[Critique] The Climb : une comédie acerbe

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Michael Angelo Covino
  • Avec : Michael Angelo Covino, Kyle Marvin, Gayle Rankin, Talia Balsam et Judith Godrèche
  • Distributeur : Metropolitan Filmexport
  • Genre : Drame, Comédie
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 98 minutes
  • Date de sortie : 29 Juillet 2020

Chronique d’une amitié houleuse


Michael Angelo Covino passe derrière la caméra et réalise avec son métrage The Climb un premier essai qui mérite le détour. Interprétant lui-même un des deux personnages principaux, il nous narre l’histoire de deux vieux amis dont l’amitié a jusqu’à présent résisté aux épreuves de la vie jusqu’à ce que Mike (Michael Angelo Covino, donc) couche avec la fiancée de Kyle (Kyle Marvin). La rupture semble alors inévitable jusqu’à ce qu’un événement tragique les réunisse à nouveau. De ce pitch simpliste, le réalisateur en tire une histoire tantôt touchante, parfois agaçante, mais jamais dénuée d’intérêt.

Une histoire aux chapitres inégaux

image judith godrèche the climb

Découpée en huit chapitre distincts (et autant de longs plans séquences), l’histoire de The Climb s’avère souvent de qualité narrative inégale. Si, dans la première partie où, tandis que les deux amis pratiquent le cyclisme sportif (“Climb” signifiant “montée”, “ascension”), Mike avoue à Kyle qu’il a couché avec sa fiancée, est un modèle d’humour et de virtuosité technique, le rythme s’essouffle par la suite et ne retrouve jamais vraiment son pic du début. Non que le reste de l’histoire soit mauvaise où ne réserve pas d’autres scènes amusantes, mais elle demeure en-deçà de la promesse du premier chapitre. Le rythme s’enlise par moments et certains gags sentent la répétition, néanmoins la finesse des dialogues permet au spectateur de ne pas s’ennuyer.

Un film de potes

image gayle rankin the climb

De l’aveu même du réalisateur, Michael Angelo Covino, l’acteur Kyle Marvin, qui lui donne la répliqu,e est réellement un ami de dix ans dans la vraie vie. Cela explique l’immense complicité que l’on ressent entre les deux dans The Climb et permet de diversifier les interactions de cette bromance. Qu’elles soient salvatrices ou toxiques, sincères ou lâches, la complexité des relations entre les personnages participe grandement à l’intérêt du film. Y compris au-delà du duo vedette car si notre Judith Godrèche nationale fait une apparition au début du film, c’est bien le personnage incarné par Gayle Rankin (Marissa) qui, coincé entre ces deux hommes, trouve le ton juste sans tomber dans le rôle de simple potiche ou de marâtre acariâtre. Le seul bémol que l’on pourrait reprocher aux personnages viendrait sans doute de leur passivité parfois clairement exagérée. À force de les voir davantage subir les événements que les provoquer, il n’est pas surprenant que notre attachement à leurs égards s’étiole au fur et à mesure du métrage.

Un émule de Woody Allen

image kyle marvin the climb

Si le début de The Climb se déroule en France et que l’influence de notre cinéma hexagonal se fait sentir, c’est surtout du côté de Woody Allen qu’il faut chercher la référence principal du long métrage. Le cynisme des dialogues, les personnages tantôt amorphes tantôt décalés, les situations souvent loufoques, tout cela participe à créer une ambiance qui rappelle le célèbre réalisateur de New York Stories et Harry dans tous ses états (pour ne citer que ceux-là). La réalisation, ponctuée de longs plans séquences réussis, épouse elle aussi cet héritage “Allenien”.

Une promesse et un avenir

image michael angelo covino the climb

Si The Climb est loin d’être un film parfait, il n’en reste pas moins un premier film pour le réalisateur Michael Angelo Covino, et cela change tout. Que ce soit en direction d’acteurs, réalisation ou écriture, le résultat se hisse sans mal au-dessus de la mêlée des autres comédies dramatiques actuelles. Le festival de Cannes a eu (pour une fois…) le nez fin en le récompensant par le prix du Jury d’Un Certain Regard. La suite de la carrière de ce réalisateur devra être suivie avec attention, ne serait-ce que pour vérifier si sa seconde réalisation sera plus aboutie et toujours aussi proche de l’œuvre du Clown triste qu’est Woody Allen.

7/10

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