Caractéristiques
- Titre : Le bandit aveugle/ Le masseur aveugle / Le Secret / Un nouveau Voyage / Le Fugitif
- Réalisateur(s) : Kazuo Mori / Kenji Misumi et Tokuza Tanaka
- Avec : Shintarô Katsu, Tamao Nakamura, Mieko Kondô...
- Editeur : Roboto Films
- Date de sortie Blu-Ray : 15 décembre 2025
- Date de sortie originale en salles : 1960/1962/1962/1963/1963
- Durée : 91/76/72/91/86 minutes
- Acheter : Cliquez ici
- Note : 8/10 par 1 critique
Image: 4,5/5
Les origines de Zatoichi – Le bandit aveugle, La légende de Zatoichi – Le masseur aveugle, La légende de Zatoichi – Le secret, La légende de Zatoichi – Un nouveau voyage et La légende de Zatoichi – Le fugitif ont tous été tournés en pellicule 35 mm (sans davantage de précisions disponibles). Les films ont fait l’objet d’une restauration, là encore sans informations techniques détaillées. Ce sont donc ces versions restaurées qui sont proposées pour cette sortie en haute définition. Les films sont présentés dans leur format d’origine respecté de 2.35:1 et affichent une qualité globale très satisfaisante pour des œuvres datant des années 60.
La restauration s’avère globalement excellente, en particulier pour les quatre films de La Légende de Zatoichi. Sur ces titres, la majorité des défauts liés à la pellicule a été effacée et la stabilité de l’image est irréprochable. Pour le premier film, Le Bandit aveugle, la situation est un peu plus contrastée : on sent que l’équipe de restauration n’a pas disposé des meilleurs éléments possibles pour atteindre un résultat optimal. De nombreuses rayures, points blancs et brûlures de cigarette subsistent. La stabilité de l’image varie parfois, sans que cela ne devienne réellement problématique. Le grain est bien présent sur l’ensemble des films, ce qui est parfaitement normal pour des longs-métrages de cette époque. Il se montre surtout homogène, naturel, jamais figé, et ne s’intensifie pas dans les scènes sombres ou nocturnes, ce qui est très appréciable.
La définition est remarquable compte tenu de l’âge des films. Les détails sur les visages sont superbes, tout comme les textures des costumes – notamment les kimonos et habits traditionnels – et des décors, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs. Les trois premiers films en noir et blanc bénéficient de contrastes solides et de gris parfaitement nuancés. Là encore, le travail de restauration est évident, même si le résultat n’est pas absolument parfait sur toute la durée. Le premier film reste logiquement le moins bien loti, sans pour autant démériter : la découverte ou redécouverte demeure magnifique.
Concernant les deux derniers longs-métrages, tournés en couleur, le rendu est également très convaincant. Les limites liées au matériel et aux techniques de l’époque se font parfois sentir, avec quelques plans aux teintes un peu ternes, mais les couleurs ressortent dans l’ensemble avec beaucoup d’élégance. Les contrastes sont solides, les scènes sombres et nocturnes restent parfaitement lisibles et la profondeur de champ est globalement satisfaisante, malgré quelques plans ponctuellement un peu aplatis, sans gravité. Les teintes de peaux et les blancs sont respectés.
Il s’agit donc de très belles restaurations, certes limitées par le matériel d’origine – surtout pour Le Bandit aveugle – mais qui permettent de (re)découvrir ces films dans d’excellentes conditions. On notera simplement quelques saccades ponctuelles durant le visionnage, sans que cela ne nuise réellement à l’expérience globale.
Son : 4/5
Roboto Films propose une piste VO en DTS-HD Master Audio 2.0, elle aussi restaurée. Clairement, on ne pouvait pas espérer beaucoup mieux, et le résultat s’avère tout à fait satisfaisant, même si, à l’image de la restauration visuelle, l’ensemble reste imparfait. Les dialogues sont clairs et parfaitement intelligibles. Le mixage offre un rendu sonore équilibré et relativement puissant, avec une bonne répartition entre dialogues, effets et musique sur les deux canaux. On perçoit parfois le bruit de la caméra, mais cela reste rare. Une piste sonore qui remplit pleinement son rôle pour l’ensemble des films.
Bonus : 3,5/5
- Présentation des films par Clément Rauger (64′)
- «La Naissance du Mythe» : entretien avec Fabien Mauro (30′)
- Présentation du film «le masseur aveugle» par Takashi Miike (2′)
- «Le Guerrier handicapé : un grand mythe du cinéma martial» (13′)
Les présentations des films par Clément Rauger (programmateur et journaliste pour la Maison de la culture du Japon et Les Cahiers du cinéma) sont passionnantes. Chaque film bénéficie de sa propre introduction, abordant l’origine du projet, les équipes techniques, les acteurs, ainsi que la place de chaque opus au sein de la saga, le tout agrémenté d’anecdotes toujours pertinentes.
