[Test] Sword Art Online Alicization Lycoris : aussi profond que moche

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : Aquria
  • Editeur : Bandai Namco Entertainment
  • Date de sortie : 10 juillet 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Sword Art Online : Alicization Lycoris s’adresse aux fans

image gameplay sword art online alicization lycoris
Sword Art Online : Alicization Lycoris profite d’une DA classique mais efficace.

Il était temps que nous abordions enfin la licence Sword Art Online ! Si vous trainez parfois vos guêtres sur les différents stores de vos consoles, vous avez sûrement déjà croisé un opus de cette série, peut-être sans trop savoir de quoi il en retourne. C’est normal : elle est aussi populaire auprès d’une très importante fanbase, que méconnu du grand public. Sword Art Online est, à la base, un light novel (roman typiquement japonais) parmi les plus appréciés. Écrite par Reki Kawahara, cette œuvre fleuve (plus de vingts volumes depuis 2009, vendus à des millions d’exemplaires) a aussi eu droit à une adaptation en animé et, donc, en jeux vidéo. Il faut dire qu’il y a tout, dans ces bouquins, pour faire de bons softs, on comprend donc l’éditeur Bandai Namco Entertainment quand il persiste dans la manœuvre, et ce malgré des titres pas toujours heureux…

Autant vous prévenir d’emblée : rejoindre le monde de Sword Art Online peut sembler difficile. De plus, l’opus qui nous intéresse ici, sous-titré Alicization Lycoris, n’est pas du genre à prendre des pincettes avec les nouveaux venus. On peut donc affirmer que cet épisode s’adresse avant tout aux passionnés de cet univers, ceux qui sauront de suite ce qu’est un VRMMORPG. Vous l’ignorez, alors plongez-vous dans les wikis en ligne, vous en aurez besoin. Tout cela signifie aussi qu’on a droit à une approche fondamentale de la licence, ce qui est une excellente nouvelle pour des amateurs qui, écrivons-le tout de go, ont envie de faire avancer le schmilblick sans que des novices les retardent. On aborde donc un arc du roman, mais attention : les développeurs de chez Aquria ont pris certaines libertés avec le récit, notamment en donnant plus d’importance à certains personnages secondaires. Mais ce n’est pas tout, vous verrez que la seconde partie du jeu modifie grandement le cheminement du bouquin, et se boucle sur un final qui ouvre une voie intéressante, car inattendue, pour une suite. Signalons ici que le jeu est entièrement sous-titré en français, et tant mieux : les testes sont nombreux.

On retrouve donc avec joie Kirito, alors qu’il revient à lui dans un monde non seulement inconnu jusqu’alors, mais aussi déconnecté de son interface. Perdu mais pas paniqué, il va se voir rejoindre par Eugeo, qu’il croit être un PNJ, mais qui fait preuve de plusieurs singularités étonnantes. Attaché à sa terre par une véritable malédiction, Eugeo en sera libéré après être venu à bout d’une mission périlleuse. C’est ici que le duo va se mettre en route à la recherche d’Alice, une amie du PNJ qui, étrangement, provoque des résurgences chez Kirito. Cela met en place les principes de gameplay que l’on attend de cette licence. En cela, Sword Art Online : Alicization Lycoris joue manque peut-être un peu de prise de risque dans son gameplay, mais ce qu’il entreprend reste plutôt maitrisé. Donc, l’un dans l’autre, on y gagne. Il est question d’un monde à parcourir, divisé en plusieurs zones plus ou moins grandes, et d’y accomplir un grand nombre de missions, qu’elles soient principales ou secondaires. On aura une sacrée dose de quêtes Fedex pas très intéressantes mais tout de même accompagnée d’un contexte, et récompensantes. Bien entendu, il est aussi question d’activités annexes, comme la pêche. Celle-ci, un grand classique du JRPG, est d’ailleurs un poil décevante : si on apprécie le concept de la canne qui permet de dépasser notre potentiel, on aurait tout de même apprécié une mécanique de gameplay lors de la prise. Reste que la durée de vie, en prenant tout cela en compte, se fait très solide : elle se compte en dizaines d’heures.

Profond dans le gameplay, mais techniquement déroutant

image test sword art online alicization lycoris
Les combats sont profonds, mais on note tout de même des regrets.

