[Test Express] Cathedral : très classique mais plaisant

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : Decemberborn AB
  • Editeur : Eiden Pixels
  • Date de sortie : 18 février 2021
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Cathedral assure l’essentiel

image gameplay cathedral

Il est indéniable que la sortie de Cathedral se fait un peu en catimini sur Nintendo Switch, plus d’un an après sa sortie sur PC. Alors que le soft a globalement séduit ses joueurs. Fut une époque, désormais de plus en plus lointaine, la moindre sortie d’un Metroidvania était un événement particulièrement choyé par les fans du genre. Il faut dire que tout le souvenir du très culte Castlevania : Symphony Of The Night était encore assez frais, et l’on sentait bien que cette recette avait encore beaucoup à nous réserver. Quelques années plus tard, le jeu vidéo indépendant s’est emparé du genre, l’a passé à la moulinette. Avec, souvent, de très bons jeux, comme l’excellent Guacamelee! 2. Mais tout de même, on a aussi pas mal d’itérations qui se sont plantées, notamment en ne parvenant pas à maitriser le backtracking, ou en cherchant frénétiquement l’originalité à tout prix. Le jeu que l’on aborde ici, fruit du travail d’un tout petit studio suédois, cherche avant tout à assurer l’essentiel. Et il le fait bien.

Cathedral est un Metroidvania sur un plan 2D, dans un style visuel rétro qui se réfère aux regrettés consoles 8-bits (Nintendo, Master System, le bon vieux temps). L’aventure que le joueur va vivre s’adapte à ce concept, et ne cherche pas à proposer un contenu en contradiction avec ce fait. Du coup, il ne faut pas s’attendre à une histoire hyper développée : on incarne un chevalier en armure qui se réveille en terrain inconnu, sans souvenirs. Aidé par un spectre, il va devoir retrouver des gemmes-clés qui, espère-t-on, ouvrira autant la porte de l’endroit que celle de l’esprit de notre avatar. C’est certes très simple, mais c’est aussi une partie de ce qui en fait le charme : on rentre de suite dans le vif du sujet, et l’on comprend les enjeux sans avoir besoin d’un wiki. Pareil pour la prise en mains : on saute, on administre des coups d’épée. Tout se fait naturellement avec tout de même une petite spécificité : une attaque vers le bas, se basant un peu sur la canne d’un DuckTales, certes sans le rebond mais idéal pour briser des blocs. Ça fait du bien, et ça va dans le sens de ces jeux rétros qui n’avaient pas besoin de quatre scénaristes pour nous faire vivre un univers puissant, n’est-ce pas Ghouls ‘n Ghosts.

Sans originalité, mais très soigné

image test cathedral

En bon Metroidvania prudent mais appliqué, Cathedral met le paquet sur les piliers des codes du genre. La carte, qui se révèle au fur et à mesure du cheminement, est très claire, compréhensible. On y a recours sans devoir la déchiffrer. L’exploration est très mise en avant : on a certes des indices sur l’objectif en cours, mais l’intitulé se fait toujours assez vague pour que le joueur ne se retrouve pas avec un GPS qui ne dit pas son nom. Du coup, on passe beaucoup de temps à farfouiller, à trouver de multiples objets et secrets. Et le level design se fait assez malin pour que l’on passe du temps à réellement passer les lieux au crible de nos possibilités. Si l’on a évidemment une grosse dose de backtracking lié à de nouvelles capacités que l’avatar ne manquera pas d’obtenir, on a aussi remarqué que certaines salles proposent des coffres qui seront aussi atteignables en faisant preuve d’une grande habileté. Une manière assez intéressante de favoriser le skill du joueur.

Cathedral est à la fois difficile et punitif : la mort vous allège d’une partie de votre butin, et certaines phases de boss nous ont fait rager. Mais on souligne le fait qu’il ne s’agit pas d’une difficulté injuste : l’apprentissage par l’échec fonctionne bien. On a aussi un environnement en ville, dans lequel on pourra dépenser l’argent que les trésors et ennemis battus vous accorde. Non seulement un sage pourra vous débloquer de l’énergie en plus (contre un sacré tas de pognon, quel pingre !), mais vous pourrez aussi acheter d’indispensables améliorations définitives, et des potions là encore salvatrices dans l’aventure. Tout ça n’est jamais très original, mais on en apprécie l’efficacité tout au long de la vingtaine d’heures que demande le cheminement. Un nombre déjà très costaud, agréablement surprenant, qui grossit encore avec la recherche du 100%. Par contre, on pourra regretter que la direction artistique, pourtant sympathique, n’aille pas un peu plus loin dans les lieux visités. On est en terrain très connu, sur ce point de la surprise n’aurait pas été de refus. La musique, elle aussi rétro, est plutôt séduisante, malgré quelques boucles un peu courtes.

Note : 15/20

Cathedral n’est certes pas du genre à renverser la table, mais voilà un Metroidvania qui a bien compris qu’il fallait assurer l’essentiel des codes du genre pour livrer un jeu au moins sympathique. Généreux en terme de contenu, limpide dans sa prise en mains, faisant la part belle au skill, le résultat nous a convaincu sans nous bousculer. Les amateurs de softs rétro difficiles pourront donc se laisser tenter.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

7/10

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