« La Naissance du Mythe »: entretien avec Fabien Mauro, voit le spécialiste du cinéma japonais revenir sur les débuts du studio Daiei et sur l’origine de Le Masseur aveugle. Il analyse le film en profondeur et évoque également les nombreuses suites, ainsi que l’influence durable de la saga. Un excellent bonus, parfaitement complémentaire aux présentations de Clément Rauger.
La présentation du film Le Masseur aveugle par Takashi Miike permet au réalisateur japonais de revenir brièvement sur ce titre fondateur de la saga Zatoichi. Une intervention courte mais efficace.
Enfin, le documentaire « Le Guerrier handicapé : un grand mythe du cinéma martial » revient sur la naissance de ce mythe et sur les différentes figures emblématiques du cinéma japonais et chinois qui s’inscrivent dans cette tradition. Là encore, un bonus pertinent et complémentaire de l’ensemble.
Conditions du test
- TV 4K UHD Sony Bravia KD49XF7077SAEP
- Lecteur Blu-ray Samsung 4K UHD UBD-M8500
- Ampli Yamaha 4K UHD YHT-1840
Synopsis
Les origines de Zatoichi – Le bandit aveugle : Avant de devenir Zatoïchi, Shintaro Katsu incarne Suginoichi, un bandit aveugle froid et ambitieux, prêt à tout pour s’emparer du pouvoir, au détriment de ceux qui l’entourent…
La légende de Zatoichi – Le masseur aveugle : Le masseur aveugle Zatoïchi rend visite à un chef yakuza. Bientôt entraîné dans un conflit avec un clan rival, il se lie d’amitié avec un samouraï malade du camp adverse, tandis que la guerre entre les deux factions devient inévitable.
La légende de Zatoichi – Le secret : Les tensions entre deux gangs rivaux éclatent au grand jour. Chaque chef désigne son champion : un ancien samouraï devenu pêcheur, porteur d’un lourd secret, et Zatoïchi, joueur invétéré et masseur, dont le sabre frappe avec la fulgurance de l’éclair.
La légende de Zatoichi – Un nouveau voyage : Zatoïchi tente de se retirer dans son village natal, mais la violence le rattrape lorsqu’il se retrouve mêlé à un conflit entre un clan de yakuzas et des villageois opprimés.
La légende de Zatoichi – Le fugitif : À son arrivée dans la ville de Shimonita, Ichi apprend qu’un chef yakuza local a mis sa tête à prix. Pris au piège, il découvre qu’un ancien amour a été assassiné. Dévoré par la colère, il part affronter les meurtriers : un rōnin mercenaire et son clan.
Les Films
Avec Les Origines de Zatoichi – Le Bandit aveugle et les quatre premiers chapitres de La Légende de Zatoichi (Le Masseur aveugle, Le Secret, Un Nouveau Voyage et Le Fugitif), ce coffret Blu-ray propose une plongée essentielle dans la naissance d’une des figures les plus mythiques du cinéma japonais. Créé au début des années 1960 et porté par l’interprétation magistrale de Shintarō Katsu, Zatoichi s’impose immédiatement comme un personnage hors normes : un humble masseur aveugle, marginalisé par la société, mais dont la maîtrise du sabre confine au prodige. Derrière les affrontements spectaculaires et les duels fulgurants, la saga développe une profonde dimension humaine et mélancolique. Chaque film enrichit la mythologie du personnage, explore ses origines, ses contradictions et son errance, tout en dressant le portrait d’un Japon féodal gangrené par les injustices, la violence et l’arbitraire des puissants.
Ces premiers opus posent les fondations d’un univers singulier, où le chanbara se mêle au drame social, à l’humour discret et à une réflexion sur l’exclusion et la fatalité. Le succès populaire de Zatoichi fut immense, donnant naissance à l’une des sagas les plus prolifiques, plus de 25 films, et les plus cohérentes du genre, tout en renouvelant en profondeur les codes du film de sabre. Véritable icône culturelle au Japon, Zatoichi a influencé durablement le cinéma et la culture populaire, jusqu’à inspirer des cinéastes contemporains bien au-delà des frontières nippones. Ces films fondateurs permettent de redécouvrir toute la modernité, la sensibilité et la force cinématographique d’une œuvre majeure du patrimoine mondial.

