[Critique] American Nightmare 4 Les Origines : insupportable de bêtise

Caractéristiques

  • Titre original : The First Purge
  • Réalisateur(s) : Gerard McMurray
  • Avec : Y'Lan Noel, Lex Scott Davis, Joivan Wade, Mugga, Lauren Vélez
  • Distributeur : Universal Pictures
  • Genre : Thriller
  • Nationalité : USA
  • Durée : 98 minutes
  • Date de sortie : 4 juillet 2018

Un film raciste

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Un personnage principal tout sauf crédible.

Le cinéma de genre a l’habitude de se penser en licence, et ce depuis ses bien longtemps. Rappelons-nous des films de monstres d’Universal, sa continuité chez la Hammer, ou encore les innombrables rejetons du Halloween de John Carpenter.  On pourrait continuer longtemps comme ça, et chacune de ces séries se trouverait un point commun : le succès populaire du film original. De là à penser que les séquelles sont motivées par un intérêt purement financier, il n’y a qu’un pas… que l’on n’effectuera pas. En effet, certaines histoires demandent à ce que plusieurs œuvres voient le jour, afin d’exploiter au mieux leurs univers. C’est, notamment, une spécialité de James Wan qui, au-delà du (trop) simple créateur de jump scare qu’il est, est aussi convoité pour ses qualités de projection, de suite dans les idées. Le film qu nous abordons ici, American Nightmare 4 : Les Origines, rentre dans cette catégorie. En effet, il fallait bien raconter ce qui a poussé à la création de la fameuse purge.

Seulement, se justifier par le besoin d’exister ne fait pas d’une œuvre un bon film. Et American Nightmare 4 : Les Origines l’apprend à ses dépends. Ne passons pas par quatre chemins : on se trouve là face à un raté, aussi bien artistiquement que dans le fond exprimé. Commençons par aborder l’histoire. On est renvoyé vers le passé, avant le premier American Nightmare, alors que les Nouveaux Pères Fondateurs ont accédé au pouvoir, aux États-Unis. La criminalité explose et, pour la faire baisser drastiquement, le parti a l’idée de lancer une expérience quelque peu jusqu’au-boutiste, sur Staten Island, une île de New-York : la Purge. Durant toute une nuit, soit douze heures, les citoyens vont pouvoir s’entretuer sans contraintes, dans ce territoire tenu par les gangs.

Le scénario ne tient pas les promesses du concept

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La direction des comédiens est catastrophique.

Le scénario d’American Nightmare 4 : Les Origines est une véritable déception. Ce que le film a de plus précieux, c’est sa mise en situation, les différents éléments qui pourraient expliquer la montée en puissance des Nouveaux Pères Fondateurs. Hélas, le sujet est à peine effleuré, on aura juste droit à une exposition sans grandes idées, sans volonté d’analyse un peu plus sérieuse que le « méchant Blanc contre les gentils Noirs ». Bien entendu, on n’était pas non plus en attente d’une véritable analyse sociale, de la part d’un projet aussi simple(t), mais tout de même on pouvait espérer un peu plus profond. Hélas, rien ne viendra distiller un surplus d’intelligence dans le propos, et certainement pas les personnages. On a droit au gentil dealer au grand cœur, au président nazi etc. L’hécatombe de la pensée. Seule la combattante des droits civiques trouve un minimum d’intérêt, même si elle finit par tomber sous le charme improbable du trafiquant de mort, ce qui nous paraît très, très paradoxal.

Bien entendu, on comprend très vite que le thème de ce préquel est le racialisme, et là c’est le drame. Car, clairement, notre époque est habitée de citoyens qui ont totalement pété les plombs, qui ne sont plus capables d’exprimer une pensée équilibrée. Get Out était déjà dans cette veine, même si sa propension à s’attaquer à l’hypocrisie des « humanistes » pouvait nous plaire. Mais American Nightmare 4 : Les Origines va beaucoup plus loin. Et là, on ose l’écrire en toute lettre : le film du tâcheron Gerard McMurray est raciste. Pour s’en convaincre, il suffit de citer une seule phrase, prononcée très sérieusement par le personnage principal : « allons buter des Blancs ». Imaginez seulement la même phrase, adressée à la communauté afro-américaine, les tonnes d’articles sur Vice, Rolling Stones, les enquêtes chez Edwy Plenel et autres gros titres chez BFM. Et vous savez quoi ? On aurait raison d’en faire des tonnes, car ce serait, là aussi, du racisme. Seulement, 2018 est l’année de la haine encadrée. Il est toujours bon de taper sur les « non-racialisés » (en les ramenant à leur couleur de peau, ce qui est évidemment contre-productif), c’est idéologiquement « safe ». Et le film se fait le porte-parole de cet esprit nauséabond.

Un réalisateur dont la vulgarité tombe à pic

Au-delà de ce fond détestable, American Nightmare 4 : Les Origines est aussi un piètre film de genre. Revenons un peu sur le personnage principal, Dmitri, un dealer au grand cœur (!) incarné par un sous-50 Cents nommé Y’lan Noel. Il sera à peu près notre seul intérêt pour le film, puisque la caméra très pataude du réalisateur Gerard McMurray le suit de plus ou moins près. La Purge, elle, est inoffensive au possible. Jamais l’œuvre ne profite de son atmosphère, mis à part deux ou trois personnages secondaires à sauver, comme l’inquiétant Skeletor. Le récit en lui-même combat son propre concept : les participants n’ont pas envie de tuer. Ce qui est, évidemment, une bonne chose dans un souci de fond. Seulement, le spectateur n’est pas là pour admirer des séquences de fête baignées de rap vocodé, ou des transactions de drogue. Interviennent alors des forces spéciales (composées uniquement de Blancs, sinon c’est pas drôle), afin d’énerver tout ce beau monde. Cela fonctionne à peine, mais surtout ça a le don d’exciter Dmitri qui, tout à coup, se trouve les capacités guerrières nécessaires afin de réduire à néant toute une tripotée de mercenaires surentrainés. Tout cela prête à sourire, surtout quand le même personnage, sur la fin, enchaine les headshots sans réussir, quelques instants plus tard, à atteindre une cible à deux mètres de lui. C’est ballot.

Vous l’aurez compris, ce n’est pas la crédibilité qui étouffe American Nightmare 4 : Les Origines. et ce n’est pas nom plus sa réalisation. Gerard McMurray est bien parti pour faire carrière, tant on trouve en son style toute la vulgarité de notre époque. Au-delà des artifices tout droit inspirés des clippeurs époque MTV, le metteur en scène est surtout un piètre directeur des comédiens. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer la séquence de la manifestation contre la Purge. Outre que seulement une dizaine de personnes y participe, ce qui pourrait faire croire que les gens se prononcent en faveur de ce très détestable concept, c’est surtout le peu d’envie des figurants qui nous marque. Il faut les voir, à moitié rigolards, alors que la séquence est sensée démontrer tout le sérieux des citoyens engagés. Voilà qui termine de nous atterrer. Qu’on se le dise, le racisme sur grand écran, et quelle que soit la couleur visée, ne peut que résulter sur une immondice.

1/10

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