Sword Art Online : Alicization Lycoris met le paquet sur son système de combat, et gageons qu’il plaira aux joueurs les plus attentifs. Les mécaniques sont si nombreuses que les premières heures peuvent être déconcertantes, voire même décourageantes, mais on conseille de persister. Tout se passe en temps réel, on fait donc face à une saveur Action-RPG, mais le studio Aquria a tout de même chercher à distiller de la stratégie. Ainsi, vous allez devoir spammer la touche de coups certes, mais aussi gérer tout un tas de compétences actives, tout en veillant à ne pas oublier de vous protéger via la garde. Tout est question de combo, et même de rythme puisqu’il faudra parfois prolonger un enchainement avec une dernière offensive à déclencher. Votre groupe peut embarquer jusqu’à trois coéquipier, en plus de Kirito, il va donc falloir faire attention à manipuler celui qui aura le plus d’intérêt dans la bataille, et cela pourra grandement diverger selon les situations. Les joutes se font longues, parfois trop d’ailleurs, mais pour abréger tout ça il est fortement conseiller de se concentrer sur les membre. Une fois bien atteints, les ennemis présentent une faiblesse que l’on pourra exploiter en appuyant sur un bouton précis, ce qui se vit surtout contre des boss d’une résistance parfois incroyable.

On a aussi droit à un solide système d’arbres de compétences (actives ou passives), lesquels sont rattachés à l’arme utilisée (katana, deux mains, hache etc). Cela permet une véritable dimension de personnalisation : il y a peu de chances que votre personnage ressemble à celui d’un autre joueur. Tout cela fonctionne bien, et nous veillons à vous laisser encore pas mal de surprises. Seulement voilà, Sword Art Online : Alicization Lycoris reste quand même assez bordélique à l’écran. La principale accusée, c’est la caméra, vraiment peu inspirée. Elle a beaucoup de mal à suivre l’action, et l’on passe notre temps à rechercher les adversaires en plein cœur de l’action. Surtout, le système de lock n’est pas assez précis. On se retrouve souvent à penser qu’il est actif, alors que non. Il faut dire que l’idée de signaler le lock par un petit symbole blanc difficilement perceptible, alors que les environnement sont assez colorés, ce n’était pas la meilleure idée du monde. Enfin, les personnages restent quand même très rigides, ce qui n’arrange rien en terme de sensations. Tous cela reste tout de même de l’ordre de l’acceptable : si vous accrochez à la philosophie du game design, ces retenues glisseront sur vous.

Mais le vrai point noir, c’est la technique. Sword Art Online : Alicization Lycoris aurait peut-être dû rester encore un peu en phase de peaufinage, tant certaines tares font vraiment peine à voir. Le plus frappant, dès les premières minutes de jeu, c’est le framerate qui joue au yo-yo. Ensuite, on se rend compte que les collisions ne sont pas toujours gérées, on passe donc à travers d’une table, d’un personnage. On a aussi noté un certain nombre de bugs de déclenchement de quêtes, ou encore des temps de sauvegarde assez longs. Précisions ici que, à l’heure où nous écrivons ces lignes, un patch a été déployé afin notamment d’amoindrir les temps de chargement. Ils restent longs, mais bien moins que lors de la sortie officielle. Cela nous donne tout de même une indication : Aquria va suivre le jeu, et c’est une bonne initiative. On est plutôt du genre à pourtant apprécier la direction artistique, certes un peu fade sur la colorimétrie mais tout à fait charmante pour qui aime le RPG japonais. Mais vraiment, il va falloir quelques MAJ avant d’arriver à un niveau acceptable. Enfin, les musiques ont de l’énergie, et accompagnent bien les situations, qu’elles soient bucoliques ou épiques.

Note : 13/20

Sword Art Online : Alicization Lycoris s’adresse prioritairement aux fans de la licence, et ceux-ci pourront y trouver leur compte. L’univers, d’une grande richesse, est respecté, et le récit diffère assez des livres pour toujours accaparer notre intérêt. Le système de combat se révèle plutôt bon, plus profond qu’espéré, et l’exploration sympathique. Par contre, le jeu est atteint de véritables tares techniques, et il va falloir faire avec si vous voulez tout de même aller au bout de cette expérience, laquelle se fait solide en terme de durée de vie. Espérons que des mises à jour régulières viennent s’ajouter et, auquel cas, on peut pourra même revoir la note un peu à la hausse.

6/10

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