Caractéristiques
- Titre : Une Nuit de Réflexio
- Titre original : Insignificance
- Réalisateur(s) : Nicolas Roeg
- Avec : Michael Emil, Theresa Russell, Tony Curtis, Gary Busey...
- Editeur : Metropolitan FilmExport
- Date de sortie Blu-Ray : 14 février 2026
- Date de sortie originale en salles : 12 février 1986
- Durée : 110 minutes
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- Note : 7/10 par 1 critique
Image : 4/5
Une Nuit de Réflexion a été tourné en pellicule 35 mm (pas plus d’informations disponibles). Le Blu-ray, proposé au format respecté 1.85:1, s’avère globalement de bonne facture. Le film a bénéficié d’une restauration 2K (là encore, sans plus de précisions). La majorité des défauts liés à la pellicule a été correctement nettoyée, même s’il subsiste encore quelques points noirs çà et là, sans que cela ne soit réellement gênant. Côté stabilité, aucun problème notable à signaler. Le grain argentique, bien présent, homogène et non figé, est assez grossier, ce qui reste cohérent pour un film de plus de 40 ans et au vu du budget de l’époque.
La définition demeure très correcte. Les détails sur les visages (pores de la peau, maquillages) ou encore la moustache d’Albert Einstein passent très bien sur ce master. Les textures des costumes (notamment la robe de Marilyn) et des décors — principalement la chambre d’hôtel — sont nets, précis et palpables. La définition conserve une bonne tenue lors des scènes en basse luminosité, même si celles-ci sont peu nombreuses. Même les scènes au ralenti, en particulier le final, restent globalement satisfaisantes. La profondeur de champ est également convaincante et contribue à une immersion efficace dans cet espace clos qu’est la chambre.
Côté colorimétrie, l’image affiche des teintes assez réalistes, avec une légère prédominance de beige dans la chambre d’hôtel. Les couleurs sont correctement saturées sans jamais vraiment éclater, à l’exception de la fin du film, marquée par la présence du feu. Les scènes nocturnes ou en basse luminosité (notamment la scène d’extérieur avec Marilyn Monroe) ne souffrent d’aucun problème de lisibilité. Les contrastes sont bien gérés, tout comme les noirs, profonds sans être bouchés. Les teintes de peaux et les blancs sont respectés. Quelques légères saccades ont été détectées au visionnage, mais rien de réellement problématique. Pour une restauration 2K et un master HD, ce n’est pas parfait, mais le résultat reste tout à fait honorable. Le débit vidéo moyen s’élève à 29,5 Mbps.
Son : 3/5
Metropolitan FilmExport (Furyo, Together) propose une première piste VO en DTS-HD Master Audio 5.1. Une piste assez puissante, mais logiquement très frontale compte tenu de la nature de l’œuvre. Les quelques effets d’ambiance (la foule au début du film) ou le final avec les explosions constituent les rares moments exploitant réellement les canaux surround. La musique de Stanley Myers et Hans Zimmer passe également par l’ensemble des canaux, le tout bénéficiant d’un mixage cohérent et équilibré. Pour le reste, la piste demeure très frontale, le film reposant avant tout sur les dialogues. Ces derniers sont clairs et parfaitement intelligibles tout au long du métrage. Le canal LFE est, sans surprise, quasi inexistant. Une piste largement suffisante pour ce type de film. Le débit moyen est de 1,8 Mbps, avec des pointes à 2,8 Mbps.
La seconde piste anglaise ainsi que la piste française sont proposées en DTS-HD Master Audio 2.0 Dual Mono. Elles se montrent assez puissantes, bien réparties et correctement équilibrées sur les deux canaux. Elles offrent un bon compromis entre dialogues, ambiances et musique. Les dialogues sont clairs sur la VO. Concernant la VF, le volume du doublage est un peu élevé et empiète légèrement sur le mixage original. Une piste alternative néanmoins convaincante pour la VO, et une VF d’époque qui fait le travail. Le débit moyen de ces deux pistes est de 963 kbps, avec des pointes à 1,2 Mbps.
Bonus : 3/5
- un livret de 32 pages
- Making of (14′)
Le making-of d’époque nous plonge dans la production du film à travers des images de tournage, accompagnées d’interviews d’époque du réalisateur et des acteurs. Ceux-ci reviennent sur l’histoire, les personnages et les conditions de tournage. Un document essentiel, précieux pour comprendre la fabrication du film.
Le livret écrit par Nicolas Rioult revient notamment sur la scène d’ouverture, reproduction de la scène mythique de la robe de Marilyn Monroe, la pièce de théâtre originale, le couple Einstein/Monroe, le scénario et ses différences avec la pièce, les scènes d’extérieur de la chambre, les flashbacks, la représentation des personnages, le casting et la fin du film. Le tout est enrichi de petits intermèdes consacrés à la musique de Stanley Myers et Hans Zimmer, aux chansons utilisées, d’un trivia sympathique, d’extraits de dialogues ainsi que de photos et d’affiches. Un excellent complément, à la fois analytique et riche en anecdotes.
Conditions du test
- TV 4K UHD Sony Bravia KD49XF7077SAEP
- Lecteur Blu-ray Samsung 4K UHD UBD-M8500
- Ampli Yamaha 4K UHD YHT-1840
Synopsis
Au milieu des années 1950, quatre illustres personnages se croisent dans une chambre d’hôtel de New York, sans que leurs noms soient jamais prononcés pendant le récit : le professeur (Albert Einstein), l’actrice (Marilyn Monroe), son époux le joueur de base-ball (Joe DiMaggio) et le sénateur (Joseph McCarthy).
Le Film
Avec Une nuit de réflexion, Nicolas Roeg livre une œuvre aussi singulière que déroutante, à la croisée de la fable conceptuelle, de la satire et de la réflexion philosophique. En imaginant la rencontre nocturne de figures emblématiques du XXᵉ siècle, le cinéaste s’affranchit de toute vraisemblance historique pour mieux interroger les mythes, les fantasmes et les contradictions d’une époque dominée par l’image, la célébrité et la peur nucléaire. Le film séduit d’abord par son audace formelle et intellectuelle. Roeg assume pleinement un dispositif quasi théâtral, concentré dans un espace unique, où les dialogues prennent le pas sur l’action.
Cette approche, volontairement cérébrale, peut déconcerter, voire frustrer, mais elle s’inscrit dans une démarche cohérente, privilégiant l’idée et la confrontation des points de vue à toute forme de spectaculaire. Les interprétations, en particulier celle de Theresa Russell, apportent une vraie humanité à ce jeu de masques et de symboles. Toutefois, Une nuit de réflexion reste une œuvre inégale, parfois plus stimulante dans ses intentions que dans leur mise en forme. Un film exigeant, imparfait, mais profondément fascinant, qui s’adresse avant tout aux spectateurs sensibles au cinéma de l’abstraction et de la réflexion.

