[Test – Blu-ray] The Grudge : Ju-On – The Jokers

Caractéristiques

  • Titre : The Grudge : Ju-On
  • Titre original : Ju-on
  • Réalisateur(s) : Takashi Shimizu
  • Avec : Megumi Okina, Misaki Itô, Misa Uehara, Yui Ichikawa, Kayoko Shibata...
  • Editeur : The Jokers
  • Date de sortie Blu-Ray : 7 octobre 2025
  • Date de sortie originale en salles : 2003
  • Durée : 92 minutes
  • Acheter : Cliquez ici
  • Note : 8/10

Image  : 4,5/5

The Grudge : Ju-On a été tourné en pellicule 35 mm (caméras Arriflex) et le Blu-ray est présenté dans son format respecté 1.85:1. Le film a bénéficié d’une restauration numérique 4K à partir du négatif original. Le grain argentique est bien présent, fin et naturel sur l’ensemble du métrage, à l’exception de la scène d’ouverture, où il apparaît volontairement beaucoup plus grossier. Pour le reste, le rendu se montre homogène et parfaitement maîtrisé, sans recours visible au DNR, et aucune instabilité ou scintillement n’est à signaler. Tous les défauts (poussières, points blancs, rayures, etc.) ont été soigneusement nettoyés. Il y a donc un véritable bond en avant en matière de définition.

Le gain en détails est immédiatement perceptible, notamment sur les visages : les maquillages de Kayako et Toshio apparaissent désormais avec une précision très appréciable. Les textures des costumes et des décors sont également mieux restituées, permettant même de découvrir de nouveaux détails dans la célèbre maison. La profondeur de champ progresse sensiblement, que ce soit dans les espaces confinés (maison, appartement) ou dans des environnements plus ouverts comme l’école ou la rue.

Les couleurs sont correctement saturées et l’image reste globalement réaliste, tout en adoptant parfois des teintes plus fantastiques lors des apparitions spectrales. Les contrastes sont renforcés, et les rares scènes à basse luminosité gagnent en lisibilité par rapport aux éditions précédentes. Les noirs se montrent profonds sans être bouchés, tandis que les blancs (notamment le maquillage de Toshio) et les teintes de peaux sont bien équilibrés. Aucun problème de compression n’a été relevé au cours du visionnage. Nous sommes donc en présence d’un beau master, fruit d’une restauration soignée, qui permet de redécouvrir le film dans d’excellentes conditions. Le débit moyen de l’image s’établit à 31,7 Mbps.

Son : 4/5

The Jokers  (Dangerous Animals, Cure) propose deux pistes en DTS-HD Master Audio 5.1. Elles se montrent suffisamment puissantes, précises et bien réparties, avec une bonne amplitude et une dynamique convaincante sur l’ensemble des canaux. Du côté des effets horrifiques, on retiendra évidemment le râle guttural de Kayako et le cri de chat de Toshio, véritables points d’orgue du film. La musique est présente comme il faut, sans jamais écraser le mixage.

Les effets d’ambiance restent plus discrets et concernent principalement des sons de foule (école, rue, discussions indistinctes). Le canal LFE est utilisé de manière mesurée mais efficace, quand la mise en scène l’exige. Les dialogues sont clairs en version originale. Le doublage français affiche un niveau sonore légèrement plus élevé, mais il s’intègre correctement au mixage global, compte tenu du type de long-métrage. Deux mixages solides, similaires dans leur approche, qui remplissent parfaitement leur rôle.
Le débit moyen de la piste VO est de 4 Mbps, avec des montées à 5,3 Mbps, tandis que la VF affiche un débit moyen de 3,6 Mbps, avec des pics à 4,3 Mbps.

