[Test] Illusion A Tale Of The Mind : réflexion rime avec émotion ?

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : Frima Studio
  • Editeur : Ravenscourt
  • Date de sortie : 1er juin 2018
  • Acheter : Cliquez ici

Une patate de forain ?

image illusion tale mind
Un univers bien travaillé.

Si l’industrie du jeu vidéo a désormais atteint l’âge adulte, avec ses problématiques (parfois délirantes, et pas dans le sens jovial du terme) et ses ambitions dévorantes, il reste tout de même un petit coin de paradis pour celles et ceux qui aiment prendre la tangente. Abandonner quelques temps les TPS et autres mondes ouverts, pour retrouver des genres devenus plus rares, car moins vendeurs, cela reste possible. Un exemple précis nous vient en tête : NieR, chez Square Enix mais surtout émanation de feu Cavia. Un RPG japonais particulièrement laid, parfois difficilement jouable, et pourtant devenu culte au fil du temps, grâce à des qualités scénaristiques évidentes. Sera-ce le cas pour Illusion : A Tale Of The Mind ? Rien n’est moins sûr, même si l’on a apprécié cet univers particulier.

Il est difficile d’aborder l’histoire d’Illusion : A Tale Of The Mind, sans se poser la question de l’hypothétique spoiler. Sachez simplement que vous incarnez Emma, une petite fille qui se trouve projetée dans l’esprit d’un artiste de cirque tourmenté, dans un Paris des années 1920. Elle se voit accompagnée par Toupin, esprit virevoltant qui la guide dans cette fête foraine quelque peu lugubre sur les bords. Le pourquoi du comment est tellement primordial pour la narration qu’il nous faut le passer sous silence, mais sachez que le ressort scénaristique est plutôt efficace. Par contre, l’écriture nous paraît un peu abrupte, comme si les développeurs de Frima Studio s’étaient plus concentrés sur l’efficacité de la situation, au détriment de sa construction. C’est un peu dommage, notamment quand, arrivé dans le dernier quart, les événements s’enchainent avec trop peu d’impact.

Un jeu humble

image jeu illusion tale mind
L’héroïne va vivre une aventure intérieure.

Illusion : A Tale Of The Mind est un jeu de réflexion, qui ne cache pas son envie d’ouvrir des voies. Sans pour autant qu’on ne soit libre, écrivons que le soft permet parfois de vagabonder, par exemple pour récupérer des objets à collecter indispensables à l’avancée, comme des morceaux de miroir brisé par exemple. On remarquera, à cette occasion, que l’avatar est un peu lourde à déplacer, mais rien de bien grave. Tout cela ne trompera personne sur l’esprit linéaire du titre, mais c’est plutôt agréable, manette en main. Emma va devoir faire face à des énigmes, et toutes contiennent une problématique visuelle. Beaucoup de travail sur les perspectives, la recréation de dessins, ce genre de choses. Si la plupart sont d’un niveau plutôt intermédiaire, il faut signaler que certaines épreuves sont loin d’être aisées. On citera celle du manège, dès le premier chapitre, qui nous a bloqué quelques temps. Et ne pensez pas être aidés par des indices : il va falloir vous creuser le ciboulot en solo.

Illusion : A Tale Of The Mind est atteint du syndrome de la technique douteuse sauvée par une direction artistique bien travaillée. On note pas mal d’aliasing, des bugs rares mais présents, et même quelques légères baisses de framerate. Seulement, on reste tout de même touché par la vision des artistes de Frima Studio, à la fois colorée mais sombre dans l’esprit. Un cheminement qui s’associe à l’étrangeté de la situation, pour accoucher d’un univers troublant, et parlant. En parlant de parlant (triple répétition, le relecteur en PLS !), il s’agit sûrement du plus gros regret : les voix, françaises d’origine, ne sont pas toutes soignées. On pense surtout au personnage de l’artiste forain, qui récite son texte comme Fleur Pellerin lit ses fiches : sans en connaître ni en comprendre le fond. Dommage, surtout que la bande originale reste assez agréable.

Note : 13/20

Illusion : A Tale Of The Mind est assez typique de ces jeux humbles, à l’idée directrice charmante, parfois un peu nivelés vers le bas par une écriture pas folichonne, un doublage très inégal et un gameplay un peu pataud. Quelques défauts donc, mais une réelle sympathie pour un soft qui tente quelque chose : des énigmes visuelles parfois loin d’être évidentes, et un univers visuellement assez fort. Une belle petite histoire, donc, sans prétentions ni sursaut de génie.

6/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *