Caractéristiques
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Test effectué sur :
- PlayStation 5
- Titre : Dead Space Remake
- Développeur : Motive Studios
- Scénariste(s) : Jo Berry
- Editeur : Electronic Arts
- Date de sortie : 27 janvier 2023
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- Note : 8/10 par 1 critique
Du neuf avec du vieux
Déjà 15 ans que le studio Visceral Games nous plongeait dans les couloirs angoissants et métalliques de l’USG Ishimura ! C’est peu dire qu’après la fin de la saga qui se concluait par un troisième volet, non dénué de qualités, mais tout de même décevant par rapport à ces deux prédécesseurs, l’annonce d’un remake du premier volet rendait tous les fans de la première heure fébriles.
Survival Horror en vue à la troisième personne, le scénario envoie le joueur en mission de sauvetage à bord du brise-surface USG Ishimura (une sorte de vaisseau géant qui collecte des minerais sur des astéroïdes ou des planètes) avec l’ingénieur Isaac Clark (dont la fiancée est également à bord) et les autres membres d’équipage du Kellion, qui vont rapidement se rendre compte que la fierté de la flotte terrienne n’est plus qu’un vaisseau fantôme infesté de créatures nommées les nécromorphes.
Ce qui nous frappe d’emblée, c’est l’extraordinaire travail de rénovation visuelle effectuée par l’équipe du studio Motive qui se charge de produire le remake pour Electronics Arts. Un changement nécessaire vu que le créateur de la franchise Glen Schofield est depuis longtemps parti fonder un nouveau studio, dont est sorti récemment The Callisto Protocol, dont les références à Dead Space ont été maintes fois rabâchées.
Le studio Motive, comme nous le disions, a effectué un excellent travail grâce au nouveau moteur Frostbite : les jeux d’ombres et de lumière, l’ambiance délétère, tout concorde pour nous rappeler les inspirations qu’ont eu en leur temps les concepteurs avec Alien ou Event Horizon. Ce travail de lifting pourrait à lui seul justifier l’existence de ce retour, mais ce nouveau look n’est pas le seul atout de ce Dead Space Remake.
La folie du nécro
L’autre atout à mettre au crédit de Dead Space était bien sûr son ambiance, et en particulier ses bruitages. Dans ce remake, cet aspect a également été sublimé. Les bruits régnant dans les couloirs maintiennent vos nerfs à rude épreuve : vous avez presque constamment l’impression qu’une créature va surgir jusqu’au moment fatidique où votre cauchemar devient réalité.
L’ambiance musicale elle-même possède parfois quelques notes similaires avec la B.O d’Alien le 8e passager, et les bruitages du vaisseau, que ce soit ses portes coulissantes, ses appareils médicaux, le tramway… Tout concorde à produire un effet de réalisme qui donne vie à l’ensemble de ce cauchemar métallique. Si l’ambiance est respectée, il en va de même pour le rythme, qui reste presque constamment au diapason, et en particulier grâce à l’Intensity Director, un système permettant de faire surgir aléatoirement des événements comme des coupures de courant ou des ennemis dans des zones pourtant déjà traversées. De quoi augmenter encore le risque de crises cardiaques ! Néanmoins, certains passages qui traînaient un peu en longueur ont été maintenus, voire involontairement amplifiés, mais nous y reviendrons…
Massacre au cutter laser
Si, bien entendu, les meilleures idées de gameplay ont été conservées, comme le découpage des membres ennemis au cutter laser (la marque de fabrique de la série), la barre de vie au dos de la combinaison, le nombre de munitions restantes affichées au dessus de l’arme utilisée, les phases en zéro-G (beaucoup plus fluide dans cette version), la télékinésie et la stase qui ralentit les monstres et les objets (autre brillante idée du jeu vidéo de 2008), les développeurs ont également tenté d’étoffer (un peu) le gameplay en ajoutant ou peaufinant certains éléments.
Tous les doublages ont été refaits et Isaac Clarke possède désormais des répliques – qui n’apparaissaient normalement que dans le deuxième volet. Plusieurs nouveaux passages (surtout en gravité zéro) ont été ajoutés, le système de progression a lui aussi subi une refonte avec une meilleure répartition de points de compétence et de nouvelles améliorations à débloquer, sans parler des armes qui bénéficient dorénavant d’un tir alternatif (ces dernières étant toujours au nombre de six). Beaucoup de bonnes idées donc, mais qui manquent d’ambition.
Craquer ou ne pas craquer?
Si Dead Space Remake bénéficie de nombreux atouts pour convaincre, que ce soit parce qu’il utilise une recette qui était déjà presque parfaite il y a 15 ans ou qu’il la peaufine avec les innovations actuelles, il demeure tout de même un écueil pour l’adouber pleinement. Pour faire simple, on pourrait situer cette version 2023 quelque part entre la brillante refonte totale de Resident Evil 2 et la copie carbone que fut The Last Of Us partie 1.
Si le travail graphique effectué et les multiples ajouts de gameplay hissent cette version au-dessus d’un simple remaster, il n’en va pas de même pour un scénario et une progression pratiquement inchangés, dont les seules différences sont des pièces et couloirs modifiés par rapport à la précédente version. Certes, il existe dorénavant quelques quêtes annexes, ainsi qu’un système de cartes d’accréditation nous poussant à explorer davantage le vaisseau, mais cela ne suffit pas à augmenter sensiblement la durée de vie autrement que de manière artificielle et pire, cela nous conduit à faire de nombreux allers-retours dont le bénéfice n’est pas toujours à la hauteur de l’effort. Ajoutons à cela que le personnage est toujours un peu rigide et qu’en 2023 l’absence du demi-tour se fait sentir, surtout au vu de la réactivité des ennemis.
Néanmoins, le charme opère toujours et ce nouveau cru propose tout de même un challenge embelli au maximum, voire corsé si vous tentez le mode « impossible » (une fin alternative y serait peut-être cachée). Au prix tout de même de 80 euros, les fans de la première heure devront s’interroger sur le fait de recommencer ce jeu (presque) à l’identique. Les nouveaux eux, ces sacrés veinards, sauront apprécier cette plongée dans les ténèbres de l’USG Ishimura. Reste désormais à espérer que le succès soit au rendez-vous afin de convaincre Electronics Games de proposer également un remake du second volet, puis du troisième (qui, correctement repensé, pourrait facilement se hisser au niveau des autres) et puis soyons fous, peut être l’annonce d’un Dead Space 4…