[Critique] Sans un Bruit 2 : Une Suite à L’identique

Caractéristiques

  • Titre original : A Quiet Place Part II
  • Réalisateur(s) : John Krasinski
  • Avec : Emily Blunt, Millicent Simmonds, Noah Jupe, Cillian Murphy et Djimon Hounsou.
  • Distributeur : Paramount Pictures France
  • Genre : Thriller, Fantastique, Epouvante-horreur
  • Pays : Américain
  • Durée : 97 minutes
  • Date de sortie : 16 Juin 2021

Apocalypse 2ème partie

Sans un bruit 2 est la suite du précédent film de John Krasinski, dans lequel le réalisateur, également devant la caméra, mettait en scène une famille de survivants dans un monde post-apocalyptique peuplé de créatures très sensibles au bruit. Epaulé par sa femme à la ville, l’actrice Emily Blunt (Le Retour de Mary Poppins), le couple à l’écran tentait de protéger leurs enfants face à une menace omniprésente.

Après le succès du premier volet, la question est donc de savoir si cette suite retrouve l’énergie de son prédécesseur, tout en palliant des défauts scénaristiques souvent inhérents au film de genre.

Un scénario classique mais efficace

Le film débute directement à la suite de l’épilogue de l’original ou presque. “La menace” qui semblait arriver en nombre à la fin du premier volet est allégée afin de permettre aux survivants de s’échapper et de commencer un “road trip” destiné à trouver un nouvel havre de paix. Une odyssée qui les conduira à rencontrer, entre autres, un nouveau survivant  interprété par Cillian Murphy (Anna) qui va les épauler dans leur quête.

Si le rythme est souvent soutenu, il connaît quelques baisses de régime en partie dû à un scénario convenu et aussi à la volonté de privilégier le personnage de la fillette sourde muette.

Un élément déterminant dans l’original car expliquant pourquoi cette famille habituée à communiquer par le langage des signes était prédisposée à survivre dans ce nouveau monde hostile. Dans cette seconde partie elle devient davantage un artifice narratif pour faire avancer l’intrigue, devenant en conséquence nettement moins sympathique.

Certaines incohérences demeurent donc, même si elles sont plus “classiques”, nous épargnant par conséquent certaines situations  grotesques, comme la mort de l’enfant au début de l’original.

Néanmoins, il faut comprendre cette critique en considérant le fait que tout scénariste se doit d’être “sadique” avec ses personnages sinon il ne se passerait rien dans le film.

L’analyse se base sur la cohérence de ces péripéties et en cela, on pourrait dire que le niveau de la suite s’apparente  à celle de son prédécesseur.

Une interprétation au cordeau

image cillian murphy sans un bruit 2

Un point fort quasiment sans surprise, l’interprétation de Sans un bruit 2 est excellente. Emily Blunt, comme d’habitude parfaite, reprend son personnage de louve combative avec énergie. Le nouveau venu Cillian Murphy, star de la série Peaky Blinders, compose un personnage ambigu qui confirme son statut d’un des meilleurs acteurs de sa génération.

Le fils aîné du couple, interprété par Noah Jupe (Le Mans 66), quant à lui apporte la sensibilité nécessaire à son rôle et John Krasinski nous fait un “retour” remarqué.

Pour ce qui est de la fillette muette, interprétée par Millicent Simmonds (Le Musée des Merveilles), c’est un peu plus compliqué car il est difficile de savoir si l’agacement que l’on ressent vis-à vis de son personnage est dû exclusivement à un problème d’écriture ou à une interprétation plus approximative que celles de ses homologues du film.

Dans le doute, nous dirons que l’intrigue de ce second volet ne lui rend pas service.

Un univers qui s’étend

Si dans la première partie du récit, nous ne pouvions que nous identifier à cette famille de survivants, cette seconde partie nous permet de découvrir d’autres personnages, avec d’autres méthodes, d’autres psychologies, ce qui enrichit clairement l’univers de Sans un bruit.

N’étant plus seulement limité à la ferme des ABBOT, nous prenons également davantage conscience de ce que le monde est devenu à la suite de l’arrivée des “créatures” (bien que cette ouverture soit modérée, on n’est pas non plus dans World War Z).

Sans un bruit 2 demeure néanmoins un film intimiste, servi par une réalisation soignée qui alterne moments de tension et d’émotion à l’identique de son prédécesseur.

A voir une fois

image djimon hounson sans un bruit 2

En conclusion nous pourrions dire que Sans un bruit 2 poursuit  la logique de son aîné. Il ne comble pas vraiment ses défauts, mais n’altère pas particulièrement ses qualités. A une époque où le niveau qualitatif du film de genre (et du cinéma dans son ensemble) n’est pas au beau fixe, ce métrage s’élève facilement au-dessus de la mêlée.

Sans un bruit 2 ne fera pas date dans l’histoire du 7ème art, mais il se laisse agréablement regarder une fois, ce qui n’est déjà pas si mal.

6/10

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