Bonus : 3/5

  • Entretien avec Fabien Mauro (20′)
  • Entretiens avec l’équipe (4′)
  • Scènes coupées (6′)
  • Histoires de fantômes (11′)
  • Fins alternatives (5 min)
  • Making Of (30′)

Le principal bonus est l’entretien avec Fabien Mauro, spécialiste du cinéma asiatique. Il y revient sur la carrière de Takashi Shimizu avant Ju-On, la J-horror de la fin des années 90, le concept narratif éclaté du film, sa mise en scène, l’utilisation de la couleur rouge, la suite, le remake américain, et plus largement l’impact du film dans l’entrée de la J-horror dans les années 2000. Un bonus solide et pertinent, qui replace efficacement le film dans son contexte et propose une analyse claire et intéressante.

Les entretiens avec l’équipe voient les actrices et le réalisateur évoquer d’éventuelles expériences surnaturelles vécues dans leur vie. Un module court mais sympathique, en adéquation avec le sujet du film. Les scènes coupées, commentées par le réalisateur, concernent principalement le personnage d’Izumi. Elles apportent quelques précisions, sans réel impact sur l’intrigue. Histoires de fantômes propose deux récits censés être authentiques, là encore un bonus thématique cohérent.

Les fins alternatives, également commentées par Takashi Shimizu, ont été coupées à juste titre, car elles auraient clairement alourdi et ralenti la conclusion du film. Enfin, le making-of, découpé en trois parties, nous plonge dans les coulisses du tournage à travers des images brutes, sans commentaire. Un bonus simple mais efficace, qui permet de terminer le visionnage sur une immersion intéressante dans la production.

Conditions du test

  • TV 4K UHD Sony Bravia KD49XF7077SAEP
  • Lecteur Blu-ray Samsung 4K UHD UBD-M8500
  • Ampli Yamaha 4K UHD YHT-1840

Synopsis

Rika, une assistante sociale, se rend dans une maison, sur laquelle pèse une malédiction, pour s’occuper de Sashie, une vieille dame alitée. Elle y découvre un petit garçon enfermé dans un placard, avant d’être agressée par un esprit malfaisant.

Quelques jours auparavant, Hitomi, le fils de Sashie, s’était également fait attaquer par le spectre après avoir été témoin de l’apparition du même petit garçon. Lorsque la soeur d’Hitomi débarque à son tour, elle découvre une Rika en état de choc.

Intervient alors Toyama, un policer chargé d’enquêter quelques années plus tôt sur la tragédie qui a secoué cette demeure maudite : un homme y avait tué sa femme, et leur jeune fils n’a jamais été retrouvé…

Le film

Ju-On : The Grudge de Takashi Shimizu est l’un des sommets du J-horror et, surtout, l’une de ses œuvres les plus durables. Héritier direct de Ring de Hideo Nakata, le film en prolonge la terreur sourde tout en s’en distinguant par une approche plus fragmentée, plus cruelle et résolument nihiliste. Ici, pas de malédiction à résoudre : la maison est un foyer de haine pure, condamnant quiconque la traverse, sans espoir de salut. Shimizu déconstruit le récit classique en multipliant les points de vue et les temporalités, créant un puzzle narratif anxiogène où chaque fragment renforce l’idée d’une fatalité inéluctable. Cette structure éclatée, devenue emblématique du J-horror des années 2000, accentue le sentiment d’impuissance et de contamination du mal, omniprésent et indifférent à ses victimes.

Visuellement, Ju-On impose des figures désormais iconiques : Kayako, son corps disloqué et sa démarche impossible, Toshio et son regard vide, le râle guttural devenu signature sonore du film. Une horreur du quotidien, minimaliste, qui privilégie l’atmosphère à l’effet choc, et transforme les espaces familiers en pièges mortels. Œuvre charnière, Ju-On confirme l’âge d’or du J-horror de la fin des années 90 et du début des années 2000, influençant durablement le cinéma de genre mondial et ouvrant la voie à une horreur psychologique, lente et profondément pessimiste. Plus de vingt ans après, le film conserve une puissance intacte, preuve que la peur la plus tenace est souvent celle qui refuse toute explication.

Article écrit par

Adore le cinéma en général, que ce soit les gros blockbusters ou les plus petits films, les séries TV et les jeux vidéo. Il réalise de nombreux tests de blu-ray et films en UHD 4K et couvre l'actualité cinématographique en salles.

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