aussi, on ne se refait pas), l’occasion de réaliser ce qu’il considère lui-même comme le dernier volet d’une trilogie sur la frontière américaine moderne…

Wind River aborde l’un des sujets américains les plus sensibles, l’état des réserves amérindiennes. L’histoire se résume ainsi : Cory Lambert, traumatisé par la mort de sa fille, travaille pour le United States Fish and Wildlife Service. Un jour, il trouve le corps d’une adolescente dans une région désertée de la réserve indienne de Wind River. Le FBI envoie alors une jeune agent inexpérimentée, Jane Banner. Elle va alors engager Cory comme pisteur pour l’aider dans sa tâche, dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement.

image jeremy renner wind river

Comme vous l’avez remarqué, tout comme Sicario il est question d’alliance, sans doute moins contre-nature que celle du film de Denis Villeneuve, mais elle ne fonctionne pas moins. Après la grosse ficelle de l’agent pas vraiment adapté à l’environnement de son enquête (Jane arrive tout droit de Las Vegas, porte un string et s’avère novice, ça fonctionne mais ce n’est pas très finaud), se met en place une liaison qui éblouit Wind River et le spectateur. Car Cory, ce pisteur hyper expérimenté, va pouvoir tout autant jouer son rôle que celui de guide, pour une fille de la ville pas du tout rompue à ces paysages enneigés mais arides, sorte d’antagoniste naturel et implacable. La recette fonctionne parfaitement, notamment grâce à une écriture des personnages qui sous-entend, plus qu’elle ne dévoile.

Un film sombre, dense, et fichtrement bien écrit

image elizabeth olsen jeremy renner wind river

Wind River est certes un thriller, mais ce serait une erreur que d’en attendre uniquement les plus incontournables des codes du genre. Comme pour les précédents films qu’il a scénarisé, Taylor Sheridan profite d’une situation pour aborder une multitude de sujets : le deuil, les tensions terribles au sein des réserves amérindiennes, le viol, le meurtre, l’addiction aux drogues. Il est question de tout cela dans ce film, et n’ayez crainte, car le scénario se charge de ne jamais noyer le spectateur sous les ressentis. L’écriture est aussi claire que dynamique, et sombre. L’ambiance n’est pas à la fête dans Wind River, c’est le moins que l’on puisse écrire, mais c’est une nécessité en vue d’un constat qui, bien malheureusement, ne permet pas de se reposer sur une bonne conscience.

L’affaire policière, elle, évolue plutôt bien, même si la résolution, qu’on ne vous spoilera pas d’une syllabe bien évidemment, nous a paru un peu balancée. La séquence est pourtant assez géniale, l’action qui y est décrite est mémorable, mais il cela manque peut-être un peu de préparation dans la partie enquête. Un constat qui ne gêne pas outre mesure, et rien ne vient gâcher une impression finale qui ne fait l’objet d’aucune hésitation : on a assisté à un spectacle maîtrisé, devant et derrière la caméra. Taylor Sheridan opère des choix judicieux, en terme de cadres et de mouvements, ne noie pas son intrigue dans des effets mal sous-pesés. Et le casting est tout simplement bluffant : Jeremy Renner nous a subjugué (qu’il fasse autre chose que le super-héros à l’avenir, par pitié !), et la douée Elizabeth Olsen (elle aussi…) trouve là l’un de ses meilleurs rôles. De là à écrire que Wind River est l’un des meilleurs films de cet été au cinéma, il n’y a qu’un pas, que nous effectuons sans aucune retenue.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
8/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *